Pour l’égalité entre les hommes et les femmes, tu repasseras le 23 mai

L’action de Zéromacho se déroulera le 23 mai place des Justes à Lille, à l’angle des rues de Béthune et des Tanneurs. Elle aura pour but de faire passer un message explicite sur le partage des tâches ménagères. Cinq tables et fers à repasser seront disposés sur l’espace public, dont quatre utilisés par des membres hommes de Zéromacho, la dernière restant à disposition des représentants de la gent masculine avec un panneau : « Et toi ? ». Deux banderoles seront aussi déployées. Une distribution de tracts, tant par des hommes que des femmes, sera également effectuée. Le but de cette action est de souligner que l’égalité entre les femmes et les hommes est encore bien loin d’être acquise.

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La Voix du Nord, 12/05/2014

Cinq tables à repasser place des Justes. Le 23 mai, l’action de l’association Zéromacho risque de froisser quelques esprits un peu trop amidonnés. Elle rappellera, à la veille des élections européennes et de la fête des Mères, que le partage des tâches ménagères reste une douce utopie.

«  L’élément déclencheur a probablement été le dépassement de mon seuil de tolérance à la domination masculine et à l’hypocrisie générale quant aux droits des femmes dans le pays des droits de l’homme.  » Olivier Sakesyn, 48 ans, Lillois, gardien de la paix, avoue avoir « pris très jeune conscience du dysfonctionnement social entre les femmes et les hommes  ». La signature d’un manifeste contre la prostitution à l’initiative de l’association Zéromacho, repéré sur internet, l’a conduit à devenir ouvertement militant de la cause féminine. «  L’objet est de dénoncer toutes les formes d’inégalités femmes/hommes ainsi que toutes les formes d’exploitation des femmes afin d’y mettre un terme, et si possible rapidement  », confie-t-il à l’approche de la manifestation du 23 mai, programmée place des Justes.

Principes fondamentaux

Fer à la main, le militant ne comprend toujours pas la non-application pourtant si limpide de principes fondamentaux. «  La définition de l’égalité entre les femmes et les hommes est simple : mêmes droits et devoirs pour tout le monde. De nos jours, on se rend compte que les femmes ont plus de devoirs que de droits, même si rien de cela n’est écrit quelque part. Culturellement, la femme doit être une bonne épouse, une bonne mère, une bonne ménagère… Socialement, la femme est souvent cantonnée à des responsabilités secondaires et, dans le monde du travail, son salaire peut être inférieur de 25 % à celui d’un homme à qualités égales (lire par ailleurs). Les femmes occupent 80 % des emplois à temps partiel, souvent synonymes de précarité. La pension brute d’une femme est en moyenne inférieure de 33 % à celle d’un homme.  » Alignant les éléments factuels, Olivier Sakesyn insiste sur la dimension concrète de la situation.

Véritable égalité

«  Les inégalités femmes/hommes ne sont pas des utopies, elles sont bien réelles. Les droits des femmes sont bafoués tous les jours en matière de simple respect de l’individu ; propos sexistes, précarité, bas salaires, harcèlement sexuel. Le monde change, alors que l’on vient de fêter les 70 ans du droit de vote des femmes en France, il est grand temps dans nos sociétés dites évoluées de reconnaître l’entièreté de leurs droits.  » Les pistes évoquées tendent vers une véritable égalité salariale, une répartition égale des postes/places à responsabilités… Quasiment une révolution culturelle, au vu des dernières données, qui froisse les consciences les plus amidonnées.

Humeur

« Tu le fais bien mieux que moi. » Là, on frise la mauvaise foi absolue. Celle qui confine à de l’art. À de la rhétorique pure où personne n’est dupe. 65 % des femmes sondées estiment que si leurs hommes se déclarent prêts à s’investir davantage dans les tâches ménagères, il n’en est rien. Les excuses les plus fréquentes, tout le monde les connaît. « Pas le temps ; plus tard… » Infantilisant au possible. Plus la corvée est contraignante, moins les hommes se déclarent prêts à s’y investir. La rente de situation risque de durer.

Le changement, c’est pour quand ?

« Crise ou pas, l’égalité professionnelle on la veut maintenant ! » Sabrina Duriez, membre de l’association « Osez le féminisme ! 59 », rappelle que les problèmes ne se rencontrent pas qu’à la maison. « Les inégalités femmes/hommes dans le monde du travail sont encore une réalité en France et elles conduisent à une précarisation accrue des femmes. » Le constat est sans appel : ce sont les femmes qui sont les plus touchées par la crise économique. « En France, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes, 57 % des bénéficiaires du RSA sont des femmes, 45 % des chômeurs sans droits sont des femmes seules ou des mères isolées. Les femmes gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes. Pourquoi ? »

42 % d’écart

Survient un chiffre sans appel : « Le montant mensuel brut moyen de droit direct, tous régimes confondus, est de 932 € pour les femmes contre 1 603 € pour les hommes, soit 42 % d’écart ! Nous exigeons des mesures efficaces contre la précarité de l’ensemble des travailleurs, et notamment celle des femmes, par un encadrement strict du temps partiel, la surcotisation du temps partiel subi, l’augmentation des salaires dans les métiers féminisés et la revalorisation de ces métiers. » Le combat reste entier, à défaut d’être audible.

osezlefeminismelille@gmail.com Facebook : Osez le féminisme 59 !, Twitter : @OLF59.

Hommes/femmes : le fossé culturel

Selon un sondage réalisé en février par l’institut Ipsos, auprès de 1 007 personnes âgées de 18 à 65 ans et vivant en couple, pour l’entreprise Serenza (prêt à porter en ligne), 68 % des femmes interrogées estiment effectuer davantage de tâches ménagères que leurs conjoints, qui ne sont que… 44 % à reconnaître en faire moins. Ces premières estimations donnent déjà une indication claire du fossé culturel qui sépare les deux parties.

Plus signifiant, 48 % des sondées estiment qu’il est normal d’en faire plus que leur conjoint. Seules 45 % des femmes pensent qu’elles seraient plus épanouies dans leur vie professionnelle si les tâches ménagères étaient réparties de façon plus équitable.

Enfin, 52 % des hommes se déclarent prêts à en faire plus, mais 65 % des femmes estiment que cet engagement n’est qu’un vœu pieu. Pour leur part, 55 % des hommes considèrent pouvoir faire plus d’efforts pour sortir les poubelles, 49 % pour faire les courses et passer l’aspirateur, 42 % pour cuisiner et 41 % pour faire la vaisselle. Plus la tâche est ingrate, plus le taux baisse, comme par hasard.

Seule l’éducation des enfants échappe à la règle : 67 % des hommes et… 52 % des femmes interrogées estiment que leur conjoint en fait autant qu’eux. Juste la moyenne.

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