LES OURAGANS FÉMININS SONT-ILS PLUS MEURTRIERS ?

Lire l’étude complète Female hurricanes are deadlier than male hurricanes (en anglais).

New Orleans, LA--Aerial views of damage caused from Hurricane Katrina the day after the hurricane hit August 30, 2005. Photo by Jocelyn Augustino/FEMA

Vue aérienne des dommages causés par Katrina en 2005. (© Jocelyn Augustino/FEMA)

PUBLIÉ PAR MAGAZINE MUSES LE 4 JUIN 2014 

Les ouragans aux noms féminins tuent plus de gens que ceux qui portent un nom masculin, selon une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, lundi.

Les chercheurs ont analysé les données des ouragans qui ont frappé les États-Unis entre 1950 et 2012, puis ils ont questionné des participants quant à leur perception de la gravité d’une tempête ainsi que leur projet de mesures en fonction de son nom.

L’étude rappelle que nous attribuons des traits spécifiques aux genres. Ainsi, les hommes sont souvent perçus comme étant forts, compétents et agressifs alors que les femmes seraient plutôt faibles, chaleureuses et passives. Même les participants qui ont rejeté l’idée d’une différence hommes/femmes quant à la bienveillance et l’agressivité ont basé leur plan d’évacuation en fonction du nom donné à l’ouragan.

«Ainsi, bien que l’utilisation de noms humains pour les ouragans a été pensée par les météorologues pour améliorer la clarté et le rappel des informations de la tempête, cette pratique relève les stéréotypes de genre bien développés et largement répandus, avec des conséquences imprévues et potentiellement mortelles», souligne l’étude.

Au-delà du genre, il y est précisé que toute nomination d’un phénomène météorologique à partir d’un nom désignant une personne, un animal ou un végétal fait appel à une subjectivité et aura une influence en fonction de la représentation mentale y étant associée. Ainsi, une tempête du nom d’une fleur aurait l’air beaucoup moins menaçante que si elle portait le nom d’un rapace et pourrait pousser la population à sous-estimer son ampleur.

Mais l’étude est critiquée notamment en raison du fait que des noms masculins sont donnés aux ouragans en alternance que depuis 1979. Toutes les tempêtes analysées entre 1950 et 1978 avaient donc des noms féminins. Même si la moyenne de victimes des ouragans aux noms féminins reste supérieure après 1979, l’écart entre les genres est beaucoup moins important. Il devient donc difficile de soutenir sans l’ombre d’un doute les conclusions avancées. Les observations pourraient tout aussi bien s’expliquer par l’avancement des technologies permettant de prévoir ce genre de phénomènes et par les moyens de communication plus développés pour prévenir les populations.

«C’est une question qui mérite d’être étudiée, ont répondu les auteurs dans une lettre envoyée à leurs détracteurs. Nos résultats représentent une première étape.»

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L’ouragan Isabel vu de l’ISS | Wikimedia Commons

LIRE : L’étude selon laquelle les ouragans «féminins» sont plus meurtriers que les autres est biaisée

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