Manifestation de femmes à Istanbul après le meurtre de Ozgecan Aslan, 20 ans, victime du patriarcat

Le 11 février 2015, Ozgecan Aslan, une étudiante de 20 ans, a pris un bus pour aller de Adana à Mersin. Elle n’est jamais rentrée chez elle. On a retrouvé la jeune femme sans vie, le corps partiellement brûlé. L’autopsie a relevé qu’elle avait été violée puis assassinée à coups de couteau.

« Nous ne voulons plus de ce monde où certains hommes ne nous considèrent que comme une paire de cuisses ! Nous ne sommes ni des pondeuses ni des courtisanes et nous devons nous dresser contre ceux (ou celles, hélas ! parfois…) qui clament que l’égalité entre les sexes n’existe pas. J’y crois fermement : c’est par les femmes que les grands changements se réalisent  » :

TURQUIE : LARMES DE SANG POUR ÖZGECAN, JEUNE FILLE MARTYRE

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Samedi 14 février, les femmes de Turquie ont manifesté à Istanbul contre les violences sexistes, mais aussi pour rappeler que ce crime n’est pas un « simple fait divers dramatique », mais bien le résultat d’une politique sexiste attisée depuis les sommets de l’Etat. Les récentes déclarations de ministres de l’AKP contre le droit à l’emploi des femmes, contre le droit à l’IVG ou même des discours qui considèrent que les femmes seraient responsables des viols, sont quelques exemples de la politique misogyne du régime Erdogan.

Images de la manifestation à Istanbul :

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kedistan.fr, 14/02/2015

Aujourd’hui toute la Turquie se réveille sous le choc et en colère. Özgecan Aslan, un étudiante de 20 ans, a pris un minibus pour rentrer chez elle a Mersin, après les cours. Le conducteur et deux acolytes l’ont violée, poignardée et brûlée, avant de la jeter près d’un lac. Les coupables ont été arrêtés, mais que va t-il se passer ensuite ? Combien de femmes encore victimes du système ultra patriarcal défendu par l’AKP en Turquie ?

Il faut le rappeler, en 7 ans de pouvoir, les féminicides ont augmenté de 1400%. Il est très difficile de trouver des chiffres concernant les violences à l’encontre des femmes, cependant on note que 80%  des victimes pensent qu’elles ne peuvent rien faire contre la violence qu’elles subissent selon une étude de 1995 et 58 % des femmes ne sont pas seulement victimes d’agression des maris, fiancés, copains, frères mais aussi des membres de familles de leur compagnon, notamment de membres féminins, selon une étude de 2002 de la Chambre des médecins d’Ankara.

Ces chiffres traduisent la “normalité” de ces violences dans l’esprit des femmes et de leur entourage, et cette normalité est entretenue par le pouvoir en place. On notera les déclarations du président Erdogan, qui affirment que les femmes “ne peuvent naturellement pas être l’égal de l’homme” et que “l’islam a défini une place pour les femmes : la maternité”.

Le président, qui fut premier ministre de 2003 à août 2014, a déjà fait plusieurs déclarations, jugées provocatrices par les féministes (et à raison, NDLR) En 2012, il avait violemment pris position contre l’avortement, le comparant à “un meurtre”. Il avait aussi demandé aux femmes de faire trois enfants, afin de relancer la natalité turque.

Dans ce cadre, il est donc difficile de défendre les femmes face à tant d’obscurantisme, et face à des dirigeants qui encouragent la société à rester dans un modèle patriarcal qui blâme les victimes. On peut citer les déclarations du vice premier ministre disant qu’“une femme doit conserver une droiture morale et ne pas rire fort en public” et “L’homme doit être moral, la femme aussi, elle doit savoir ce qui est décent et ce qui ne l’est pas”. Malheureusement, cette prise de position n’a comme conséquences que de blâmer les victimes, et de considérer les femmes comme des objets suscitant à tort le désir de l’homme, et non comme des humains à part entière. Les femmes sont à leur yeux des objets qu’on peut exposer ou cacher à sa convenance.

Rien qu’en octobre 2014, selon une enquête menée par l’agence de presse Bianet, des hommes ont tué 28 femmes et adolescentes dans 16 provinces de la Turquie. (cela fait environ une femme par jour, NDLR) 21% des femmes ont été tuées pour cause de divorce. Sur l’année 2014, la même enquête recense 325 femmes tuées, 88 femmes violées, 499 femmes battues et 75 femmes victimes de harcèlement sexuel. (lire notre article ici)

Nous lutterons de temps qu’il le faudra, afin que la femme soit considérée et que les violences sexistes cessent.

Une manifestation est organisée ce soir à Kadiköy à 19h par le collectif féministe d’Istanbul.

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Taksim aujourd’hui : Une autre manifestation organisée par “Kadın Cinayetlerini Durduracağız Platformu” (Platforme, Nous arrêterons les assassinats de femmes

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Après l’enterrement d’Özgecan les protestations continuent.

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3 réflexions sur “Manifestation de femmes à Istanbul après le meurtre de Ozgecan Aslan, 20 ans, victime du patriarcat

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