Le viol de Lara Croft : remake, business et porno

L’univers du jeu vidéo a souvent été considéré comme exclusivement masculin. Il est constamment remis question et on pensait qu’il avait un peu évolué. Pourtant, la sortie de ce remake Lara Croft montre que les mentalités n’ont fondamentalement pas changées. 

Ce genre là s’appelle du “non-con”, terme anglo-saxon pour désigner le “non-consentement”. Bref, un doux euphémisme pour nommer le « viol ». Dans quelques années, on verra Mickey, Donald, et les autres attraper Minnie sans son consentement dans les Mickey-Club !

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lesinrocks.com, 16/03/2015

Fin 2014, l’américain Studio FOW explose les compteurs en inventant un nouveau genre qui mêle jeux vidéo et porno. Des viols d’héroïnes célèbres, du porno traditionnel, du hentaI (mangas hard)… Focus sur les clés d’un business juteux.

Fermez les yeux. Visualisez la combative Kasumi de Dead or Alive et sa plastique de rêve. Alors qu’elle cherche à secourir ses compagnons, elle est kidnappée par une bande de démons. Un démon s’approche d’elle et la pénètre brutalement. Gros plan sur son visage pour accentuer sa douleur. Au rythme des pénétrations, sa cage thoracique se soulève, elle pleure, gémit, le démon la déchire de l’intérieur. Vue aux rayons X du corps pour souligner les ravages. D’autres démons se joignent au premier. Plan large sur le gang bang. Une fois la petite sauterie terminée, elle rampe après eux pour en avoir plus. Brisée mentalement et physiquement, elle devient leur esclave sexuelle. Clap final. Certains fans aiment appeler ça du “non-con”, terme anglo-saxon pour “non-consentement”. Bref, juste un doux euphémisme pour le mot approprié : viol.

3 000 000 de vues pour le premier film

“Si vous venez pour des trucs doux et vanillés, vous vous trompez d’endroit.” Ainsi résonne la phrase d’accueil du site officiel de Studio FOW. En 2013, deux développeurs, Yagskie et Darkcrow cherchent à combler un vide d’internet, comme le raconte le site Kotaku; ils veulent aller plus loin que les scènes érotiques de jeux vidéo.

Dans une interview accordé à Lewd Gamer, Darkcrow revient sur les raisons d’une telle création. “J’étais déçu de l’abandon du business Hentai par plusieurs studios. Au départ, c’était original et intelligent, puis on a assisté à une forte baisse de la qualité. Il fallait remédier à cette disparition.” explique-t-il. Mariant hentai et porno traditionnel, “pour permettre une meilleure immersion du spectateur”,  StudioFOW sort son premier film. Le projet est intégralement financé par les internautes via le site de crowdfunding, Patreon. 6 000 dollars de fonds sont levés. Lara in Trouble est né. Mettant en scène le viol de l’héroïne de Tomb Raider, la vidéo récolte, uniquement sur le site Xvideos, 2 836 891 vues.

Donc, 2 836 891 vues sans compter le nombre de téléchargements sur le site officiel du studio ni les extraits, ni les gifs vus sur les différents sites. C’est un plébiscite. Le studio s’agrandit et engage animateurs, doubleurs, développeurs… Pour l’instant, seuls deux films sont apparus sur la toile mais deux autres sont déjà en préparation.

Un petit problème de réalité

Studio FOW est le rejeton d’un plus grand réseau de machinima, SourceFilmMaker (SFM). Branche du studio Valve, SFM offre aux utilisateurs des kits de personnages et d’animations pour leur permettre de créer leurs propres vidéos. Certaines d’entre elles s’avèrent être érotiques, mettant en scène des relations homosexuelles entre des personnages habituellement asexués.

Rien de vraiment pornographique. En février dernier, un scandale envahit la toile. Un article Buzzfeed relaye l’apparition d’un porno reprenant les personnages du jeu vidéo Game of Thrones. On y trouve Cersei, Tyrion et Margaery en position compromettante. Le problème repose sur le fait que les personnages sont représentés à partir des acteurs du show. HBO intervient et fait interdire à SFM l’utilisation des images du jeux. Un ennui qui risque également d’arriver à Studio FOW. Une version virtuelle de l’acteur Danny Trejo, le mythique interprète de Machete, apparaît plusieurs fois dans le viol de Kasumi. Mais, le studio ne semble pas s’inquiéter des possibles poursuites judiciaires, maintenant que leur travail est purement “parodique”. Un parodie est une réinterprétation humoristique d’une chose déjà existante. Petit problème de cohérence chez Studio FOW.

Le studio devient populaire, leurs films changent. D’un côté, des fans en demandent plus, de l’autre, d’autres n’en veulent plus. En février, après la mise en ligne d’un court métrage dépeignant le viol de Liara de Mass Effect, les admirateurs exprimaient la volonté de voir des scènes de sexe plus consensuelles. La réponse de StudioFOW ? “Si les fans nous donnent au moins 10 000 dollars pour ça, nous le ferons.” Money, money, money…

Femmes et jeux vidéos

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