#ILookLikeAnEngineer – Une campagne en ligne pour promouvoir les femmes ingénieures

Ce n’est un secret pour personne. Une majorité de domaines professionnels sont principalement occupés par des hommes, comme l’ingénierie. Un phénomène qui a du mal à s’inverser malgré les campagnes. Les femmes subissent toujours des discriminations à l’embauche dans les secteurs « masculins », quelque soit leur niveau d’études. Lorsqu’elles y parviennent, leurs compétences sont toujours sous-évaluées, pontées du doigt et sous-payées. Par contre, on fera davantage attention à leur plastique.

Isis Wenger a été choisie pour apparaître dans une publicité pour son entreprise. Cette ingénieure américaine a été la cible de nombreuses critiques sexistes, notamment sur son apparence, que ses détracteurs ne jugeaient pas conforme à celle des femmes travaillant dans ce secteur :

« Si leur intention était de recruter plus de femmes, ils auraient mieux fait de choisir une image avec un sourire amical plutôt qu’une petite mimique sexy »

Choquée, Isis Wenger a lancé une campagne sur Twitter avec le hashtag #ILookLikeAnEnginee (Je ressemble à une ingénieure), lundi dernier. Elle souhaite en finir avec les clichés sur son métier et promouvoir les femmes qui travaillent, quelque soit leur apparence. Pourtant, même si elle n’y est pour rien, Isis Wenger répond parfaitement aux stratégies marketing de la jolie jeune femme dynamique. C’est forcément plus vendeur qu’une femme proche de la retraite. Mais sans aucun doute, on peut être ingénieure et sexy, féministe et sexy, voire les deux et quelque soit l’âge.

Gageons que ça éveille quelques consciences… et que cela serve aussi à autre chose qu’un bon coup de pub pour l’entreprise. Si la jolie Isis Wenger pouvait en profiter pour parler d’un autre vrai sujet : le salaire trop bas des ingénieures en regard de leur niveau d’étude et de leur sexe. Parce que c’est aussi une constante sexiste, l’inégalité salariale. A moins que Isis Wenger ne fasse partie des privilégiés-es.

Si on prend l’exemple français (mêmes difficultés aux US), l’accès aux études dans les grandes écoles de commerce formant des ingénieurs, se fait sur critères de classe, il faut bien le dire. Les frais d’inscription ne sont pas cher.., je dirais plutôt, inabordables pour une majorité des étudiants-es contraints à renoncer. Il faut compter entre 40500 euros pour HEC Paris, à 25000 euros pour les autres écoles de commerce de références pratiquant les tarifs les plus bas. Sinon, environ 6000/7000 euros pour une école d’ingénieur de « base ». Raisonnablement, qui peut aligner de telles sommes d’argent en travaillant ? Donc on choisit des études moins chères et on part quand même bosser, puisque les bourses ne permettent pas de couvrir les frais de scolarité, le loyer et autres dépenses courantes. Mais trouver un emploi, notamment pour les jeunes femmes, est une autre histoire (cf chômage de jeunes et prostitution étudiante). On comprends mieux les blagues désobligeantes et sexistes lorsqu’on parvient à devenir ingénieure et qu’on ne ressemble pas à une bourgeoise. Même discrimination à l’entrée et à l’emploi pour les étudiants-es et ingénieurs-es de couleur. Et toutes ces oppressions (classe, sexe, origine), on ne les retrouve pas seulement en France ou aux Etats-Unis, mais partout ailleurs. 

D’où l’importance de faire bloc conjointement si on ne veut plus renoncer à nos choix faute d’être une femme, issue d’un milieu ouvrier et/ou de l’immigration. 

Lire : Je suis une femme, ingénieure et jolie : votre attitude sexiste me dégoûte

Isis Wenger - Source Twitter.

Isis Wenger – Source Twitter.

lefigaro.fr, 4/08/2015

Après avoir reçu des commentaires désobligeants sur son apparence, une ingénieure américaine veut mettre en avant les femmes dans les nouvelles technologies grâce à un hashtag sur Twitter, #ILookLikeAnEngineer.

Isis Wenger est une ingénieure comme les autres. Il y a quelques mois, elle a accepté de participer à une campagne de promotion pour son entreprise, OneLogin, affichée dans les transports en commun de San Francisco. Cette dernière souhaitait mettre en avant ses employés et les raisons pour lesquelles ils apprécient leur travail. Isis Wenger a posé aux côtés de plusieurs de ses collègues, dont l’un a choisi de poser avec un chapeau haut de forme et des lunettes de soleil. C’est pourtant la photo de la jeune femme qui a attiré l’attention des réseaux sociaux. «Je crois qu’ils cherchent à attirer les femmes, mais cette pub attire surtout les hommes», a par exemple commenté un internaute. «Qui peut vraiment croire qu’une ingénieure ressemble à ça?». Un autre s’étonne que Isis Wenger ait choisi de «sourire de manière sexy». Certains l’ont soupçonné d’être une actrice embauchée pour donner une meilleure image de OneLogin.

«On m’a dit que je n’avais pas la bonne tête, ou que je ne ressemblais pas à une véritable ingénieure», explique la jeune femme dans un post sur le site Medium. «Il ne s’agissait en aucun cas de dépeindre un portrait de l’ingénieure typique. C’est juste moi, l’exemple d’une ingénieure dans mon entreprise.» Avant OneLogin, d’autres entreprises de nouvelles technologies ont lancé des campagnes de publicité similaires en mettant en avant leurs employés. Dice, une plateforme de recrutement en ligne, s’était illustrée au mois de janvier en mettant en scène des ingénieurs et des développeurs en caleçon. «Je trouve ça dingue que mon visage souriant, mon tee-shirt, mes cheveux mal brossés et mon maquillage discret soient plus controversés que ce genre de publicités, simplement parce que je suis une femme», commente Isis Wenger, qui conclut son post par une photo d’elle tenant une pancarte. «J’aide à construire des logiciels pour les entreprises, #ILookLikeAnEngineer («je ressemble à une ingénieure»).»

Promouvoir la diversité

Depuis la publication de ce billet de blog, lundi soir, le hashtag #ILookLikeAnEngineer a réuni plus de 12.780 tweets. De nombreux internautes, en majorité des ingénieures, ont manifesté leur soutien à Isis Wenger en publiant des photos d’elles. Le hashtag réunit aussi des hommes de couleur ou d’autres personnes estimant ne pas correspondre au cliché de l’ingénieur typique. «Le hashtag est volontairement inclusif car il n’y a pas de limites à la diversité», explique Isis Wenger sur Twitter.

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«#JeRessembleÀUneIngénieure qui a besoin de sommeil. Pas la peine de vous dérouler mon CV, je n’ai pas besoin de votre approbation pour être ingénieure.»

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«Toutes les femmes sur cette photo sont des ingénieures logiciel.»

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«Quelques exemples d’ingénieurs au MIT…»

Avec cette campagne, Isis Wenger rejoint d’autres femmes protestant publiquement contre le manque de diversité et la culture sexiste qui sévit dans les nouvelles technologies, comme Tracy Chou, ingénieure chez Pinterest, ou Ellen Pao, ex-PDG de Reddit, qui a attaqué en justice un célèbre fonds de capital-risque de la Silicon Valley pour discrimination sexuelle. Les grandes entreprises admettent désormais le problème, mais peine à y trouver une solution: chez Google, par exemple, 18% des ingénieurs sont des femmes. D’après une étude menée sur plusieurs années par une chercheuse de l’Université du Wisconsin, près de 40% des femmes ingénieures aux États-Unis finissent par quitter le secteur.

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