Perpignan: Il oblige son ex-épouse à se laver à l’eau de javel et la menace d’excision

Accrochez-vous.

Un homme de 39 ans a été condamné mercredi à 4 ans de prison ferme. 4 ans pour barbarie..

Pendant trois jours en juillet 2014, il a fait vivre l’enfer à son ex-épouse.

Le premier jour, il lui arrache ses vêtements, la frappe avec un bâton d’aïkido, pendant près de deux heures. Au matin du deuxième jour, les coups pleuvent à nouveau, laissant le corps de sa compagne, couvert de bleus et d’ecchymoses.

« C’est aujourd’hui que tu meurs ».

« Pour être digne de lui », il la force à entrer dans la douche puis lui « lave » le corps, les seins, le sexe et la bouche avec de l’eau de javel. Il la menace d’excision, avant de l’attacher à un radiateur avec un câble électrique.

La victime réussit à s’enfuir dans un bar où l’individu sera finalement maîtrisé, non sans avoir blessé le gérant, un client et un pompier. C’est dire la fureur possessive de cet homme.

Le digne représentant d’une violence patriarcale sans bornes avec tous ses ingrédients. Soumission, possession, violences machistes, sexuelles, torture, humiliations, tentative d’excision, menace de mort.. et ça vaut 4 ans.

4 ans pour 7 ans d’une vie commune qui ressemble à l’enfer. Une belle victoire pour la défense.

Illustration d'eau de javel - Andy Lauwers / Rex Feat/REX/SIPA

Illustration d’eau de javel – Andy Lauwers / Rex Feat/REX/SIPA

lindependant.fr, 6/08/2015

Un homme a été condamné à quatre ans ferme, hier, pour avoir infligé trois jours de calvaire à son ex-conjointe à Perpignan.

Ils s’aimaient. D’un mariage de passion et de haine. « Toxique », pathologique et impossible. Jusqu’à l’enfer. « À un millimètre du drame » jusqu’au tribunal de Perpignan où cet homme de 39 ans, athlétique aux airs lisses (défendu par Me Pierre-Louis Bassole), était jugé hier pour trois jours de calvaire infligés à son ex-conjointe, de 44 ans, à Elne et Villelongue-dels- Monts en juillet 2014.

22 traumatismes sur un corps couvert de bleus et d’ecchymoses pour solder 7 ans de vie commune, nouée de disputes, jalousie, dépendance et brutalité réciproque depuis leur rencontre dans un club de tennis de table. La logique de l’échec. Lui, immature pique « des colères folles » pour un steak pas assez cuit. Exalté encore par l’alcool, les psychotropes et 10 joints fumés par jour, il aurait tué le chien en le jetant contre un mur. Brisé le téléviseur à coups de hache.

Elle, fragile, flirte avec le syndrome de Stockholm, entre la compassion pour son bourreau et la peur, enchaîne les passages à l’hôpital, le nez cassé plusieurs fois, un coup de couteau « accidentel » à la main, et la dépression. Ils sont séparés depuis plusieurs mois et entretiennent une relation « ambiguë » quand ce 6 juillet elle se rend chez lui. Il lui reproche son infidélité et c’est le déferlement de violences. Il lui arrache ses vêtements, la frappe avec un bâton d’aïkido. Deux heures d’acharnement… Elle s’enfuit. Il la poursuit, percute son véhicule, la rattrape dans une station-service et la convainc de revenir car « elle ne peut pas se montrer avec les marques qu’elle a sur le visage. » Le lendemain s’écoule entre reproches, suspicions sur des photos trouvées dans son téléphone, excuses, injures, relations sexuelles et demi-sommeils. Jusqu’au matin où tout sombre dans « l’horreur« .

« Aujourd’hui, tu as les yeux du diable« , lui lance-t-elle. « Tu as raison, c’est aujourd’hui que tu meurs« . Les coups de poing, de pieds et de tête pleuvent sur les blessures encore à vif, puis la violence s’étouffe avant… la purification. « Pour être digne de lui« , il l’oblige à entrer dans la douche, va chercher des bidons d’eau de javel et lui lave le corps, les seins, le sexe et la bouche par des gargarismes. « Acte de torture et d’humiliation symptomatique« , selon le procureur qui requiert 5 ans ferme.

Il la menace d’excision

« Devenu fou« , dit-elle, il la menace encore d’excision, l’entraîne à l’étage, l’attache à un radiateur avec un câble électrique, la bâillonne, lui tord les seins, prend un couteau pour lui couper le clitoris puis se ravise pour « la punition suprême« . « Il va se suicider sous ses yeux sans qu’elle puisse même appeler les secours« . Et, pour se donner du courage, il va boire. Or, elle parvient à défaire ses liens, s’échappe et se cloître chez elle. Il enfonce la porte, elle court se réfugier dans un bar où il sera enfin maîtrisé. Non sans avoir blessé le gérant, un client et un pompier.

Ces violences, l’homme les avoue. Tout le reste, il conteste. À peine reconnaît-il 2 ou 3 gifles sur sa compagne, parlant d’automutilation et de jeu sexuel. « Je lui ai proposé de faire l’amour attaché comme souvent. Mais ma souffrance n’avait d’autre issue que de mourir. Je me disais qu’elle allait souffrir autant que moi. On est complètement cinglés tous les deux. On se faisait beaucoup de mal. Mais on s’aimait beaucoup. C’était une relation sans fin. » « J’étais terrorisée, à un moment, je voulais qu’il me donne un grand coup et en finir, rétorque sa victime représentée par Me Naïma Sbaa. Je n’ai pas demandé d’aide car l’enquêtrice sociale devait venir sous peu pour me retirer mon fils. Je n’ai plus rien à part la volonté de m’en sortir, j’ai perdu mon fils, je ne peux plus travailler, plus sortir seule. C’est un manipulateur. Il m’a lobotomisée. Il m’a fait croire que je n’étais rien. »

Le tribunal l’a condamné à 5 ans de prison dont 1 avec sursis. Le pompier s’est constitué partie civile, ainsi que le Sdis par la voix de Me Meric.

Publicités

2 réflexions sur “Perpignan: Il oblige son ex-épouse à se laver à l’eau de javel et la menace d’excision

  1. « À un millimètre du drame » . Sérieusement? Les journalistes traitant les violences sexistes sont souvent dignes des faits traités.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s