Séoul – Les revendications des « femmes de réconfort » rendues invisibles par l’homme qui s’immole

Bien, les articles de presse reléguant AFP aujourd’hui ! Tous titrent « « Femmes de « réconfort »: un octogénaire tente de s’immoler devant l’ambassade du Japon à Séoul » et se focalisent sur le type qui s’est immolé (sans savoir trop pourquoi d’ailleurs), plutôt que sur les revendications des 1.000 manifestantes. Se mobiliser tous les mois devant l’ambassade nippone pour réclamer justice pour les 200.000 femmes, essentiellement coréennes, que le Japon a enrôlé de force dans les bordels pendant la 2e guerre mondiale, c’est sans doute une info trop insignifiante ! Tout comme il n’y a pas de raison que la dépêche d’AFP s’étonne du fait que Tokyo considère avoir fait amende honorable en versant 800 millions de dollars à titre de compensation à … la Corée du Sud, le pays étant sans doute davantage atteint dans son honneur que les 200.000 victimes de ces kidnappings. Et pour couronner le tout, mieux vaut ne pas mettre des mots sur la réalité qui feraient mal à la vue : parlons donc de « femmes de réconfort » plutôt que d’esclaves sexuelles.

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lalibre.be, 12/08/2015

Un octogénaire a tenté de s’immoler par le feu mercredi devant l’ambassade du Japon à Séoul au cours d’une manifestation destinée à réclamer les excuses de Tokyo pour l’esclavagisme sexuel imposé par l’armée impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un millier de manifestants s’étaient rassemblés devant l’ambassade du Japon en prévision du 70e anniversaire samedi de la fin du règne colonial (1010-1945) sur la péninsule coréenne lorsque l’incident est survenu.

L’homme, identifié par les médias comme un militant de 81 ans, a tenté de s’immoler par le feu mais les autres manifestants ont été prompts à réagir. Plusieurs d’entre eux l’ont aspergé d’eau et ont éteint les flammes à l’aide d’une couverture avant l’arrivée des secouristes, selon les images de la télévision.

D’après l’agence Yonhap qui cite des sources médicales, la victime a subi des brûlures au troisième degré sur la quasi totalité du corps mais ses jours ne sont pas en danger.

Selon de nombreux historiens, jusqu’à 200.000 femmes, pour la plupart des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes et des ressortissantes d’autres pays asiatiques, ont été enrôlées de force dans les bordels de l’armée impériale nippone.

Pour Séoul, le Japon n’a pas vraiment fait amende honorable.

Le Japon dit que la question a été réglée en 1965 lors de la normalisation de ses relations avec la Corée du Sud. Tokyo considère que les quelque 800 millions de dollars versés alors à son ancienne colonie à titre de compensations, sous forme de dons ou de prêts, ont résolu le différend, qui continue toutefois d’empoisonner les relations bilatérales.

Des manifestations sur le sujet des « femmes de réconfort » ont lieu tous les mois devant l’ambassade du Japon à Séoul mais les manifestants étaient beaucoup plus nombreux qu’habituellement mercredi en raison de l’imminence de l’anniversaire. Trois des 47 Sud-Coréennes survivantes ayant subi un tel sort pendant la guerre étaient présentes.

Manifestation des « femmes de réconfort » à Séoul occultée par l’immolation d’un homme

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