Les Péruviennes se mobilisent pour la dépénalisation de l’avortement

Alors que l’avortement n’est toujours pas légal dans de nombreux pays d’Amérique latine, les péruviennes ont manifesté en faveur d’une légalisation de l’IVG dans le cas d’une grossesse résultant d’un viol. Mais là encore, l’Église et une partie de la classe politique mettent leur veto et semblent savoir mieux que les femmes elles-mêmes ce qu’elles ressentent dans une telle situation. En propageant de tels discours auprès de la population, ils se montrent les dignes complices d’une société qui encourage le viol.

Que chacun s’occupe de sa chapelle, le corps des femmes appartient aux femmes, pas aux curés.

322955-au-perou-les-manifestants-se-battent-622x600-3

journaldesfemmes.com, 24/08/15

L’IVG continue de diviser l’Amérique du Sud. Si le Congrès chilien a fait un premier pas au début du mois d’août, en approuvant un premier texte visant à dépénaliser l’avortement, tous les pays n’évoluent pas au même rythme. Au Pérou, notamment, l’interruption volontaire de grossesse n’est autorisée qu’en cas de danger pour la vie de la mère. Mais de nombreuses Péruviennes souhaitent un assouplissement de la législation et l’autorisation de l’avortement dans le cas de grossesses consécutives à un viol.

Le 12 août 2015, des centaines de militantes ont manifesté dans plusieurs grandes villes du pays. L’un des slogans, affichés sur une pancarte brandit par une jeune femme, a notamment marqué les esprits : « Mon père m’a violée à 12 ans, je ne veux pas devenir la mère de mon frère.«  Des rassemblements dispersés par la police à coup de gaz lacrymogènes et de lances à eau.

La réticence de la population au sujet de l’IVG – d’après une étude Ipsos dévoilée en juillet 2015, plus de la moitié des Péruviens sont opposés à sa légalisation – s’explique en partie par l’influence de l’Eglise catholique dans le pays. Celle-ci a d’ailleurs publié un communiqué pour réaffirmer sa position sur le sujet : « Soumettre une mère à l’avortement en cas de viol, c’est soumettre la femme à un double traumatisme ou dommage physique, psychologique et spirituel : le viol et l’avortement. Ce dernier, c’est démontré, laisse en la femme des marques et des blessures profondes très difficiles à effacer, connues sous le nom de syndrome post-avortement. […]« 

Au Pérou, l’avortement est puni d’une peine de deux ans de prison, 3 mois si la grossesse interrompue fait suite à un viol. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s