Le pape François demande aux prêtres de pardonner l’avortement

Comment dire …

Mépris des femmes et restriction de leur sexualité à la seule fonction procréatrice.

Il faut que l’on se repentissent d’avoir avorté car c’est un drame existentiel et moral. What else ? La grosse majorité de celles qui ne regrettent rien, et bien, pas de pardon…zut alors !  O:)

Merci Messieurs de nous accorder votre pardon pour une intervention que vous ne vivrez jamais.
Le décalage entre la réalité de ce que vivent les femmes et ce que raconte ce groupe non-mixte d’hommes sexistes est incommensurable !

Non, Dieu n’est pas que amour, Non Dieu n’est pas que compassion, fraternité et surtout pas féministe. 

droit-avortement

lemonde.fr, 1.09.2015

Sur la question de l’avortement, le pape François avait déjà mis en avant, au début de l’année, la notion de miséricorde, qui implique pour les chrétiens de ne pas en rester à une posture de condamnation. Dans une lettre rendue publique mardi 1er septembre, le souverain pontife a appelé tous les prêtres, durant le Jubilé de la miséricorde qui débutera en décembre, à accorder le pardon à tous les catholiques qui ont avorté ou provoqué l’avortement. Le pape ne pose à ce pardon qu’une condition : le pêcheur doit avoir eu une démarche de repentir.

Dans un message adressé à l’organisateur de cette Année sainte extraordinaire (ou jubilé), le prélat italien Rino Fischella, le pape déclare avoir « décidé, nonobstant toute chose contraire, d’accorder à tous les prêtres, pour l’année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué, et qui, le cœur repenti, en demandent pardon ».

Dans cette lettre, sans faire référence aux personnes qui aident les femmes à avorter, François exprime ostensiblement son empathie à l’égard de celles-ci :

« Le drame de l’avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu’un tel acte comporte. (…) Beaucoup d’autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d’autres voies à parcourir. Je pense à toutes les femmes qui ont eu recours à l’avortement. (…) Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu’il s’agit d’un drame existentiel et moral. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste. »

« Elargir la possibilité de clémence »

Depuis son élection en mars 2013, François entend donner de l’Eglise catholique une image plus ouverte et tolérante sur les questions de société. Mais, pour le porte-parole du Saint-Siège, Federico Lombardi, cette déclaration ne revient pas à « minimiser la gravité de ce péché mais à élargir la possibilité de clémence ».

Selon le droit canon de l’Eglise, l’avortement est un péché si grave que ceux qui le pratiquent ou aident à le pratiquer sont automatiquement punis d’excommunication. L’interruption volontaire de grossesse ne peut être d’ordinaire formellement pardonnée que par un évêque, par le principal confesseur du diocèse, ou par un missionnaire, a précisé le porte-parole adjoint du Vatican, Ciro Benedettini.

Lors du deuxième anniversaire de son élection, le 11 mars, le pape François avait annoncé la tenue d’une Année sainte extraordinaire, du 8 décembre prochain au 20 novembre 2016. Elle verra affluer des millions de pèlerins à Rome, mais sera aussi organisée dans tous les diocèses du monde.

A moins qu’il soit décrété « extraordinaire », le jubilé, l’un des événements les plus importants de l’Eglise catholique, a lieu tous les vingt-cinq ans. Le Jubilé de la miséricorde sera le 29e jubilé en sept cents ans d’histoire de cette tradition. La précédente Année sainte remontait à l’an 2000, sous le pontificat de Jean Paul II, et des millions de catholiques avaient alors pris part aux célébrations.

Rappelons : 

Le christianisme et le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament est composé des quatre évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean et d’une collection de textes relatant les premiers pas de l’évangélisation du pourtour de la mer méditerranée par Paul principalement mais aussi Jacques, Pierre, Jean et Jude. Confondre les épîtres de Paul avec des lettres effectivement écrites par Paul serait une grande naïveté étant donné les nombreuses réécritures et retouches apportées aux textes dans les premiers siècles de la chrétienté. Les quatre évangiles ne doivent leur célébrité qu’à la sélection, effectuée progressivement par les évêques des premiers siècles, des quatre versions les moins contradictoires de la vie de JC parmi une soixantaine de textes. Ces derniers, malchanceux, reçurent le nom d’apocryphes. Les actes des apôtres, diverses épîtres et l’apocalypse sont analysés en détachant le mépris pour les femmes intrinsèque aux textes et pas seulement à leur interprétation par les croyants.

La femme chrétienne n’est qu’un ventre. Destinée à procréer, elle reste soumise à son mari comme son mari est le sujet du Christ, lui-même fils de Dieu. Le christianisme est très fervent de ce genre de classement rapide des personnes et des valeurs. L’ordre est donné en (1 Cor 11, 3) : « Le Christ est le chef de tout homme, l’homme est le chef de la femme, et Dieu le chef du Christ » (traduction de Pierre de Beaumont, Fayard Mame, 1973). Afin que le message soit bien entendu, le Nouveau Testament réaffirme ces vues scandaleuses en (Ephé 6, 21-24) : « Dans la crainte du Christ, soyez tout dévouement les uns aux autres, les femmes pour leur mari comme au Seigneur, car leur mari est la tête de la femme comme le christ est la tête de l’église, son corps, dont il est le sauveur. L’église est tout dévouement au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes vis à vis de leur mari. » La femme est au service de l’homme (Colo 3, 18) : « Femmes, soyez tout dévouement pour vos maris comme il convient à des personnes unies au Seigneur ».

La relégation de la femme au rang de servante prend des accents musulmans en (1 Cor 11, 5-6) lorsque le port du voile s’impose comme unique solution à la perversité féminine : « Toute femme qui prie ou parle sous l’inspiration de Dieu sans voile sur la tête, commet une faute identique, comme si elle avait la tête rasée. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu’elle se tonde; ou plutôt, qu’elle mette un voile puisque c’est une faute pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou rasés. » Et plus loin, en (1 Cor 11, 10) : « C’est pourquoi la femme doit avoir la tête couverte, signe de sa dépendance par respect des messagers de Dieu ». C’est donc au nom du respect que les femmes chrétiennes, comme les musulmanes, se voient imposer le port d’un torchon infamant, signe du machisme intrinsèque à toute religion. La masculinité des mythes, en dehors de l’oppression des femmes, trouve aussi sa pleine expression dans la violence requise à l’imposition des dogmes. La pudeur vestimentaire ne se limite pas au voile mais est définie en (1 Pier 3, 3) : « Votre parure ne sera pas extérieure: ondulations des cheveux, bijoux d’or, élégance des toilettes; elle sera toute intérieure: une âme douce et paisible en son secret. Voila ce qui est précieux au regard de Dieu. ». Toutes au couvent! L’adultère féminin est condamné en (Rom 7, 3 ) mais rien n’est dit sur un comportement similaire de la part du mari. Même situation pour le veuvage où aucune exigence n’est assénée au veuf alors que la veuve est destinée à l’adoration de son dieu (1 Tim 5, 5-7).

Le mépris de la femme ne se limite pas au rapport hiérarchique qui l’attache à son mari mais s’étend à ses capacités intellectuelles (1 Cor 14, 34-35) : « Que les femmes se taisent pendant les assemblées; il ne leur est pas permis d’y parler, elle doivent obtempérer comme le veut la loi. Si elles souhaitent une explication sur quelque point particulier, qu’elles interrogent leur mari chez elles, car il n’est pas convenable à une femme de parler dans une assemblée ». Une fois encore, la Bible fait preuve d’une remarquable clarté.

Et pour couper court à toute critique, l’énervement prend le rédacteur de (1 Tim 2, 12-14) :« Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme, qu’elle se tienne tranquille. C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui séduite, a désobéi. ». La misogynie chrétienne n’est que l’expression de la faute originelle, un artifice pratique pour désigner le bouc émissaire. Mais le salut existe (1 Tim 2, 15) :« Néanmoins, elle sera sauvée par la maternité ». Un ventre, tel est l’unique rôle de la femme dans une société chrétienne.

Le mépris de la femme assure à la religion chrétienne un pouvoir renforcé dans la mesure où la moitié de la population est privée du droit de parole et maintenue dans une position subalterne. Mais, paradoxalement, les penchants mystiques sont plus fréquents chez les femmes que chez les hommes. Il s’agit donc d’une situation absurde où la population féminine alimente une foi qui l’opprime et cherche son salut dans sa soumission. Plus que jamais, la Bible reste la meilleure lecture pour se libérer d’une religion méconnue par ses adeptes.

Extrait atheisme.org, 17 janvier 2003

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