Un blogueur anonyme appelle à tuer les féministes du campus de Toronto

Les féministes sont une menace pour le patriarcat. Il faut donc les éliminer !

Un blogueur anonyme appelle à tuer les féministes du campus :

« Les féministes de l’Université de Toronto devraient être tuées par balle et les survivantes devraient être attachées à un arbre avec la gorge tranchée ».

Le patriarcat tue tous les jours, dans la sphère privée ou publique. C’est lui ou nous, Résistance !

mlf-feministes_553033

ledevoir.com, 11 septembre 2015

L’Université de Toronto sur un pied d’alerte

Les propos d’un blogueur anonyme appelant à tuer les féministes de l’Université de Toronto ont placé l’institution d’enseignement et ses étudiants sur un pied d’alerte jeudi. L’université a renforcé la sécurité sur ses trois campus et dit travailler de concert avec les forces policières qui font enquête. Aucun incident violent n’a été rapporté pour le moment.

La vice-rectrice de l’Université de Toronto, Cheryl Regehr, a fait parvenir un message à l’ensemble des étudiants, des professeurs et des employés de l’université jeudi après-midi pour les aviser qu’elle prenait « très au sérieux » les menaces proférées sur Internet.

« Nous avons augmenté la présence policière sur nos trois campus et nous suivons la situation de près », a-t-elle déclaré.

Samedi dernier, un internaute utilisant le pseudonyme « Tuer les féministes » (« Kill Feminists ») a écrit sur le blogue « Best of Toronto » des commentaires — supprimés depuis — ciblant directement des membres de l’université.

Les féministes de l’Université de Toronto « devraient être tuées par balle et les survivantes devraient être attachées à un arbre avec la gorge tranchée », peut-on y lire.

11059938_894878603898934_5158940214965853426_n

L’individu non identifié vise particulièrement les départements d’études féministes et de sociologie. Il appelle à se rendre dans les salles de classe de ces départements pour tirer sur les professeurs et les étudiants jusqu’à ce que toutes les féministes soient mortes.

Contactée en soirée, la police de Toronto n’avait pas de détails à fournir sur cette affaire, tandis que la police du campus a renvoyé nos questions au service des communications de l’université.

La directrice des communications de l’Université de Toronto, Althea Blackburn-Evans, a indiqué que l’université se fait un devoir d’informer les étudiants qui reviennent graduellement sur le campus en ce début de session universitaire.

« Nous pourrions avoir de nouvelles informations à transmettre dans les prochains jours, mais pour l’instant, nous nous assurons que nos campus sont sécuritaires et que nos étudiants savent quoi faire s’ils sont témoins d’activités suspectes », a-t-elle ajouté.

Les syndicats représentant les employés de l’université ont également publié des communiqués pour soutenir leurs membres et leur rappeler qu’il est dans leurs droits de ne pas travailler s’ils se sentent en danger.

« Il est toujours difficile de savoir si de telles menaces anonymes faites en ligne sont réelles, mais toutes les précautions doivent être prises pour assurer la sécurité des employés, des étudiants et des professeurs sur le campus », a affirmé Colleen Burke, la présidente du syndicat représentant les employés des services administratifs et techniques.

Émilie Nicolas, une étudiante au doctorat en anthropologie à l’Université de Toronto, a expliqué au Devoir qu’un climat de tension régnait jeudi sur le campus. « Il y a de la crainte. J’ai vu des professeurs du Département d’études féministes assez paniqués. Ils se sentent responsables des étudiantes. »

Patriarcat

Selon ses dires, ce ne serait pas la première fois que le Département d’études féministes est ciblé par des menaces. Elle ajoute que plusieurs étudiants ont déploré que la direction de l’université ait tardé à informer la communauté universitaire des menaces proférées la fin de semaine dernière.

De son côté, le directeur du Département d’études féministes de l’université, Rinaldo Walcott, s’est abstenu de commenter le dossier.

Ces nouvelles menaces dirigées contre des femmes font resurgir les douloureux souvenirs de la tragédie de Polytechnique, survenue à Montréal il y a 26 ans. Le 6 décembre 1989, Marc Lépine a ouvert le feu dans l’établissement d’enseignement en criant sa haine envers les féministes, tuant quatorze femmes.

Publicités

Une réflexion sur “Un blogueur anonyme appelle à tuer les féministes du campus de Toronto

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s