Un anneau vaginal contraceptif qui protège contre le VIH et l’herpès

Des chercheurs français ont mis au point un anneau vaginal en silicone qui dispenserait les médicaments et protégerait les femmes les plus à risque contre le VIH et l’herpès. Aujourd’hui encore, il est difficile pour les femmes de maîtriser la prévention des IST, puisque l’utilisation des préservatifs est principalement sous le contrôle des hommes.

Un autre anneau est également à l’étude, intégrant la contraception à la protection contre le VIH et l’herpès. Faut-il y voir un concurrent au préservatif qui est actuellement quasi le seul contraceptif masculin proposé sur le marché ? Il serait dommage de délester ces quelques hommes (5% !!) qui font l’effort de l’utiliser régulièrement. Seulement, et notamment dans les régions pauvres, l’anneau vaginal contraceptif pourrait être une révolution pour bien des femmes confrontées à un déficit dans l’offre de soins et l’accès à la contraception.

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Le Dapivirine Ring permet de protéger ses porteuses contre une contamination au VIH ou à l’herpès. Crédit photo: IPM Global

wedemain.fr, 4 Août 2015

Le préservatif est aujourd’hui considéré comme le seul moyen de protection sûr à 99 %. Mais de nouveaux anneaux vaginaux pourraient changer la donne. Actuellement en phase de test, ces derniers sont attendus sur le marché d’ici 2018.

Dans le monde, 2,5 millions de personnes contractent chaque année le VIH. En cause, notamment, le fait que seulement 5 % des hommes utilisent le préservatif, qui reste aujourd’hui la seule barrière efficace contre les IST (infections sexuellement transmissibles). Peut-être plus pour longtemps…

Soutenus par la fondation Gates et des agences gouvernementales issues de différents pays, deux équipes scientifiques mettent chacune au point des anneaux vaginaux d’un nouveau genre. Leur objectif : donner aux femmes un moyen de se protéger efficacement contre le sida, mais aussi contre d’autres IST tel l’herpès génital.

Disponible en 2018

Baptisée Dapivirine Ring et développé par lIPM (International Partnership for Microbicides), l’une de ces alternatives au préservatif fait déjà l’objet de tests de grande ampleur. L’objet, qui ressemble à un anneau contraceptif (il se place au fond du vagin contre le col de l’utérus pendant un mois) est actuellement expérimenté en Afrique (Malawi, Afrique du Sud, Ouganda et Zimbabwe) par 5 000 femmes volontaires.

Une fois installé, cet anneau libère un antirétroviral – le Dapivirine – et protège ainsi sa porteuse contre toute contamination au VIH ou à l’herpès lors de ses rapports sexuels. Si des comprimés oraux remplissant cette fonction existent déjà, ce mode d’administration permet d’utiliser une moindre dose d’antirétroviral et d’éviter les oublis. Les résultats de l’étude menée en Afrique devraient être dévoilés fin 2016, en vue d’une commercialisation de cet anneau en 2018.

Vue au microscope électronique du VIH (en vert) infectant un lymphocite. Crédit photo: Wikimedia Commons

L’université Northwestern a mis au point un anneau protégeant à la fois des grossesses et des contaminations vénériennes. Crédit photo: Northwestern University

Véritable défi technique

Un autre projet, moins avancé, mais beaucoup plus ambitieux, est en développement à l’université Northwestern (Virginie), en partenariat avec l’ONG Conrad. En plus du VIH et de l’herpès, cet anneau se porte 90 jours et protège également des grossesses non-désirées. D’un diamètre de 5,5 centimètres, il se compose de deux parties. L’une émet du tenofovir, un antirétroviral qui, déjà, est administré chaque année à 3,5 millions de personnes. La seconde partie du dispositif émet du levonorgestrel, un contraceptif hormonal.

La conception de cet anneau a nécessité cinq ans d’études et deux thèses de doctorat. Un véritable défi technique, car le dispositif doit émettre deux médicaments très différents. Le tenofovir est en effet soluble dans l’eau, à l’inverse du levonorgestrel. D’autant que ces derniers doivent quotidiennement être administrés dans des doses différentes : l’anneau délivre environ 10 milligrammes de tenofovir, pour seulement 10 microgrammes de levonorgestrel.

Succession d’échecs

La recherche d’alternatives au préservatif n’est pas nouvelle. Depuis le début des années 2000, une soixantaine de dispositifs capables d’administrer des microbicides ont été expérimentés : gels, éponges, suppositoires, ou encore tablettes effervescentes à placer dans le vagin. Ils n’ont pas vu le jour. Efficaces en laboratoire, ils ont échoué sur le terrain, car nécessitant une discipline quotidienne, allant jusqu’à leur prise avant et après les rapports sexuels. 

Vue au microscope électronique du VIH (en vert) infectant un lymphocite. Crédit photo: Wikimedia Commons

Vue au microscope électronique du VIH (en vert) infectant un lymphocite.
Crédit photo: Wikimedia Commons

Le docteur Kiser de l’université Northwestern se veut confiant quand au succès de son anneau. « Je pense que les femmes l’utiliseront principalement pour la contraception, mais elles bénéficieront aussi d’une protection contre les IST « . Le scientifique espère ainsi apporter aux femmes un nouveau moyen d’émancipation : « Des grossesses non-désirées peuvent avoir des conséquences néfastes, que ce soit sur le plan de la santé mais aussi au niveau économique et culturel « , rappelle-t-il.
En novembre 2014, un prototype de cet anneau est rentré dans sa première phase d’essais cliniques. Cinquante volontaires le testent actuellement aux États-Unis et en République Dominicaine. Mais contrairement à son homologue, sa commercialisation n’est pas encore programmée. Il faudra donc attendre avant de voir apparaître une alternative crédible au préservatif. En attendant, ce dernier reste le seul moyen de protection considéré comme efficace à plus de 99 % par le corps médical. 
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Une réflexion sur “Un anneau vaginal contraceptif qui protège contre le VIH et l’herpès

  1. « …Des chercheurs français ont mis au point un anneau vaginal en silicone qui dispenserait les médicaments et protégerait les femmes les plus à risque contre le VIH et l’herpès… »
    Cette expression des « femmes les plus à risque » est un euphémisme qui cache une réalité terrible. Les spécialistes de la prévention du sida reconnaissent aujourd’hui en effet que les *femmes prostituées* sont condamnées à contracter le sida. La fiction du « sécurisexe » ne tient plus la route depuis longtemps: les hommes mettent rarement des préservatifs et la plupart des femmes prostituées ne disposent pas du rapport de forces qui leur permettrait de l’imposer à leurs acheteurs ou employeurs (contrairement aux pieux mensonges du lobby de l’industrie).
    Plutôt que de soutenir le mouvement abolitionniste en raison de cette certitude que les femmes ainsi exploitées vont nécessairement contracter une maladie mortelle, les porte-parole de l’industrie pharmaceutique et du systèeme prostitutionnel en sont venus au cours de l’été 2014 à adopter la politique de prescrire à TOUTES les personnes prostituées des agents rétroviraux à titre PRÉVENTIF, malgré les lourds effets secondaires associés à cette médication.
    Et l’idée d’un anneau dispensateur est une façon de réduire les dépenses des États dans le domaine.

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