Manifestation pro-avortement : des milliers d’Irlandais-es dans les rues

Les irlandaises ne se laissent pas faire ! bravo.

L’avortement est illégal, considéré comme un crime et puni de 14 ans de prison. En Irlande, pays de tradition catholique, la loi indique que la mère et l’enfant à naître ont les mêmes droits.

L’Irlande est l’un des pays les plus restrictifs de l’Union européenne. Jusqu’à l’année dernière, l’avortement y était interdit et aucune loi n’avait été votée pour faire appliquer une décision de la Cour suprême de 1992 en vertu de laquelle, l’interruption de grossesse pouvait être permise en cas de danger pour la vie de la mère.

Une loi a finalement été votée en juillet 2013. Ce texte autorise l’avortement si la poursuite de la grossesse fait courir à la femme un « risque réel et substantiel » pour sa vie et prévoit qu’en cas de risque de suicide, l’avis unanime d’un obstétricien et de deux psychiatres soit requis.

Chaque année, environ 4.000 Irlandaises avortent à l’étranger. 
Depuis 1971, ce sont 177.000 femmes et jeunes filles ont dû quitter l’Irlande pour l’Angleterre ou le Pays de Galles pour avorter.

Rappelons-nous de cette histoire monstrueuse en 2012. Une femme s’était vu contrainte par les institutions irlandaises de porter et mettre au monde un enfant issu d’un viol, jusqu’à ce qu’une césarienne soit pratiquée à la 25ème semaine de grossesse. Mettre au monde un enfant non désiré, issu d’un viol, puis l’élever, n’est pas considéré par les institutions irlandaises comme une situation pouvant mettre la vie en danger ni de cette femme rendue mère par obligation, ni de cet enfant né d’une loi dictée par les obscurantistes catholiques. Que sont devenus cette femme et cet enfant ? On n’en sait rien et ce n’est plus le problème des institutions irlandaises.

Du décès de Savita Halappanavar, morte dans un hôpital en Irlande après s’être vu refuser l’interruption de sa grossesse alors qu’elle faisait une fausse couche. Elle était enceinte de 17 semaines quand elle est arrivée dans un hôpital avec d’importantes douleurs dans le dos. Après avoir été informée qu’elle était en train de faire une fausse couche, elle a demandé à plusieurs reprises que l’on mette un terme à sa grossesse. Le médecin avait alors  répondu : « Tant qu’il y a un rythme cardiaque fœtal, nous ne pouvons rien faire. C’est la loi. Vous êtes dans un pays catholique. » Deux jours après, le coeur du foetus s’est arrêté. Puis celui de Savita, décédée d’une septicémie.

Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres en Irlande.

En 2015 et il est dramatique de constater que l’avortement n’est toujours pas un droit acquis en Europe. Que des femmes ne sont pas libres de disposer de leur corps et en meurent.

Dans le monde, ce sont encore 47 000 femmes par an qui décèdent des suites d’un avortement clandestin.

Déjà en 2013, des Irlandais pro-avortement manifestaient devant les grilles du parlement © PETER MUHLY - AFP

Déjà en 2013, des Irlandais pro-avortement manifestaient devant les grilles du parlement
© PETER MUHLY – AFP

rtbf.be, 26/09/2015

Des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi dans les rues de Dublin pour appeler à une réforme de la législation irlandaise très stricte sur l’avortement, à moins de sept mois des élections législatives.

Les manifestants brandissaient des affiches sur lesquelles on pouvait lire « abrogeons le 8e« , en référence à l’amendement de la Constitution irlandaise qui donne des droits égaux au fœtus et à la mère.

« Je ne suis pas une criminelle«  ou « Ne nous obligez pas à faire nos bagages« , lisait-on encore.

« Nous voulons envoyer un message très fort au gouvernement pour lui dire qu’il ne peut plus se contenter de laisser ce problème de côté« , a déclaré Cathleen Doherty, de l’organisation Abortion Rights Campaign, organisatrice de la manifestation. Entre 8.000 et 10.000 personnes étaient attendues par les organisateurs et la police s’est refusée à donner une estimation.

Cathleen Doherty a appelé à ce que l’engagement d' »abroger » le 8e amendement figure dans les programmes électoraux pour les élections législatives, qui doivent avoir lieu en avril 2016 au plus tard.

Un référendum en faveur de l’avortement?

Après l’adoption du mariage homosexuel par référendum en mai, des militants pro-avortement et des responsables politiques ont appelé à la tenue d’un référendum pour abroger cet amendement.

La très catholique Irlande continue d’interdire l’avortement même en cas de viol, de malformation du foetus ou de risques pour la santé de la mère. Elle ne l’autorise que si la vie de la mère est en danger, et ce seulement depuis 2013 et le décès d’une femme enceinte de septicémie. Elle s’était vu refuser un avortement alors qu’elle était en train de faire une fausse couche, à 17 semaines de grossesse.

177 000 irlandaises ont quitté l’Irlande pour avorter

Depuis 1971, 177.000 femmes et jeunes filles ont dû quitter l’Irlande pour l’Angleterre ou le Pays de Galles afin d’y subir un avortement, selon Amnesty International, qui a lancé en juin une grande campagne en faveur d’une réforme des lois sur le sujet.

Le Premier ministre irlandais Enda Kenny, du parti de centre droit Fine Gael, s’est dit contre « un avortement à la demande« .

La ministre de l’Egalité, Aodhan O Riordain, du parti travailliste, a quant à elle rappelé que « 4.000 femmes par an, soit près de 12 par jour, se rendent en Angleterre. Nous devons le faire ici en Irlande« .

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