Fuck your morals ! L‘Eglise de France proteste contre la campagne sur l’IVG

Alors que le journal « Le Monde » qualifiait récemment le pape de « premier progressiste », l’Église préfère flatter les comportements réactionnaires. Son nouveau cheval de bataille consiste à faire du lobbying toujours plus actif en faveur de l’ « objection de conscience » pour pousser les gouvernements à considérer les convictions religieuses des citoyens comme supérieures aux droits des homosexuels, ou des femmes souhaitant avorter.

Ainsi, au lendemain de la publication de la campagne « IVG : mon corps, mon choix, mon droit », la Conférence des évêques de France a dénoncé « l’approche individualiste du drame de l’avortement » renvoyé par le slogan de la campagne. 

Cette prise de position laisse une nouvelle fois peu de place à l’ambiguïté d’un message « progressiste » qui réaffirme son mépris des femmes devant consacrer leur sexualité exclusivement à la fonction procréatrice.  

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lefigaro.fr, 30/09/2015

La prise de position laisse peu de place à l’ambiguïté. Dans un communiqué signé par Monseigneur Ribadeau Dumas, la Conférence des évêques de France (CEF) s’engage contre la campagne «IVG c’est mon droit» lancée par la ministre de la Santé Marisol Touraine. «La Conférence des évêques de France (CEF) tient à rappeler son opposition à l’interruption volontaire de grossesse» écrit son Porte-parole.

Lancée lundi, la campagne «IVG c’est mon droit» vise à réaffirmer le «droit fondamental» à l’avortement. Le gouvernement crée un numéro vert gratuit et anonyme pour informer les femmes sur le recours à l’IVG. La ministre de la Santé s’est faite tatouer un tatouage éphémère pour appuyer son soutien à cette campagne.

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«IVG: mon corps, mon choix, mon droit» le slogan de cette campagne souligne l’approche individualiste du drame de l’avortement.», critique pour sa part la CEF.

Celle-ci veut rappeler «l’impérieuse nécessité de ne pas considérer l’avortement comme une anecdote de la vie mais comme un acte grave qui engage et marque bien souvent profondément et durablement les personnes qui le vivent: les femmes mais aussi les hommes et les familles.»

La CEF dénonce, outre cette campagne, ce qu’elle estime comme «des mesures inquiétantes» prises par le gouvernement, parmi lesquelles «l’assouplissement de la délivrance de la contraception d’urgence aux élèves mineures, l’intégration du nombre d’IVG dans les contrats d’objectifs des ARS, l’autorisation pour les centres de santé à pratiquer des IVG, la fin du délai obligatoire».

Un «matraquage idéologique insupportable»

Pour appuyer leur condamnation, les évêques citent le pape François dans son encyclique Laudato Si qui écrit: «Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement.» (paragraphe 120).

Ce n’est pas la première fois que l’Eglise de France prend position contre l’avortement. La CEF avait déjà protesté vigoureusement en avril dernier contre la «banalisation» de l’avortement qu’impliquait selon elle la loi Santé de Marisol Touraine. La CEF avait notamment souligné que la suppression du délai de réflexion avant une IVG renforçait «une conception réduite de la dignité humaine faisant de l’enfant à naître un simple objet dont on doit disposer librement et retirant à la femme enceinte les moyens d’exercice de sa réelle liberté de conscience».

Pour l’abbé Grosjean, prêtre du diocèse de Versailles, il existe «une vraie colère dans l’Eglise contre ces contre-vérités assumées par le gouvernement. Le gouvernement prétend informer les femmes mais passe sous silence la question de la vie de l’enfant, celle de la souffrance de beaucoup de femmes qui ont vécu une IVG, la possibilité d’aides pour celles qui veulent garder leur enfant.» Et le prêtre de dénoncer «un matraquage idéologique insupportable qui vise à neutraliser tout débat et imposer pour évident ce qui ne l’est pas»

L’Eglise catholique condamne fermement l’avortement. Dans le catéchisme catholique publié par Jean-Paul II en 1992, il est précisé que «l’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est une «pratique infâme» gravement contraire à la loi morale.»

François a lui autorisé les prêtres à pardonner l’avortement à l’occasion de l’année jubilaire. Dans une lettre rendu publique le 1er septembre, le souverain pontife écrivait avoir «décidé, nonobstant toute chose contraire, d’accorder à tous les prêtres, pour l’année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué, et qui, le cœur repenti, en demandent pardon».

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Une réflexion sur “Fuck your morals ! L‘Eglise de France proteste contre la campagne sur l’IVG

  1. Bien sûr que l’Eglise catholique condamne (malheureusement) l’IVG. Cette institution est par définition conservatrice car enfermée dans son dogme, et ne changera pas de position de sitôt, que ce soit sur l’IVG, la PMA, l’euthanasie ou encore le mariage gay…
    Qualifier le pape de progressiste me fait sourire, il protège comme toujours la cause des pauvres (c’est déjà ça…) mais dès qu’il s’agit des droits des femmes ou des homosexuels, c’est plus compliqué…
    A-t-on besoin de l’Eglise pour avancer et faire en sorte que notre société soit plus juste et plus humaine ? Non. Alors ignorons les sermons médiévaux et avançons.

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