La cinéaste Chantal Akerman est morte

C’est une très grosse perte pour nous féministes.

Allez voir Jeanne Dielman qui nous montre la vie quotidienne d’une femme qui se prostitue l’après midi car elle n’arrive pas à joindre les deux bouts pour élever seule son fils. Un chef d’oeuvre.

Talent et créativité hors du commun. Et d’apprendre aujourd’hui qu’elle s’est donnée la mort… RIP.

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Le Monde | 06.10.2015

La cinéaste belge qui s’est donné la mort, lundi 5 octobre au soir, à l’âge de 65 ans. Autrice d’une œuvre incandescente, pionnière, nomade, travaillée en profondeur par des questionnements intimes et historiques, et des interrogations formelles fondatrices de la modernité cinématographique, elle avait entamé sa carrière en 1968 avec un court-métrage, Saute ma ville, brûlot burlesque et rageur. Son dernier film, No Home Movie, a été projeté en août au Festival du film de Locarno (Suisse).

Le coup d’envoi de sa carrière, entamée à 17 ans avec le court-métrage Saute ma ville (1968), est un coup de feu : un brûlot burlesque et rageur tourné en 16 mm dans lequel elle se met en scène elle-même, semant méthodiquement le chaos dans sa cuisine pour finalement se faire exploser, la tête posée sur la gazinière allumée.

Filmographie éclectique

Fortement influencée à ses débuts par le travail de cinéastes expérimentaux américains, comme Michael Snow, Andy Warhol, Stan Brakhage, elle a cherché, tout au long de sa vie, à s’affranchir des normes narratives et des étiquettes. De sa filmographie éclectique où la frontière entre documentaire et fiction est toujours poreuse, comme celle avec la littérature, et l’art contemporain, où la comédie musicale et les expériences les plus intimistes coexistent avec les mêmes droits, des films immenses ont surgi à chaque décennie.

Parmi ceux-ci, Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles (1975), chef-d’œuvre de la modernité et brûlot féministe, dans lequel elle met en scène le quotidien répétitif d’une ménagère qui se prostitue pour assurer sa subsistance et celle de son fils, a marqué des cinéastes aussi importants que Gus Van Sant, Tsai Ming-liang ou Avi Mograbi.

Sa trilogie documentaireD’Est (1993), Sud (1998), De l’autre côté (2002) –, qui s’est déclinée sous forme d’installations un peu partout dans le monde, est un autre jalon majeur de son œuvre, ainsi que La Captive (2000), sublime adaptation de La Prisonnière, de Marcel Proust.

Son dernier film, No Home Movie (2015), dont la sortie est prévue prochainement en France, a été présenté en compétition au dernier Festival de Locarno en août.

« Saute ma ville », court-métrage (1968) - Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Saute ma ville », court-métrage (1968) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Je, tu, il, elle » (1974) - Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Je, tu, il, elle » (1974) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles » (1975) - Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles » (1975) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Un jour Pina m’a demandé » (1983) - Crédits : CHANTAL AKERMAN

« Un jour Pina m’a demandé » (1983) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« La Folie Almayer » (2009) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« Avec Sonia Wieder-Atherton », moyen-métrage (2003) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« De l’autre côté », documentaire et installation (2002) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« Sud », documentaire et installation (1998) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« D’Est », documentaire et installation (1993) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« La Captive » (2000) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« Golden Eighties » (1986) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

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« No Home Movie » (2015) – Crédits : CHANTAL AKERMAN

 

 

 

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