Comment ces médecins américains ont bravé la loi en pratiquant des avortements

Témoignages de médecins qui pratiquaient des IVG dans l’illégalité avant l’adoption de l’arrêt Roe v. Wade, en 1973.

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liberation.fr, 14 octobre 2015

Le 22 janvier 1973, la Cour suprême américaine adopte l’arrêt Roe v. Wade, reconnaissant l’avortement comme un droit constitutionnel.

Avant cette date, certains médecins bravent la loi et pratiquent illégalement des interruptions volontaires de grossesse dans le secret de leur cabinet. Le New York Magazine publie sur son site les témoignages de sept d’entre eux, qui pour la plupart ont commencé à exercer dans les années soixante, avant la légalisation de l’IVG.

Les gestes à accomplir n’étant évidemment pas enseignés à la faculté de médecine, certains racontent avoir dû apprendre sur le tas, et dans l’illégalité, et à faire preuve de prudence dans leur pratique.

«Vous pouviez vous faire attraper à cause des complications, les hôpitaux pouvaient avoir des soupçons. J’ai appris à avoir un taux de complications très bas, rapporte Dr. Curtis Boyd, qui a pratiqué son premier avortement en 1966. Honnêtement, ce qui était le plus difficile, c’est à quel point les femmes étaient désespérées. Je ne pouvais pas dire non. C’est devenu mon quotidien, jour et nuit.»

Avant Roe v. Wade, plusieurs Etats, dont le Colorado, la Californie et l’Oregon libéralisent l’accès à l’avortement. Sadja Greenwood explique au NY Mag avoir commencé à pratiquer des IVG en 1968, dans un hôpital californien «mandaté légalement».

«Les femmes étaient tellement soulagées de voir qu’elles n’avaient pas à trouver quelqu’un qui accepterait de le faire sur un coin de table dans une cuisine», témoigne-t-elle.

Ceux qui ont exercé dans des Etats moins libéraux se souviennent de l’époque où, étudiants en médecine, ils devaient prendre en charge des femmes souffrant de complications suite à des avortements clandestins ou à des tentatives d’auto-avortement.

«Une femme s’était vu refuser un avortement dans un hôpital voisin, se remémore l’un des médecins interrogés. Elle est rentrée chez elle et s’est tiré une balle dans l’utérus, avant de refaire le trajet jusqu’à l’hôpital.»

«J’ai commencé à dormir avec un fusil»

D’autres racontent les menaces de mort et les attaques violentes dont les centres où ils travaillaient ont parfois été la cible, notamment sous Reagan dans les années 80.

«Mon visage était sur des affiches « wanted » [fabriquées par les militants anti-avortement], raconte Suzanne T. Poppema, médecin à la retraite. Quand l’un d’entre nous était blessé ou assassiné, ils inscrivaient une grosse croix rouge sur son portrait.»

Plusieurs médecins ou membres du personnel médical ont été tués dans les années 90, et plus récemment, en 2009, un directeur d’une clinique IVG a été abattu dans une église.

Warren Hern était l’un de ses amis proches. Lui aussi a été pris pour cible par les extrêmistes anti-avortement après l’adoption de Roe v. Wade.

«Je vivais dans ma maison dans les montagnes, et j’ai commencé à dormir avec un fusil. J’étais sidéré. Comment pouvait-on remettre en cause l’avortement ? C’était la première fois de l’histoire que les femmes pouvaient mettre un terme à leur grossesse sans courri de risque.»

Warren Hern reçoit toujours des menaces de mort, mais dit ne pas se laisser intimider par les anti-IVG :

«J’ai peur de seulement trois choses : la foudre, les grizzlys et les requins

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