Histoire – L’anniversaire de l’«Affaire Personne»

Histoire des femmes canadiennes.

L’histoire canadienne comporte des événements qui prouvent que dans les années 1920, des figures féminines ont manifesté le désir de prendre leur place dans la société. Nombreuses sont les femmes qui initiaient des actions concrètes afin de démontrer la volonté de faire en sorte que les Canadiennes soient considérées comme des citoyennes à part entière.

Un événement majeur laissa une trace dans les annales de l’histoire du Canada :

l’Affaire «Personne».

Emily Murphy, Louise McKinney, Irene Parlby, Nellie McClung et Henrietta Edwards interpellèrent la Cour suprême du Canada en 1927 pour obtenir une définition du mot «personne».

En 1927, Emily Murphy, Louise McKinney, Irene Parlby, Nellie McClung et Henrietta Edwards interpellèrent la Cour suprême du Canada  pour obtenir une définition du mot «personne».

huffingtonpost.ca, 18/10/2015

De nos jours, plus que jamais auparavant, des militantes occupent la scène publique pour réclamer la justice sociale. Néanmoins, il est important de préciser que cette tendance ne date pas d’hier.

Emily Murphy, Louise McKinney, Irene Parlby, Nellie McClung et Henrietta Edwards interpellèrent la Cour suprême du Canada en 1927 pour obtenir une définition du mot «personne». Ces vaillantes Canadiennes, déterminées à obtenir un statut juridique, apprirent à leurs dépens que les femmes étaient exclues de cette «catégorisation».

La Cour suprême du Canada précisait :

«Dans le cadre de l’examen de cette question, nous ne nous intéressons aucunement, bien entendu, au fait que la présence des femmes au Sénat soit indésirable ou non, ni aux aspects politiques de la question présentée. Notre seule fonction consiste à interpréter, du mieux que nous pouvons, les dispositions pertinentes de l’AANB, 1867, puis à prendre une décision en fonction de cette interprétation.»

Ne comptant pas s’arrêter en si bon chemin, elles s’adressèrent au tribunal d’appel du Canada. La décision de cette instance juridique réparait une discrimination sexiste à l’égard de la population féminine. Elle mentionnait que «l’exclusion des femmes de toute charge publique est un vestige d’une époque plus barbare. Aux personnes qui se demandent si le mot « personne » doit comprendre les femmes, la réponse est évidente, pourquoi pas?»

Parmi les retombées positive de cette victoire, on peut citer l’obtention du droit de siéger au Sénat. Après cette victoire, ces pionnières ont été surnommées les «Cinq célèbres». Une célébrité acquise grâce à leur persévérance…

Ce 18 octobre 2015, le Canada célèbre le 86e anniversaire d’un jugement important prononcé par Comité judiciaire du Conseil privé de Londres. Cette célébration touche la participation des femmes en politique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que, jusqu’à présent, ce problème continue d’occuper l’actualité. Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour réclamer l’intégration de plus de femmes dans l’arène politique.

À une époque où la représentativité des femmes en politique occupe une place significative dans les débats, l’Affaire «Personne» est une référence incontournable qui permet d’évaluer le chemin parcouru.

Pour la petite histoire, le 18 octobre 1929, une décision importante a été prononcée en faveur de la reconnaissance du rôle des femmes dans la sphère publique.

Au fond, le combat des femmes est perpétuel. Présentement, la caravane des résistances et solidarités féministes, qui a été lancée le 23 septembre dernier, continue de parcourir le Québec. Cette activité est organisée dans le cadre de la quatrième action de la Marche mondiale des femmes. «Libérons nos corps, notre terre et nos territoires»: tel est thème autour duquel les activistes se penchent quand vient le temps de réaliser de pointer du doigt les discriminations et les violations des droits.

Comme tout le monde le sait, la médicalisation du corps féminin éveille des débats. C’est la raison pour laquelle les concernées s’activent pour se réapproprier le droit de disposer librement de leurs corps.

Notre métropole, Montréal, est représentée par des militantes engagée à défendre la justice sociale. Par exemple, la Coalition montréalaise de la Marche mondiale des femmes a récemment organisé un rassemblement pour réclamer des investissements qui visent à augmenter l’offre des logements sociaux. Des Montréalaises et des organismes locaux joignent leurs forces pour dénoncer l’austérité, la destruction environnementale et la militarisation. C’est avec beaucoup d’engouement que j’assume la fonction de porte-parole de cette instance.

Quant à la commémoration de cet anniversaire, je vais conclure en rendant hommage à l’une des initiatrices de la saga juridique qui a changé bien des choses.

Emily Murphy affirmait avec une conviction inébranlable: «Nous désirons, plus que jamais auparavant, que des femmes soient des leaders. Des leaders qui n’ont pas peur des injures, qui sont prêtes à se battre. Je crois que les femmes peuvent sauver la civilisation. Les femmes sont des personnes.»

En définitive, lorsqu’on jette un regard sur les enjeux du moment en matière de condition féminine, cette déclaration trouve sa place dans l’agenda des luttes actuelles.

Ghislaine Sathoud, Écrivaine et militante féministe

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