Femen – Relaxe pour la dégradation d’une cloche de Notre-Dame

La justice patriarcale n’aime finalement pas les cloches non plus. La cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de huit militantes Femen qui étaient jugées pour avoir dégradé une cloche de Notre-Dame de Paris.

D’un côté, on avait une cloche qui aurait perdu quelques millimètres de sa dorure. De l’autre, une femme qui avait perdu des dents sous les coups d’un vigile. 

Pour les éraflures sur la couche d’or, chaque Femen devait verser 1500 euros. Pour les violences, les vigiles avaient été condamnés à des amendes de 250 à 500 euros avec sursis. Il était donc préférable de frapper des femmes plutôt que d’égratigner une cloche.  

La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la relaxe de huit militantes du groupes féministe Femen, jugées pour avoir dégradé une cloche de Notre-Dame de Paris. | AFP

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi la relaxe de huit militantes du groupes féministe Femen, jugées pour avoir dégradé une cloche de Notre-Dame de Paris. | AFP

ouest-france.fr, 29/10/2015

Le 12 février 2013, les Femen avaient célébré à leur manière le renoncement du pape Benoît XVI. Incognito dans le flot des touristes, elles étaient entrées dans la cathédrale avant de tomber le manteau pour se jucher sur le socle de trois cloches, exposées provisoirement dans la nef à l’occasion du jubilé des 850 ans de Notre-Dame de Paris. Seins nus comme à chacune de leurs actions, elles avaient crié « Pope no more » (« Plus de pape »), en faisant tinter les cloches avec des morceaux de bois. Deux surveillants qui les avaient chassées de l’édifice ont quant à eux été condamnés à des amendes avec sursis, un troisième a été relaxé.

En ce jour où allait être adoptée à l’Assemblée nationale la loi sur le mariage homosexuel, les militantes avaient aussi scandé sur le parvis « In gay we trust » (« Nous croyons en l’homosexualité », parodie de la devise américaine « In God we trust », « Nous croyons en Dieu ») ou encore « Dégage homophobe », après avoir été expulsées de la cathédrale. Faute d’éléments suffisants pour leur imputer les dégradations sur la dorure de la cloche Marcel (du nom de Saint-Marcel), le tribunal correctionnel de Paris les avait relaxées il y a un an, mais le parquet avait fait appel. Devant la cour, une même peine de 1 000 € d’amende avait été requise contre chacune des huit jeunes femmes. Pour leur défense, elles ont de nouveau souligné qu’elles avaient pris soin de recouvrir les bâtons avec lesquels elles ont fait sonner les cloches avec de la feutrine.

Trois surveillants qui avaient chassé les Femen hors de l’édifice, avaient été condamnés en première instance à des amendes de 300, 500 et 1.000 euros avec sursis pour des violences sur trois des jeunes femmes, dont l’une avait eu une dent cassée.

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