Les Guinéennes manifestent contre les violences sexuelles

Une grande manifestation contre les violences sexuelles en Guinée était organisée dans les rues de Conakry mercredi 4 novembre par les associations de défense des droits des femmes pour dénoncer la culture du viol et son impunité. Elle a été enclenchée après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo mettant en scène une tentative de viol. Quelques centaines de personnes, notamment des femmes, y ont participé :

« Non c’est non », « Touche pas à ma soeur », « halte au viol », « Justice pour les victimes »

Mariama Sirré, ONG, Synergie féminine pour la paix et le développement :

« C’est une marche qui est importante, la société guinéenne crie son ras-le-bol face aux violences faites aux femmes guinéennes. Régulièrement, des jeunes filles qui ont pour certaines entre 9 et 11 ans sont violées et généralement ces affaires sont classées sans suite. Les auteurs sont pourtant arrêtés, emprisonnés quelques temps puis relâchés. Pour d’autres, les familles se retrouvent et font des arrangements. Cela signifie pour nous qu’il y a beaucoup trop d’impunités dans ces actes de violences…. » 

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jeuneafrique.com, 5 novembre 2015

À l’origine de cette campagne, une vidéo montrant une jeune femme nue, contrainte par un homme armé d’un couteau à avoir des relations sexuelles avec lui. La vidéo, très partagée sur les réseaux sociaux, a choqué.

« Trop, c’est trop. Il y a trop de viols en Guinée, on parle même de viols collectifs et de filles qui en meurent », explique à RFI Moussa Yero Bah, présidente de l’ONG Femmes, développement et droits humains, l’une des organisations à l’origine de la campagne. « Nous voulons nous battre avec elle pour qu’elle soit rétablie dans ses droits et que cette affaire ne soit pas enterrée comme c’est le plus souvent le cas », souligne Moussa Yero Bah. Car si la jeune fille a porté plainte, fait rare dans le pays, son agresseur présumé, un rappeur connu, a pu prendre la fuite.

La ministre de l’Action sociale critiquée

Pour dénoncer l’ampleur de cette culture du viol et son impunité, associations et ONG ont donc convoqué une grande marche dans les rues de la capitale. Et pour être certain de se faire entendre, le cortège s’est arrêté devant plusieurs ministères, dont celui de l’Action sociale, tenu par Sanaba Kaba.

Ce dernier arrêt ne doit rien au hasard : la ministre a vivement été critiquée par les organisations de défense des droits des femmes. En cause, l’opposition de Sanaba Kaba à cette marche, qu’elle a jugé problématique en période post-électoral. Conséquence, la manifestation, initialement convoquée dimanche, a été repoussée à plusieurs reprises. L’insistance du collectif et la médiatisation de l’affaire auront finalement permis aux manifestants de faire entendre leurs voix.

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