Comment remettre un macho à sa place au bureau

Le lieu de travail illustre parfaitement la domination patriarcale. Les hommes ont le pouvoir, les femmes obéissent. Ce sont des potiches que l’on peut laisser à l’appréciation de l’autre, entre blagues sexistes, comportements déplacés, exclamations qui commencent par « Vous les femmes… », « Ne fais pas ta blonde… », « Ma poulette »… C’est du lourd. Une étude réalisée par LH2 l’année dernière faisait le constat que 8 femmes sur 10 avaient déjà subi le sexisme au travail. 

Au nom de quoi, parce que je suis une femme, j’aurais à supporter des remarques sur mon apparence ? Au nom de quoi peut-on parler devant moi à la troisième personne, comme si j’étais invisible ? Au nom de quoi se permet-on de me tutoyer ? Je ne suis pas là pour être admirée, contemplée ou jugée.

A l’inverse, est-ce que je me permettrais de faire des remarques aux hommes sur leurs vêtements, leur coiffure, leur sourire ? Non, mais j’ai tort. C’est notamment une réponse que je devrais avoir pour contrer de tels comportements. Je devrais m’imposer.

© Pixalot/Getty

© Pixalot/Getty

capital.fr,  19/11/15

« Merci, Sophie. J’ai trouvé votre présentation extrêmement intéressante. Et aussi, pour ne rien gâcher, pas désagréable pour les yeux. Hé hé… »

A ces mots, il y a eu un bref silence dans la salle de réunion. La dénommée Sophie est restée figée, interdite, se demandant si elle avait bien entendu cet éloge impromptu qui, de toute évidence, ne visait pas la qualité esthétique de ses diapositives. Incapable de répondre, la jeune femme n’a pu que jeter un regard sombre à l’auteur de la remarque, un de ces poètes de bureau spécialisés dans les allusions subtiles, les plaisanteries grivoises et les sifflets retentissants à l’adresse de tout ce qui porte jupons.

Et ce n’est qu’un échantillon de ce que les femmes se voient infliger quotidiennement dans l’open space ou ailleurs. La liste, en effet, serait incomplète sans les accusations de coucherie avec le PDG qui, immanquablement, fleurissent dès que l’intéressée commence à grimper dans l’organigramme. Sans parler, bien sûr, de l’excellent « moi, macho ? vous rigolez, je suis marié à une femme ! » généralement accompagné d’éclats de rires aussi gras que le hachis parmentier du restaurant d’entreprise.

Au lieu de vous laisser déstabiliser comme Sophie, préparez-vous à contrer sereinement ce genre de spécimens :

Une option possible consisterait à bannir tous les atours susceptibles d’affoler leurs récepteurs sensoriels (mascara, tenues élégantes, etc.). En voilà une idée saugrenue ! et puis quoi encore ? a rejeter d’office ! Il est hors de question de céder un pouce de terrain à ces importuns : c’est à eux de battre en retraite.

Deuxième option, à écarter également : l’appel à l’aide. Abstenez-vous, autant que possible, de demander du renfort à quiconque, que ce soit à votre boss, à la DRH ou à la Halde. Et pourquoi pas à votre mari, pendant que vous y êtes ? Montrez au goujat que vous n’avez besoin de personne pour vous défendre. Il ne sait pas à qui il a affaire…

Troisième idée (bien meilleure) : inviter publiquement le poète à répéter la petite phrase qu’il vient de vous lancer. Faites cela d’une voix tranquille, légèrement condescendante, en sollicitant toute l’attention de l’assemblée. Jamais il n’osera réitérer sa brillante remarque. Sa première tentative a déjà épuisé tout son courage. Vous êtes sur la bonne voie…

Enfin, si vous n’avez pas obtenu d’excuses (que vous éviterez d’exiger SVP), proposez au galant une riposte sèche et définitive. L’idée consiste à le défier sur son propre terrain de jeu. Car si les assauts sexistes résultent au minimum d’une éducation ratée, ils se révèlent aussi souvent la marque d’une frustration intime pour le moins aiguë. Tapez là où ça blesse. Renvoyez le torero à ses carences amoureuses, en lui faisant sentir la distance cosmique qui le sépare de la liste de vos amants potentiels. A choisir selon vos goûts :

« merci pour cette remarque élégante » (minimaliste) ;

« J’aimerais vous retourner le compliment, mais l’honnêteté m’en empêche » (british) ;

« Bravo pour cette libido… qui n’a pas l’air de profiter à grand-monde » (cinglant).

Le tout saupoudré d’un éclat de rire aussi sucré qu’un cheesecake à la fraise. Au suivant.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s