« Tu as vu les attentats ! C’est rien à côté de ce que tu vas vivre »

#ViolenceConjugale le soir des attentats à Paris. Le conjoint violent écope de 2 ans de prison ferme par le Tribunal du Havre. La belle affaire..

Je vote pour l’Etat d’Urgence contre les violences machistes jusqu’à leur éradication. C’est possible ?

Après les sanguinaires Daesh de l’Etat Islamique qui servent de modèles, les tortionnaires du Dash de l’Etat patriarcal,  moins reconnus mais qui font pourtant autant de victimes.

« Tu veux l’égalité des sexes. Alors, je vais te frapper comme un homme. »

Ce ne sont ni le cannabis, ni la bière, ni le sevrage aux addictions les responsables de violences contre les femmes, comme le souligne l’article, le coupable et la victime qui se range derrière la fragilité de son compagnon. 

Les violences patriarcales méritent qu’on les comprennent, qu’on les nomment en tant que telles et qu’on s’y atèle spécifiquement.

Rappel : 118 femmes sont décédés, victimes de leurs conjoints ou ex-compagnons en 2014. 19 de moins qu’en 2013, pas de quoi se réjouir. C’est 118 de trop. En France, tous les 3 jours, une femme est victime de féminicide. 

Depuis 2012, la jeune femme de Bolleville a régulièrement été frappée par son conjoint. (©Fotolia).

Depuis 2012, la jeune femme de Bolleville a régulièrement été frappée par son conjoint. (©Fotolia).

normandie-actu.fr, 20/11/2015

Le tribunal correctionnel du Havre (Seine-Maritime) a condamné, mercredi 18 novembre 2015, un jeune homme de 26 ans à deux ans de prison ferme pour menaces avec arme et violences volontaires sur conjoint. Vendredi 13 novembre 2015, il aurait frappé et insulté sa concubine, à plusieurs reprises. L’homme, domicilié à Bolleville, près de Bolbec, avait déjà été condamné à un an de prison avec sursis pour des faits similaires, en février 2014. Le tribunal a ordonné son placement en détention.

En sevrage depuis 15 jours…

« Tu veux l’égalité des sexes. Alors, je vais te frapper comme un homme. » 

Ces paroles, l’auteur présumé des coups les aurait proférées, vendredi 13 novembre 2015 dans la soirée à l’encontre de sa compagne. Le mis en cause, « ancien gros consommateur de cannabis », a expliqué au tribunal qu’il était en sevrage depuis 15 jours. Ce vendredi 13 novembre 2015, il s’est énervé sur son amie qui lui demandait de ne plus fumer et lui indiquait qu’il n’y avait plus de cannabis dans la maison. « Il s’est alors enfermé dans la buanderie pour y boire de la bière », témoignera-t-elle à la barre. Les coups vont ensuite pleuvoir.

« Vous avez traîné votre compagne jusque dans la cuisine par les cheveux. Ensuite, vous lui avez posé la lame d’un couteau sous la gorge. »

Ce vendredi 13 novembre, jour des attentats, les images défilent sur l’écran de télévision.

Les deux jours qui suivent sont vécus sans violence mais sous haute tension. « Je sentais mon ami extrêmement nerveux », confie la victime à la barre. Dimanche 15 novembre 2015, le jeune père de famille réinstallera un climat de terreur. Il ne tape plus, mais menace.

« Tu as vu les attentats ! C’est rien à côté de ce que tu vas vivre »

La jeune femme se réfugiera dans sa chambre où elle appellera la police qui se déplacera rapidement au domicile conjugal.

« J’ai eu le pressentiment que s’il passait à la violence, ce jour-là, il me tuerait. »

Le jeune homme sera interpellé. Dix jours d‘ITT (Incapacité temporaire de travail) ont été prescrits par un médecin à sa compagne terrorisée.

« Vous aviez la menace de faire un an de prison si vous recommenciez les violences. Pourquoi avoir frappé encore ? », interrogera le président, à l’audience. « Mes nerfs lâchent régulièrement. J’ai du mal à gérer la pression quotidienne. Je me mets d’ailleurs la pression tout seul. Parce que je ne suis pas à la hauteur. Elle, elle l’est tellement » se défendra le mis en cause. « C’est plus fort que lui. Il a vraiment besoin de soins », expliquera la victime.

« Une vraie entreprise de démolition »

L’avocate de la plaignante, Me Marie-Astrid Girard rappellera que de nombreuses violences ont été commises tout au long de cette relation débutée en 2012. « Beaucoup ont eu lieu en présence de leur enfant aujourd’hui âgé de 19 mois », pointera la partie civile.

« Nous sommes face à une vraie entreprise de démolition d’un concubin violent qui ne cesse de harceler et d’humilier. Et une fois encore, nous sommes face à un homme violent qui n’a pour seul point de vue que sa personne. Il n’a aucun déni, ça fait froid dans le dos », soulignera le procureur qui a requis 18 mois de prison ferme et la révocation totale du sursis d’un an.

Le tribunal condamnera finalement le jeune père de famille à un an de prison ferme et maintiendra la révocation totale du sursis. Son conseil, qui avait plaidé en faveur d’un aménagement de peine, n’a pas été entendu.

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