Une journaliste qui a déclaré ne pas vouloir d’enfant, sous protection d’un garde du corps

Holly Brockwell, une journaliste de 29 ans, a expliqué dans un article pour la BBC qu’elle ne voulait pas d’enfants. Une fois l’article publié, les critiques en majorité formulées par des hommes ont été tellement virulentes qu’elle a été obligée de désactiver son compte Twitter et d’être protégée par un garde du corps lors de ses déplacements. 

« Le nombre de messages que j’ai reçus en une demi-heure sur Twitter, Facebook, Instagram et par mail m’a effrayée ».

Le non-désir d’enfant, un sujet encore tabou et facteur d’inégalités entre les sexes, puisque ce sont surtout les femmes ne souhaitant pas avoir d’enfant qui subissent une énorme pression sociale et se voient stupidement taxées d’égoïstes. Comme si l’émancipation passait indéniablement par le couple mère/femme. Finissons-en avec ce diktat de la reproduction et rappelons une bonne fois pour toute qu’avoir un enfant ne relève pas de l’altruisme, c’est un choix personnel, ni plus ni moins légitime que celui de ne pas en avoir. Ne pas vouloir d’enfants est un droit!

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Holly Brockwell, a walking compendium of Red Pill truisms

magicmaman.com, 27/11/2015

Qui eut cru qu’affirmer ne pas vouloir avoir d’enfant pouvait vous mettre dans une telle situation ? Noyée sous les menaces écrites sur les réseaux sociaux, une journaliste a été contrainte d’engager un garde du corps pour assurer sa protection.

Ce n’est pas une star du cinéma, ni une chanteuse à la renommée internationale, ce n’est pas une personnalité politique, ni la fille d’un ambassadeur et pourtant, Holly Brockwell n’a pas pu se rendre sur le plateau de la BBC sans un garde du corps . Son tort ? Avoir écrit un article dans lequel elle affirme ne pas vouloir d’enfant. 

Elle réclame son droit à ne pas avoir d’enfant

Holly Brockwell est journaliste. A l’occasion de l’événement « Les 100 femmes de la BBC et les autres qui luttent contre les stéréotypes dans le monde », organisé par la BBC, il lui a été demandé d’écrire un article sur son souhait de ne pas avoir d’enfant. Dans cet article, la jeune femme revient sur les raisons de ce choix, expliquant que « le fait de faire un enfant ne l’attire pas » et qu’un enfant doit se faire pour des raisons émotionnelles et non rationnelles. Mais face à son refus d’être mère, elle ne reçoit que l’incompréhension et les préjugés des gens pour qui il n’y a aucune bonne raison pour ne pas vouloir être mère. 

« En tant que femme, il y a quatre mots qui suscitent plus de condescendance de la part des gens que les autres, et les voici : « Je ne veux pas d’enfants », écrit-elle. La première pression vient de son entourage. « Mais pourquoi ? », » T’es sûre que tu ne vas pas regretter ? » lui répètent-ils, persuadés qu’elle va changer d’avis. Pourtant, comme elle le raconte, sa propre mère ne voulait pas d’enfant et n’a cédé que parce que son père voulait absolument fonder une famille. 

C’est cette peur de céder pour quelqu’un et de mettre de côté ses propres désirs qui l’a poussée à vouloir se faire ligaturer les trompes. Mais là encore, la pression a été forte et les médecins n’ont eu de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Certains lui ont menti, disant qu’elle était trop jeune alors qu’il n’y a pas de limite d’âge au Royaume-Uni pour se faire stériliser. D’autres ont fait en sorte qu’elle se décourage, lui disant qu’aucun chirurgien n’était disponible pour pratiquer cette intervention, l’obligeant à s’adresser à un autre établissement. 

Holly raconte que son mari a su dès le premier jour qu’elle ne souhaitait pas être mère. Même si parfois, lorsqu’il voit un enfant, elle devine dans son regard qu’être père « ne le dérangerait pas », elle affirme qu’il respecte son choix. 

Si elle tient tant à avoir recours à cette opération, c’est aussi parce que face au risque de tomber enceinte, les autres solutions ne lui conviennent pas. « La pilule m’a rendue malade pendant des années, dit-elle et l’unique autre option est le stérilet que je ne souhaite pas avoir car je connais deux personnes qui ont subi de terribles effets secondaires. » Peu importe que ces solutions lui conviennent ou pas, Holly réclame le droit de pouvoir disposer de son corps au même titre que les autres femmes. « Je n’ai pas besoin d’une contraception réversible. Il existe une opération de 10 minutes qui peut régler mon problème pour de bon et je n’arrive pas à croire qu’à presque 30 ans, je me batte encore pour l’avoir. »

Des menaces proférées sur les réseaux sociaux

Après avoir publié cette lettre sur les réseaux sociaux, Holly a reçu de nombreux messages de haine et des moqueries. « Des gens m’ont contactée pour me dire qu’ils étaient ravis que je ne me sois pas reproduite car comme ça il n’y aura pas d’autres gens comme moi sur Terre. Ils ont émis des doutes au sujet de ma mère et déclaré que j’avais besoin d’aide psychologique », a confié la jeune femme dans une interview accordée à la BBC. D’ailleurs, à l’occasion de sa venue dans leurs studios, la chaîne avait mobilisé un garde du corps pour assurer sa protection, tant les réactions sur les réseaux sociaux étaient devenues violentes, la poussant à fermer son compte Twitter. Depuis, Holly a rouvert son compte et réagit aux messages haineux avec humour. 

La pression qui pèse sur les femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants est un phénomène qui demeure tapi dans l’ombre. Si un homme qui ne souhaite pas être père ne choque personne, une femme qui ne veut pas d’enfant pose problème. Elles sont nombreuses à mener cette bataille qui nous ramène dans le passé : le droit à disposer de son corps. 

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2 réflexions sur “Une journaliste qui a déclaré ne pas vouloir d’enfant, sous protection d’un garde du corps

  1. Tant de femmes ont des enfants qui ne veulent pas mais qui les gardent pour l’argent et ont un père différent pour chaque enfant pour le droit de la personne qui est l’enfant trop jeune pour se défendre…….. Et si une femme après avoir raisonnablement fait son choix qui est-on pour décider à sa place. Ce n’est pas un jouet qu’on achète que si tout va bien on le garde et si tout ne va pas comme on le veut on le retourne au magasin.
    Est-ce qu’on demande à l’homme qui est père par son sperme d’assurer la garde de l’enfant? Quel débat de non sens. La vraie question à se poser: C’est si les parents ne sont pas adéquats ils ne devraient pas avoir le droit d’avoir un seul autre enfant. On ne parle pas de jouets mais de personnes humaines qui n’ont pas de voix pour les représenter…….
    Peauésie Bach

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