Les saoudiennes vont pouvoir voter et être élues… une révolution ?

La campagne électorale commence ce dimanche avec 900 candidates sur 7000. Les saoudiennes veulent y croire et se reconnaissent dans les candidates :

« Nous allons voter pour des femmes même si nous ne savons rien d’elles. Il suffit qu’elles soient des femmes comme nous ».

Si cela était aussi simple.. (cf les Le Pen, C. Boutin ou encore N.Morano).

Un fonctionnaire quant à lui indique ne pas avoir de problème avec la présence de candidates :

« Pourquoi pas ? De toute façon, elles sont là juste pour la figuration ».

Le décors est posé.

D’ailleurs la mixité est interdite, une candidate pourra s’adresser directement aux électrices lors d’une réunion électorale mais devra laisser le lendemain son porte-parole, un homme forcément, diriger la réunion publique pour les hommes.

L’Arabie Saoudite se classe au 130è rang (sur 142) du Global Gender Index produit par le Forum Economique Mondial. Les saoudiennes restent des mineures sans droits ni liberté de choix. Elles ne peuvent ni étudier, ni travailler, ni voyager, ni bien entendu disposer de leurs propres ressources financières sans dépendre d’un homme de leur famille. L’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

Seulement 130.600 femmes se sont inscrites sur les listes électorales soit environ dix fois moins que les hommes, pour des raisons de transport (elles dépendent des hommes), des barrières bureaucratiques ou même d’ignorance.

Lire : Naître femme en Arabie Saoudite

La concession du droit de vote aux femmes date de 2011 et n’est devenue effective que maintenant en 2015. Seulement rappelons que le droit de vote est symbolique puisque l’Arabie Saoudite est une monarchie absolue contrôlée depuis sa fondation en 1932 par la même famille. 

Nassima al-Sadah, alors candidate aux élections municipales à Qatif, à l'est de Riyad, le 26 novembre 2015, mais dont le nom a été retiré des listes ( AFP / STR )

Nassima al-Sadah, alors candidate aux élections municipales à Qatif, à l’est de Riyad, le 26 novembre 2015, mais dont le nom a été retiré des listes ( AFP / STR )

boursorama.com, 29/11/2015

Des femmes se sont lancées dimanche pour la première fois dans une campagne électorale en Arabie saoudite, un royaume ultra-conservateur où elles sont soumises à de nombreuses restrictions, comme l’interdiction de conduire.

Les élections municipales du 12 décembre, précédées par 12 jours de campagne, sont les premières à être ouvertes aux femmes en tant qu’électrices et candidates.

Environ 900 Saoudiennes, sur un total de 7.000 candidats, se présentent pour un siège dans les 284 conseils municipaux.

« Nous allons voter pour des femmes même si nous ne savons rien d’elles », a témoigné dimanche Oum Fawaz, une jeune institutrice de Hafr al-Baten (nord-est). « Il suffit qu’elles soient des femmes comme nous ».

Ahmed, un fonctionnaire de cette ville, indique ne pas avoir de problème avec la présence de candidates. « Pourquoi pas? De toute façon, elles sont là juste pour la figuration ».

« C’est l’une des premières étapes pour les droits des femmes », se félicite Sahar Hassan Nasief, une militante de la ville côtière de Jeddah, dans l’ouest du royaume, qui compte beaucoup d’amies parmi les candidates.

Les Saoudiens, eux, ont déjà voté deux fois pour des élections municipales, en 2005 et 2011. C’est cette année-là, dans la foulée des printemps arabes, que le roi Abdallah avait accordé aux Saoudiennes le droit de vote et d’éligibilité.

Deux ans plus tard, il avait nommé des femmes au Majlis al-Choura, un conseil consultatif.

L’entrée des Saoudiennes sur la scène politique est un défi de taille dans un royaume qui applique une version rigoriste de l’islam, qui ne compte aucune femme ministre et est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

En Arabie saoudite, les femmes ne sont autorisées à sortir en public qu’à la condition d’être couvertes de la tête aux pieds. Et elles ne peuvent pas travailler, se marier ou voyager sans autorisation de leur mari ou d’un homme de leur famille.

Si un timide processus d’ouverture a été engagé sous le règne du roi Abdallah (2005-2015), la route vers l’égalité des sexes et une meilleure visibilité des femmes dans l’espace public demeure jalonnée d’obstacles.

– Meetings séparés –

Selon des chiffres officiels, seulement 130.600 femmes se sont inscrites sur les listes électorales soit environ dix fois moins que d’hommes.

Outre le problème du transport, pour lequel elles dépendent des hommes, des barrières bureaucratiques ou même l’ignorance de l’importance du processus électoral ont découragé de nombreuses femmes.

D’autres sont conscientes du rôle limité des conseils municipaux dont les prérogatives se limitent aux travaux d’entretien de la voirie et des parcs ainsi qu’à la collecte des ordures.

Dans un royaume qui interdit la mixité, faire campagne s’avère bien compliqué pour une femme.

« Il nous est très difficile de gagner et de cibler nos électeurs », déplore Nassima al-Sadah, ajoutant avoir été informée par les autorités samedi soir que son nom avait été retiré de la liste des candidates.

Elle devait concourir à Qatif (est) dans une circonscription qui ne compte que 2.000 électrices pour 48.000 électeurs.

Pour se faire connaître, une candidate peut faire campagne sur les réseaux sociaux, dont Twitter et Facebook. Elle peut aussi utiliser des banderoles et des brochures mais sans sa photo, une interdiction qui s’applique également aux hommes.

A Hafr al-Baten, une affiche de promotion des élections et comportant un dessin d’un homme et d’une femme a été défigurée. Et le visage de la femme a été déchirée, selon des témoins.

En raison de l’interdiction de la mixité, une candiate peut s’adresser directement aux électrices lors d’une réunion électorale mais devra laisser le lendemain son porte-parole, un homme, diriger la réunion publique pour les hommes.

La démocratie électorale est encore un concept nouveau dans un royaume saoudien toujours fondé sur des relations tribales très fortes et où avoir de l’entregent est important.

« Nous luttons pour un véritable changement, en dehors de l’influence des tribus ou des familles », affirme Saoud al-Shammry, 43 ans. Cet habitant de Ryad n’écarte pas la possibilité de voter pour une femme « si son programme est convaincant ».

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