Procès en appel : Jacqueline Sauvage condamnée

Jacqueline Sauvage, une vie ruinée par la violence masculine, renforcée par deux condamnations de la justice patriarcale.

Acte 1 : mise à jour 3/12/2015

Jacqueline Sauvage : le combat de ses avocates pour une « présomption de légitime défense » pour les femmes battues

Acte 2 : mise à jour 3/12/2015

Dix ans de prison en appel pour le meurtre de son mari violent

Vous l’aurez compris, pas d’acquittement pour la femme battue. Jacqueline Sauvage. Condamnée en appel une deuxième fois par la justice phallocrate.

En tant que féministes, nous avons un travail énorme à faire pour que la justice prenne en compte la violence masculine et l’égalité femmes-hommes dans ses verdicts. Et d’ailleurs, pourquoi les avocats généraux sont-ils quasi toujours des hommes ?

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Procès en appel de Jacqueline Sauvage : « Sa vie a été sa prison »

Cela se passe en France … Pas en Iran. Sa condamnation, il y a tout juste un an, à 10 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de son mari violent, m’indigne autant que celle de Rehyaneh Jabbari. Les femmes tuant leurs agresseurs écopent de lourdes peines tandis qu’à l’inverse, les auteurs de féminicides écopent de peines légères voire, d’un simple sursis. 

Jacqueline Sauvage, qui vivait en état de terreur permanente a rassemblé un certain jour, un fond de courage pour se protéger et protéger ses enfants. Elle a été jugée paru UNE juge, qui malgré les violences quotidiennes, les brutalités et l’alcoolisme dévastateurs du mari, n’aura retenu que sa passivité comme motif de sa culpabilité : elle n’a pas réagi dans l’instant où elle était battue. La légitime défense a donc été exclue. 

La plupart du temps, ce sont les femmes qui meurent sous les coups de leurs conjoints. On sait que les femmes qui tuent leur compagnon, le font majoritairement pour se défendre. En militant contre les violences faites aux femmes et pour les droits humains en général, il est évident qu’on ne peut encourager à tuer, même un conjoint violent pour s’en libérer. Sauf qu’il est toujours plus simple de parler à la place des autres… Qu’aurions-nous fait à la place de Jacqueline Sauvage ? Je vous le demande ? Personne n’en sais rien.

Jacqueline Sauvage n’a pas tué « l’homme de sa vie » sous le coup d’une colère. Jacqueline Sauvage n’est pas non plus une psychopathe digne d’un roman noir.  Jacqueline Sauvage est une femme battue comme il en existe des milliers d’autres. Battue pendant près d’un demi-siècle, soit 47 années passées sous les coups de violences conjugales. 

Comme Rehyaneh Jabbari condamnée à mort par la justice patriarcale des mollahs, qui a vu sa vie basculer le jour où elle s’est défendue de son violeur en le tuant, Jacqueline Sauvage s’est elle aussi défendue, au lendemain du suicide de son fils, pour mettre un terme à ses souffrances et à celles de ses enfants.

Ce verdict de 10 ans de prison est hors propos et dénué d’intérêt. Il n’aidera pas Jacqueline Sauvage à se reconstruire, à envisager un avenir fait par d’autres images qui donnent du sens à la vie. La justice doit se prononcer enfin en faveur des victimes qui vivent un tel calvaire et non en faveur de leurs agresseurs. Le sursis ou l’acquittement auraient du s’imposer pour Jacqueline Sauvage.

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journaldesfemmes.com, 1/12/2015

Le procès en appel de Jacqueline Sauvage s’est ouvert à Blois. Condamnée à 10 ans de prison pour avoir abattu son mari violent et incestueux en première instance, la femme de 68 ans espère une peine moins lourde.

Dix ans de réclusion criminelle. Voilà le verdict qui avait été rendu il y a tout juste un an à l’encontre de Jacqueline Sauvage, par la Cour d’Assises du Loiret. L’accusée avait alors été reconnue coupable du meurtre de son mari, abattu de trois coups de fusil dans le dos, après avoir subi ses violences pendant 47 ans. Une décision de justice qui avait scandalisé l’opinion publique, pour qui le verdict était trop sévère. Jacqueline Sauvage avait fait appel de sa condamnation. Son second procès s’est ouvert mardi 1erdécembre 2015 à Blois.

Au moment de son premier passage devant la justice, cette femme avait touché la presse avec son histoire. Jacqueline Sauvage a vécu l’enfer pendant presque cinquante ans. Elle a partagé la vie d’un homme qui la battait, qui violait ses filles et martyrisait son fils. Ce dernier s’est d’ailleurs suicidé quelques heures avant que sa mère ne passe à l’acte.

Son comportement distant et quelques questions restées en suspend sur le jour du meurtre n’avaient pas permis de reconnaître la légitime défense en première instance. Pour ce deuxième procès, ses avocates, spécialistes des droits des femmes, espèrent arriver à convaincre la justice que Jacqueline Sauvage a d’abord agi pour sauver sa vie et celle de ses enfants.

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Note :
La question qui revient indéfiniment : « Mais pourquoi n’est-elle pas partie plus tôt ? » C’est vrai, c’est si simple ! Pourquoi les femmes ne quittent pas leur mari dans une situation de violence conjugale ? :
  • Elles perdent l’estime de soi. 
  • Bien souvent elles dépendent économiquement de ce conjoint.
  • L’ambivalence envers l’agresseur.
  • La peur de représailles.
  • L’intérêt des enfants.
  • La peur de la solitude.
  • Le manque de solution de rechange.
  • La peur de la désapprobation des proches.
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9 réflexions sur “Procès en appel : Jacqueline Sauvage condamnée

  1. Presque toutes les raisons citées en note se retrouvent dans ce dossier (Le père avait à son nom une entreprise employant aussi sa femme et ses enfants). Cette sentence scandaleuse m’avait incité à écrire un texte et à ouvrir mon blog pour le publier : https://singuliermasculin.wordpress.com/2014/11/16/quelques-observations-sur-le-proces-recent-aux-assises-du-loiret-une-epouse-a-tue-son-mari-dominateur-et-pere-incestueux/

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  2. Les victimes, ce sont les enfants de cette génitrice qui a toujours protégé et soutenu son homme qu’elle avait « dans la peau », ce sont ses propres mots. Elle a fini par avouer du bout des lèvres, au moment du procès, que ses filles lui avaient parlé de ce qu’elles subissaient -des pénétrations-. Dix ans de prison -la moitié sans doute effectuée- c’est bien peu payé pour cette ignoble lâcheté. Un fils suicidé, deux filles violées -que peut être leur vie après une telle horreur ?-, une quatrième enfant vivant dans une atmosphère de violence, et aucun d’entre eux n’a choisi ce destin alors que Jacqueline Sauvage, soutenue par sa famille, aurait pu les mettre à l’abri. Une femelle animale se bat jusqu’à la mort pour défendre ses petits. Pas madame Sauvage, qui trop amoureuse de leur géniteur.

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