Viol en direct sur Facebook : la vidéo ne va « pas à l’encontre de nos standards »

La vidéo du viol d’une jeune femme est restée en ligne plusieurs heures sur Facebook malgré de nombreux signalements. Un viol filmé et publié pratiquement en direct, ce n’est pas grave… Facebook qui refuse que l’on montre un sein. 

Donc les deux hommes ont eu largement le temps de vanter leurs exploits sur les réseaux sociaux pendant que la jeune femme violée était prostrée dans un coin de l’appartement à ce moment là. 

Osez le féminisme !  a publié dans la foulée un communiqué : Viol filmé et diffusé sur internet :l’importance de reconnaître et punir le « Revenge Porn ».

Fort heureusement, on peut compter sur Libé pour nous sauver la vie. Libé qui nomme « relation sexuelle » un viol ! Faut-il expliquer aux journalistes que violer , c’est utiliser le sexe de l’autre pour le torturer ? Qu’une « relation » sexuelle implique le consentement de toutes les parties ? Il y a une différence de nature entre le viol et la sexualité.

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Rappel : lorsqu’une personne est alcoolisée il ne peut y avoir de consentement. Les agresseurs ciblent les femmes qui ont bu car elles sont plus vulnérables et ont plus de difficultés à les repousser.

Enfin, le contre-exemple parfait : Facebook censure la Petite Sirène de Copenhague

Source : lexpress.fr :

Diffusée sur les réseaux sociaux, une vidéo d’un viol présumé d’une jeune femme est restée en ligne plusieurs heures, malgré le signalement de nombreux internautes. Facebook est dans le viseur.

Dimanche 3 janvier, une vidéo d’un viol présumé est diffusée par leurs auteurs sur Snapchat -messagerie instantanée prisée des ados- et Facebook. Sur les images, on aperçoit deux jeunes hommes -dont les visages sont masqués par des smileys- qui consomment stupéfiants et alcool. Une jeune femme est également présente. Visiblement droguée ou sous l’emprise de l’alcool, elle tente de résister aux assauts de l’un des auteurs une première fois. Puis, apparemment inconsciente, elle est vraisemblablement violée -notamment avec une bouteille- avant de subir diverses humiliations sexuelles. Le tout est accompagné de sordides commentaires oraux et écrits.  

Ce que l’on sait sur l’affaire de la vidéo de viol publiée sur Internet

La vidéo -largement relayée sur Facebook– est signalée par de nombreux internautes via l’outil du réseau social. Certains contactent directement la police, d’autres utilisent Twitter ou la plateforme Pharos. Les deux auteurs, identifiés grâce à l’analyse des images et à leurs pseudonymes sur Snapchat et Facebook, ont été interpellés lundi vers 4h du matin à Perpignan, dans l’appartement de l’un d’eux. La jeune femme de 19 ans, en état de choc extrême selon la presse locale, a été retrouvée sur place et conduite à l’hôpital.  

Selon Facebook, la vidéo ne va « pas à l’encontre de nos standards »

Si la police s’est montrée particulièrement réactive, ce n’est pas le cas de Facebook. La vidéo, diffusée dans la soirée de dimanche, n’a pas été retirée avant lundi matin. Pire, en réponse aux (nombreux) signalement, Facebook a affirmé avoir « examiné la vidéo » et estimé qu’elle « n’allait pas à l’encontre de (ses) standards de la communauté« , comme en atteste les réponses reçues et mises en ligne par des internautes qui avait préalablement signalé le contenu. 

La réponse de Facebook qui estime que, malgré les gros plans diffusés dans la vidéo, celle-ci reste "conforme".

La réponse de Facebook qui estime que, malgré les gros plans diffusés dans la vidéo, celle-ci reste « conforme ».

Et si elle a été finalement retirée, ce n’est pas par Facebook, mais parce que l’auteur qui l’avait relayée -tout en la dénonçant- en a pris l’initiative. 

Facebook explique que la vidéo a été supprimée par l'utilisateur... Qui s'est peut-être rappelé que relayer une vidéo d'agression peut rendre complice d'un délit et être sanctionné par une peine de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

Facebook explique que la vidéo a été supprimée par l’utilisateur… Qui s’est peut-être rappelé que relayer une vidéo d’agression peut rendre complice d’un délit et être sanctionné par une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

De quoi sérieusement mettre en cause le fonctionnement et la réactivité de la modération sur Facebook. Un phénomène loin d’être nouveau, autant lié à la définition des fameux « standards de la communauté » qu’au fonctionnement de la modération en elle-même, largement sous-traitée à bas coûts dans les pays asiatiques. 

Seins nus, racisme… Faut-il désespérer de la censure sur Facebook?

Le même problème s’était d’ailleurs produit un peu plus tôt dans la journée de dimanche. Cette fois, c’était un compte pédophile qui est en cause. Une douzaine d’heure plus tard, le compte est finalement supprimé par Facebook. Entre temps, les internautes n’ont pas manqué de s’indigner des premières réponses -envoyées parfois quelques secondes après un signalement- et de suspecter une probable automatisation des examens.  

Contacté par L’Express, le service presse de Facebook n’a pour le moment pas répondu à nos questions. 

Capture d'écran des deux réponses de Facebook, l'une négative envoyée vers 2h du matin, lundi 4 janvier, l'autre positive, vers 14h le même jour.

Capture d’écran des deux réponses de Facebook, l’une négative envoyée vers 2h du matin, lundi 4 janvier, l’autre positive, vers 14h le même jour.

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8 réflexions sur “Viol en direct sur Facebook : la vidéo ne va « pas à l’encontre de nos standards »

  1. « Lorsqu’une personne est alcoolisée il ne peut y avoir de consentement » : phrase toute faite, en réalité assez dangereuse. Si on ne peut être maître-sse de ses décisions quand on est alcoolisé-e, alors les violeurs peuvent-ils être considérés comme coupables ? Heureusement que si! Alors arrêtons ce genre de phrase portant une idée qui arrange bien les violeurs (et les harceleurs !) : l’alcool excuse tout…

    Pour rester sur le sujet : facebook encore au top…

    Aimé par 1 personne

    • On parle d’absence de consentement de la victime; pas d’absence de responsabilité pénale.
      En droit pénal, le fait d’avoir consommé de l’alcool n’empêche pas d’être reconnu coupable.

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  2. Il s’agit d’un crime, ce n’est donc de toute façon pas la victime qui décide de porter plainte ou non, mais le/la Procureur-e.

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  3. Coucou. Est-ce que tu peux enlever la capture d’écran stp ? C’est pas super de montrer les images de la vidéo, et le fait qu’on y voit personne n’y change rien. Les images circulent suffisamment dans les médias et la jeune femme est malheureusement suffisamment blessée comme ça.

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