Allocations chômage dégressives : le coup de trop porté aux femmes

#ViolenceEconomique

Au lieu d’inverser la courbe du chômage, le gouvernement, via sa ministre du travail (on se demande encore de quel travail il s’agit) et son ministre des finances, projette d’inverser la courbe des allocations chômage en proposant leur dégressivité pour remplir les caisses de l’Unedic, plutôt que de s’attaquer aux profits des plus riches.

Les violences économiques, on en parle peu. D’ailleurs, elles ne sont toujours pas inscrites dans la loi et nous sommes les premières concernées par le sous-emploi (temps partiels..), le chômage et la précarité. Nous percevons des salaires inférieurs à ceux des hommes et forcément, cette différence se répercute ensuite sur nos pensions retraites ou nos allocations chômage calculées sur la base de nos revenus. Sachant qu’un chômeur percevra des allocations inférieures de 75% de ses revenus antérieurs, que dire du montant de nos allocations lorsqu’elles deviendront dégressives.

« Le montant de l’allocation varie selon le montant des salaires perçus antérieurement et les modes d’activité : temps plein ou temps partiel. » (site du pôle emploi).

Nous cumulons plusieurs oppressions, plusieurs violences qui s’imbriquent les unes dans les autres. Les violences économiques peuvent influer sur la durée des violences conjugales ou freiner l’intégration donc à l’émancipation des femmes issue de l’immigration.

En voulant instaurer la dégressivité de nos allocations chômage, c’est un nouveau coup de bâton porté sur notre pouvoir de vivre. 

12633721_10208654595422233_8618753316278086_o

Lu sur le Facebook de Bob Solo

Pôle Emploi, une machine à broyer. Témoignage :

« Mon matricule de « sans dent »»

Christelle, 44 ans, est seule, sans emploi, sans pension alimentaire, avec quatre enfants à charge. Inscrite à Pôle Emploi depuis Mars 2015, elle a eu le malheur de ne pas prendre connaissance d’un rdv avec une conseillère qui lui était notifié via internet. Sentence immédiate : radiée sans préavis. Amputée du même coup de ses 680€ d’allocation chômage. En plein hiver, avec 4 enfants, sans autre revenu…

3949, petite musique, tapez 1 et temps d’attente… On laisse entendre à Christelle qu’ «au gré du bon vouloir » du directeur de Pôle Emploi et moyennant une lettre motivée en RAR, elle pouvait charitablement être « réintroduite » dans la bonne case. Elle s’exécute dans la foulée et patiente 10 jours avant de se rendre à son agence PE, accompagnée de ses enfants. Elle espère quelques nouvelles de son dossier, supposant qu’en y confrontant la réalité de « son matricule » (une famille de 4 gamins), cela pourrait accélérer les choses.

Elle explique ce qui l’amène au guichet jusqu’à ce qu’une conseillère la rejoigne et lui interdise d’enregistrer l’échange. Christelle s’exécute et range son téléphone. Loin de répondre à ses interrogations, la conseillère rappelle à la mère de famille ses droits, et surtout ses devoirs, de chômeuse envers « son employeur Pole Emploi » (si si!), et lui enjoint d’attendre les réponses par courrier plutôt que rencontrer la directrice. Tout est calme pendant cet échange dont les enfants sont témoins.

Mais ça n’en reste pas là. Pôle Emploi contre-attaque, monte d’un cran, se lance dans les représailles.

Christelle raconte : « 10 jours passent jusqu’à réception d’un courrier émanant du directeur adjoint régional. J’y apprends que mon attitude lors de ma dernière visite à l’agence avait été jugée « inacceptable », que je m’étais « énervée » et que j’avais voulu filmer cette entrevue. Pour toutes ces raisons, je suis informée que PE a déclenché contre moi une procédure au pénal avec dépôt de plainte auprès du procureur de la République. On me précise que je suis persona non grata dans les locaux de Pôle Emploi pendant un mois. Je me vois convoquée à la gendarmerie 15 jours plus tard. On y prend mes empreintes, des photos sous toutes les coutures. Me voilà fichée. Bref interrogatoire d’un gendarme désabusé face à la situation et qui aurait bien d’autres chats à fouetter. Il énonce clairement que cette plainte est vide, malsaine, dénuée de sens et de preuves et qu’il y perd son temps. »

Voilà donc le traitement réservé aux chômeurs, aux précaires, aux plus démunis, aux « sans dents », dans la France PS de 2016, la France du MEDEF triomphant et du banquier Macron, de l’état d’urgence prolongé. Le cas de Christelle n’est hélas pas rare. Les associations et coordinations locales et nationales recensent et dénoncent de plus en plus d’abus de pouvoir, de mesures de rétorsion, de mépris, etc.

Faute de combattre le chômage, « l’ennemi de la finance » fait la chasse aux chômeurs.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s