Les sénateurs ne se sentent pas concernés par le harcèlement dans les transports

Rejet par le Sénat de mesures destinées à lutter contre les violences sexistes dans les transports en communs. 

100% des femmes ont été victimes de harcèlement dans les transports en commun* 100%, mais ce n’est pas leur problème.

Les sénateurs ne se sentent ni concernés par le harcèlement dans les transports, ni par le transport public tout court sans doute. Un autre train de vie. Ces messieurs se déplacent en véhicules particuliers avec chauffeurs et n’aspirent pas vraiment à ce qu’on leur saute dessus.

« Sénateurs, vous qui ne prenez visiblement pas plus le métro que vous ne mettez de tampons, on en parle de l’article 14 ? »

Si les sénateurs ne se sentent pas concernés, nous sommes par compte cernées par des cons qui ne jugent pas opportun de protéger les 52% de la population.

L’article 14 de la proposition de loi relative à la sureté dans les transports publics de voyageurs n’est pas encore mort. Le projet de loi sera à nouveau examiné le 10 février prochain devant une commission mixte, composée de députéEs et de sénateurs-trices.

Pour faire entendre nos voix d’ici le 10 février, exprimons notre révolte à travers le hashtag #HarcèlementAgissons, afin de rendre compte publiquement de notre quotidien dans les transports.

Pétition : Harcèlement de rue : n’attendons plus pour réagir

Plus précisément, l’article 14, c’est quoi ?

Harcèlement dans les transports : Messieurs les Sénateurs, il serait temps d’ouvrir les yeux

Harcèlement dans les transports : Messieurs les Sénateurs, il serait temps d’ouvrir les yeux

marieclaire.fr

Messieurs les Sénateurs, il serait temps d’ouvrir les yeux

Alors que la proposition de loi relative à la sureté dans les transports publics de voyageurs, adoptée le 17 décembre par l’Assemblée nationale, entendait elle aussi lutter contre le harcèlement dont nous, les femmes, sommes quotidiennement victimes, nos Sénateurs ont décidé de faire l’impasse sur ce sujet.

L’article 14 du projet de loi – prévoyant la mise en place de plusieurs dispositifs afin de lutter contre le harcèlement sexiste dans les transportsa tout bonnement été supprimé par le Sénat. Et ce au prétexte que le harcèlement sexuel est déjà, dans la loi, considéré comme un délit. Une loi supplémentaire, consacrée exclusivement au harcèlement dans les transports, ne serait donc pas – du moins aux yeux de nos Sénateurs – une véritable nécessité.

Des harceleurs conscients qu’ils ne risquent rien

L’article 14 prévoyait pourtant la mise en place de deux outils de lutte contre le harcèlement dans les transports. Un premier outil permettant de recenser les cas de harcèlement et les actions concrètes mises en place pour lutter contre ce phénomène. Un second prévoyant la formation des services internes de sécurité afin de leur apprendre à repérer les harceleurs (et notamment les frotteurs) dans les transports ainsi que leur donner une méthode concrète pour s’adresser et accueillir les victimes de harcèlement.

Un article de loi indispensable, quand on pense à l’inefficacité du système actuel en matière de lutte contre le harcèlement. Comme l’explique dans un communiqué Marie Le Vern, députée de Seine-Maritime et responsable pour le groupe Socialiste Républicain et Citoyen du projet de loi, « Ces harcèlements sont difficiles à consacrer juridiquement : ils ne sont pas des délits pénalement punis contrairement aux atteintes physiques, aux injures, aux menaces… Difficiles à définir, difficiles à détecter, ils échappent aux grilles classiques de la lutte contre la délinquance ».

Crédits : PHOTOGRAPHY BY BERT.DESIGN / Getty Images

Crédits : PHOTOGRAPHY BY BERT.DESIGN / Getty Images

Cette inefficacité, messieurs les Sénateurs, nous les femmes (majoritairement concernées par ce phénomène) la constatons tous les jours en prenant les transports en commun pour nous rendre au travail, à un concert, au restaurant… Que l’on soit en jean, en jupe, en baskets ou perchées sur des talons hauts. Des mains baladeuses, des insultes… De l’intimidation à l’état brut venant d’hommes savant pertinemment qu’ils ne risquent rien de concret aujourd’hui en harcelant une femme dans les transports. Ces hommes se croient tout permis, car ils ne sont jamais intimidés ni dissuadés par notre système judiciaire actuel.

Et pour cause. Qu’est-il arrivé à l’homme qui, quand j’avais 17 ans, m’a poursuivie dans plusieurs rames du RER D, refusant de me laisser tranquille jusqu’à ce qu’un autre homme finisse par intervenir ? Ou bien à celui qui a poussé violemment mon amie, qui avait eu l’audace de prendre la défense de la femme qu’il était en train d’insulter depuis plusieurs (longues) minutes car elle refusait de lui donner son numéro de téléphone ? Et à celui qui, profitant de la foule, s’est frotté contre ma collègue dans la ligne 13 du métro Parisien pendant 7 longues stations ? Rien. Ces hommes continuent probablement d’agir comme ils l’ont fait ce jour-ci, malgré nos plaintes rapidement tombées dans l’oubli général.

Le Sénat est aujourd’hui composé de 91 sénatrices et de 257 sénateurs**. Je ne connais pas le pourcentage de sénateurs utilisant quotidiennement les transports en commun, et ayant pu constater de leurs yeux le harcèlement dont les femmes sont victimes. Mais je ne suis pas sûre qu’avoir expérimenté ce fléau par soi-même soit nécessaire pour avoir envie de protéger les 51% de femmes qui composent la population française.

Aux armes citoyennes

Si le Sénat a supprimé l’article 14 de la proposition de loi relative à la sureté dans les transports publics de voyageurs, ce dernier n’est pas encore mort. Le projet de loi sera à nouveau examiné le 10 février prochain devant une commission mixte, composée de député(e)s et de sénateurs(trices). Pour faire entendre nos voix d’ici le 10 février prochain, le pureplayer féminin Madmoizelle propose d’exprimer notre révolte à travers le hashtag #HarcèlementAgissons, afin de rendre compte du quotidien des femmes dans les transports.

Sans titre

Une initiative qu’on ne peut que souligner et vous encourager à suivre. Pour que notre gouvernement prenne à bras le corps la question de la sécurité des femmes dans les transports. Et que nous n’ayons enfin plus peur en montant dans le métro.

* Source : Rapport du Haut conseil à l’égalité hommes-femmes, avril 2015.
** Source : www.senat.fr

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