Les femmes sont plus nombreuses à demander une augmentation, mais moins à en obtenir

Si les salariées gagnent en moyenne 25% (1) de moins que leurs collègues, on observe aussi une inégalité femmes-hommes dans les négociations pour les augmentations de salaires. 

Selon une étude de RegionsJob, 31% des hommes ont bénéficié d’une augmentation de salaire en 2015, contre 25% des femmes, alors qu’elles sont plus nombreuses à l’avoir demandée, à 41%, contre 39% pour les hommes.

Si la technique pour demander une hausse de salaire est identique entre les deux sexes, il persiste des différences notables de comportements entre les hommes et les femmes. 67% des femmes déclarent ne pas avoir négocié leur salaire avant leur prise de poste, contre 51% des hommes :

«Les femmes grandissent dans un registre de “petite fille modèle” transmis implicitement par l’éducation. Par conséquent, la soumission à l’autorité ne les pousse pas à négocier».

Et en cas de désaccord, les femmes sont plus enclin à céder, 39% contre 21% pour les hommes, qui mettent un terme au processus de recrutement, si le salaire négocié n’est pas suffisant :

«Pour les hommes la négociation du salaire constitue un exercice de virilité alors que les femmes n’osent pas revendiquer de l’argent, au titre qu’il s’agit d’un attribut de pouvoir, qui pourrait les identifier à des hommes».

Négocier aurait donc un rapport avec la virilité et un homme obtiendrait davantage de satisfaction dans les négociations pour l’augmentation de son salaire, qu’une femme qui n’insistera pas davantage. La discrimination vient donc à la fois des entreprises et des comportements genrés inculqués aux femmes qui se sous-estiment systématiquement.

Le poids de la construction sociale (patriarcale) se répercute sur les carrières.  La solution est dans la déconstruction de ce modèle. Une tâche titanesque puisque les hommes possèdent le pouvoir politique, économique, idéologique. Les impliquer dans ce changement ? Mais qu’ont-ils à gagner ? Est-ce que cela les intéressent vraiment de partager leurs pouvoirs avec nous ? A mon avis, pas tant que ça puisqu’il seraient contraints, d’une manière ou d’une autre, à se délester de leurs avantages professionnels et familiaux auxquels ils tiennent tant..

L’injustice est aussi renforcée par le fait que les femmes devraient percevoir un salaire supérieur à celui des hommes car globalement, elles sont mieux formées, plus expérimentées et plus productives dans les pays européens. Donc négocier pour un dû ?

Le principe de l’égalité de salaire entre les hommes et les femmes est inscrit dans la loi depuis plus de 40 ans. Mais dans les faits on en est loin. Si la loi est si peu respectée, c’est parce que les partenaires sociaux, syndicats de salariés et d’employeurs, ne se sentent tout simplement pas concernés. Les uns se mobilisant sur d’autres luttes, les autres ne voulant débourser le moindre centime, car cette mesure serait trop lourde financièrement pour leur entreprise, disent-ils. Et pour nous, vivre une discrimination de plus et un quotidien difficile, ce n’est pas trop lourd ? 

Faut pas rêver à l’égalité salariale livrée sur un plateau par des centrales dominées par les hommes qui s’alignent sur les directives du patronat. Une forme manifeste de ségrégation économique et professionnelle, donc une forme de violence passive, non reconnue par la loi, assumée et impunie.

Puisqu’on nous vole notre autonomie (financière) en nous précarisant, il va falloir l’arracher soi-même, cette égalité salariale et professionnelle, sinon rendez-vous en 2095.

 A bas le patriarcat !

Crédit photo : Jeff Pachoud / AFP

Crédit photo : Jeff Pachoud / AFP

Selon une étude de RegionsJob, publiée ce vendredi, 31% des hommes ont bénéficié d’une augmentation de salaire en 2015, contre 25% des femmes.

L’égalité entre hommes et femmes au travail semble encore bien loin d’être acquise. En effet, un tiers des hommes ont obtenu une augmentation de salaire, en 2015, contre un quart des femmes, selon une enquête réalisée par RegionsJob. Pourtant, elles sont plus nombreuses à avoir demandé une hausse de leur rémunération l’année passée, à 41%, contre 39% pour les hommes. Paradoxalement, l’étude souligne également que les deux sexes recourent à la même technique pour demander une hausse de salaire, en donnant «une fourchette de salaire attendu».

Des inégalités salariales entre les hommes et les femmes dès le début de la carrière

Le Forum économique mondial soutient qu’il faudra d’attendre 2095 pour atteindre l’égalité salariale. Mais comment expliquer que ces disparités persistent ? «Nous observons des différences notables de comportements entre les hommes et les femmes», explique au Figaro David Beaurepaire, responsable développement et stratégie de RegionsJob.

La négociation du salaire, «un exercice de virilité» pour les hommes

En effet, 67% des femmes déclarent ne pas avoir négocié leur salaire avant leur prise de poste, contre 51% des hommes. «Les femmes grandissent dans un registre de “petite fille modèle” transmis implicitement par l’éducation, explique au Figaro Laurence Dejouany, psychologue et auteur de Les femmes au piège de la négociation salariale ou Comment demander de l’argent à son patron sans le fâcher . Par conséquent, la soumission à l’autorité ne les pousse pas à négocier».

En cas de désaccord, les femmes sont même plus enclines à céder : 39% finissent par «accepter le salaire proposé», contre 21% des hommes seulement. De leur côté, les hommes se révèlent plus impatients: 20% d’entre eux mettent un terme au processus de recrutement si la rémunération négociée est insatisfaisante à leurs yeux. Les femmes sont deux fois moins à choisir cette option. «Pour les hommes la négociation du salaire constitue un exercice de virilité, soutient Laurence Dejouany. Les femmes, à l’inverse, n’osent pas revendiquer de l’argent, au titre qu’il s’agit d’un attribut de pouvoir, qui pourrait les identifier à des hommes».

De manière plus générale, l’étude met en évidence que «le salaire reste un sujet tabou au sein des entreprises françaises», souligne David Beaurepaire. 43,2% des personnes interrogées n’ont jamais osé demander d’augmentation salariale au cours de leur carrière. Pour Laurence Dejouany, la responsabilité de ce tabou incombe aux entreprises qui ne souhaitent pas que «leurs employés ne se mêlent» de leur politique interne. lefigaro.fr

(1) Précision importante : en prenant en compte l’effet temps-partiel (subi par la majorité des femmes), l’écart reste à 24,5%.
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2 réflexions sur “Les femmes sont plus nombreuses à demander une augmentation, mais moins à en obtenir

  1. Article très intéressant puisqu’on renvoie souvent à la gueule des femmes quand elles arguent des inégalités salariales, que c’est de leur faute, parce qu’elles ont tendance à moins demander d’augmentations que les hommes… ce qui est, de nouveau, un argument fallacieux!

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