Discrimination à l’embauche : recrutées sur des critères physiques et non pour leurs compétences

Discriminations à l’embauche – #grossophobie 

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Le rapport du Défenseur des droits et l’OIT  (portant sur un échantillon de 998 demandeurs d’emploi âgés de 18 à 65 ans) confirme toujours les mêmes discriminations à l’embauche des femmes. Elles sont recrutées sur des critères physiques et non pour leurs compétences. 

« 20 % des demandeurs d’emploi obèses et 5 % de ceux en sur-poids, disent avoir été discriminés à l’embauche en raison de leur apparence physique. »

Encore faut-il le savoir. Quel employeur vous dira qu’il ne vous a pas recruté parce qu’il vous trouve moche, grosse ou pas assez pulpeuse ? Aucun. Parce que c’est interdit et qu’on peut saisir la justice (4.2% des demandeurs d’emploi).

« 10 % des femmes contre « seulement » 6 % des hommes au chômage déclarent avoir été discriminés à l’embauche à cause de leur apparence physique qui peut être liée à des caractéristiques physiques innées ou apparues, non modifiables » (les traits du visage, la silhouette, la corpulence, la couleur des yeux, de la peau, ou le handicap visible).

Les femmes obèses ont 8 fois moins de chance d’être recrutées que celles ayant une IMC dans la norme et celles en sur-poids, 4 fois moins de chance. Les femmes ayant un style atypique sont également 8 fois plus discriminées que celles ayant un style classique ou décontracté (vêtements, coiffure, tatouages, piercings…).

Il existe un dépliant visant à mieux les définir.

Les discrimination physiques à l’embauche se cumulent avec d’autres critères comme l’origine ethnique, l’âge, donc le sexe, l’identité de genre ou encore, le handicap, l’état de santé ou la grossesse, le statut marital et le nombre d’enfants ( les 3 derniers critères constatés à titre personnel, ne sont pas mentionnés par l’étude).

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20minutes.fr

Discriminations: Pourquoi est-il plus difficile de trouver et de garder un travail quand on est gros ?

EMPLOI D’après le baromètre du Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du Travail révélé ce lundi, 20 % des demandeurs d’emploi obèses disent avoir été discriminés à l’embauche…

Une souffrance qui s’exprime enfin. D’après le baromètre* du Défenseur des droits et l’Organisation Internationale du Travail sur la perception des discriminations dans l’emploi révélé ce lundi, 20 % des demandeurs d’emploi obèses et 5 % de ceux en surpoids, disent avoir été discriminés à l’embauche en raison de leur apparence physique. « Et le contexte de crise et de concurrence exacerbée entre les demandeurs d’emploi ne fait qu’aggraver le phénomène », estime Jacques Toubon, le Défenseur des droits.

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Une exclusion que subissent plus fortement les femmes au chômage : 34 % des femmes obèses et 11 % de celles en surpoids estiment avoir été discriminées, contre 25 % des hommes obèses et 6 % de ceux en surpoids. « C’est la preuve que la pression sociale concernant l’apparence physique est plus forte sur les femmes », souligne le sociologue, Thibault de Saint Pol.

C’est généralement lors de l’entretien que cette discrimination a lieu (dans 82 % des cas). « Il arrive très souvent que la candidate passe le cap de la sélection sur CV, qu’elle ait un bon feed-back au téléphone, mais qu’une fois devant le recruteur, celui-ci lui explique qu’elle ne correspond finalement pas du tout au profil recherché », témoigne Sylvie Benkemoun, vice-présidente du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids, qui a accompagné de nombreuses femmes ayant vécu cette situation au sein de l’association Allegro Fortissimo.

Les stéréotypes bien ancrés des recruteurs

Une situation qui s’explique par une vision très stéréotypée de certains emplois chez les recruteurs, selon Thibaut de Saint Pol : « Chaque métier correspond à des représentations physiques dans l’imaginaire collectif. On imagine un boucher plutôt rond, contrairement à une hôtesse d’accueil », souligne-t-il. Ce qui explique qu’il est souvent très difficile aux personnes corpulentes d’accéder à des postes en contact avec la clientèle.

Par ailleurs, « certains recruteurs associent inconsciemment des aspects physiques à des traits de caractères. L’obésité apparaît ainsi, comme un signe de paresse pour certains. Le gros étant celui qui n’a pas la volonté de maigrir, donc qui ne peut pas occuper un poste de chef », explique le sociologue. De son côté, Sylvie Benkemoun estime que ces a priori trouvent leur fondement dans l’histoire : « Le surpoids renvoie au péché de gourmandise. Donc inconsciemment, les recruteurs pensent que le gros, c’est celui qui va piquer dans l’assiette de son voisin ». Selon elle, la discrimination envers les obèses s’explique aussi par le dégoût physique éprouvé par certains recruteurs : « pour eux, l’obèse est celui qui transpire l’été et qui s’essouffle facilement ».

Ces discriminations à l’embauche peuvent être lourdes de conséquences : « Ceux qui ont du mal à trouver un emploi vont vouloir perdre du poids très rapidement, avec le risque de mettre leur santé en danger. D’autres vont renoncer à chercher un emploi et se précariser, en ne survivant qu’avec des aides sociales », observe Sylvie Benkemoun.

Quant aux personnes corpulentes qui trouvent un emploi, elles ne sont pas sorties d’affaire pour autant. « Certaines acceptent des postes sous-qualifiés par rapport à leur niveau de diplôme », constate Sylvie Benkemoun. « Plusieurs études montrent aussi qu’elles ont moins de promotions que leurs collègues minces, davantage de difficultés relationnelles au travail et qu’elles sont plus souvent sujettes à des ruptures de contrat », souligne Thibaut de Saint Pol.

Peu de victimes se défendent

Des injustices qui sont rarement dénoncées par ceux qui les subissent. « Les situations sont dévalorisantes pour les victimes, qui ont tendance à ne pas vouloir en parler », observe Thibaut de Saint Pol. Et à force d’être fustigés depuis des années pour leur tour de taille, certains ont intégré ces critiques, au point de se sentir responsables de leur situation. « Ils se sentent coupables d’être gros », résume Sylvie Benkemoun. D’ailleurs, selon l’étude du Défenseur des droits, presque 4 femmes sur 10 et un homme sur deux considèrent qu’il est « acceptable » de ne pas embaucher quelqu’un en raison de son poids dans certaines situations.

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Rares sont ceux qui sollicitent des associations ou le Défenseur des droits pour être défendus. « D’autant que ces discriminations sont dures à objectiver », estime Thibaut de Saint Pol. Pourtant, les discriminations sont bien considérées comme illégales depuis la loi du 16 novembre 2001, dans laquelle le critère de l’apparence physique figure. Et selon le code pénal, un employeur reconnu coupable de tels agissements risque 45.000 euros d’amende et trois ans de prison.

Un début de prise de conscience

Conscient du problème, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a annoncé le 5 février, le lancement d’une grande campagne de « testing » pour la fin du premier trimestre, afin d’identifier les éventuelles pratiques discriminatoires des entreprises. Reste que selon Sylvie Benkemoun : « Il y a urgence à sensibiliser les recruteurs sur les discriminations liées à l’apparence physique ».

Pionnier dans le domaine, le groupe Casino a récemment sorti un guide sur le sujet à l’attention de ses recruteurs. Pour faire avancer le sujet, l’Association Française des Managers de la Diversité a aussi conçu une vidéo didactique sur le sujet. Un bon début.

*Etude réalisée sur un échantillon de 998 demandeurs d’emploi âgés de 18 à 65 ans, représentatifs de la population des demandeurs d’emploi interrogés par questionnaire auto-administré en ligne du 27 octobre au 18 novembre 2014.
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