Equations, nombres complexes et théorèmes : c’est aussi pour les filles !

A cause des stéréotypes de genre, les filles sont sous-représentées dans les filières scientifiques.

Animath et Femmes & Mathématiques organisent des journées pour les collégiennes et lycéennes dont le but est de rencontrer des mathématiciennes, des femmes ingénieurs ou des doctorantes pour se projeter vers des métiers liés aux maths, quelque soit le milieu social.

Les filles sont désormais plus de 41% à suivre une terminale scientifique contre 33% seulement en 1994. Mais elles ne sont plus que 27% à poursuivre vers une formation d’ingénieur et 30% en classes prépa scientifiques.

Deux modèles : Interview de Sylvia Serfaty et Nalini Anantharaman, les deux premières femmes mathématiciennes lauréates en 2012 du prix Henri-Poincaré qui récompense des travaux en physique mathématique.

formula math © willypd

formula math © willypd

Villetaneuse (France) (AFP) – Sur le campus d’une université francilienne, des enseignantes de mathématiques tentent de convaincre des adolescentes de Seine-Saint-Denis que les maths, c’est aussi pour les filles. Au programme : bousculer les stéréotypes, attiser les ambitions et présenter concrètement les métiers scientifiques.

Les collégiennes et lycéennes venues de plusieurs établissements de cette banlieue parisienne défavorisée assistent à une pièce de théâtre qui égrène les idées reçues sur la capacité des filles à suivre des études de mathématiques et assumer des responsabilités professionnelles.

« L’idée, c’est que les femmes sont trop faibles pour faire quelque chose de complexe! », réagit l’une des jeunes spectatrices lors de la séance de commentaires. « La pièce nous montre la réalité », estime Kajenthini, 14 ans, en 3ème dans un collège de Champigny-sur-Marne. « C’est ce que j’entends parfois dans ma famille. J’ai compris que ça ne se passe pas que chez moi ».

Depuis l’automne, une fois par mois, les associations Animath et Femmes et mathématiques organisent des sessions, surtout en région parisienne, pour encourager les adolescentes à se lancer dans des filières matheuses au lycée et poursuivre dans cette voie après le bac.

De plus en plus de filles optent pour ces études mais on partait de très bas. Véronique Slovacek-Chauveau, prof de maths à la retraite et à l’initiative de ces journées créées en 2008, se souvient de ses débuts dans l’enseignement: « dans ma classe de terminale scientifique spécialité maths, j’avais seulement deux filles sur 35 élèves ». Une situation équivalente à ce qu’elle avait connu lorsqu’elle était elle-même lycéenne.

Si les filles représentent désormais plus de 41% des effectifs en terminales scientifiques (contre 33% seulement en 1994), elles ne sont plus que 27% à suivre une formation d’ingénieur et 30% en classes prépa scientifiques, selon le rapport du ministère de l’Education « Filles et garçons sur le chemin de l’égalité », paru en 2015.

– « Une affaire d’hommes » –

« Notre société est pleine de stéréotypes. Les mathématiques sont associées à la logique, la rigueur, la capacité à résoudre les difficultés », souligne Mme Slovacek-Chauveau. Des qualités « considérées comme une affaire d’hommes ».

« C’est en partie dû à l’environnement familial, qui pousse plus naturellement les garçons à faire S. Tandis que la fille, on lui laisse le choix », renchérit Florence Fleury, prof de maths, qui accompagne des élèves du lycée de Vaujours (Seine-Saint-Denis).

« Une fille a plus de chances de faire des études scientifiques quand elle a dans son environnement des femmes scientifiques », note Gwenola Madec, prof de maths à l’université de Paris XIII (Villetaneuse), qui accueille cette session de février. Un cas de figure moins fréquent pour les adolescentes des banlieues populaires.

« Certains parents n’ont pas l’énergie d’accompagner leurs enfants vers les études. Notre but à l’issue de ces journées, c’est que les jeunes filles se disent: +c’est aussi pour moi, je peux le faire+ », ajoute la prof d’université.

Les animatrices de cette journée veulent permettre aux filles de se projeter dans des métiers qu’elles connaissent très peu. Lors de « speed-meetings » (des tables rondes d’une quinzaine de minutes), les ados discutent avec des mathématiciennes, des femmes ingénieurs ou des doctorantes qui évoquent avec enthousiasme leur métier et leur parcours d’études. Et leur expliquent qu’avec les maths, elles trouveront toujours du travail.

« Je n’avais jamais rencontré de mathématicienne », se réjouit Asta, 14 ans et en classe de 3ème. « Je ne savais pas qu’il y avait autant de métiers liés aux maths. Partager avec des femmes qui ont de l’expérience, ça booste! ».

tempsreel.nouvelobs.com

Prochaines dates : Le 10 mars à l’Ecole Polytechnique de Palaiseau (91), pour les jeunes filles de 1ere et Terminale S scolarisées en Ile de France. Le 17 mars à Lyon, pour les jeunes filles de l’académie de Lyon, scolarisées en 1ere S. D’autres dates seront prochainement fixées en mars, avril et mai à Nevers, Bordeaux, Toulouse et Montpellier.

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