Seulement 4% des pères français prennent un congé parental

Un rapport de l’OCDE publié le 2 mars montre que les hommes se sentent encore peu concernés par le congé de paternité à cause de répercussions professionnelles et financières. Les femmes gagnent moins que les hommes (15% en moyenne dans le monde), ce qui implicitement les force à rester chez elles. L’inégalité salariale induit donc l’inégalité observée dans les taches familiales. 

Prendre un congé parental n’est pas une évidence. On savait déjà que les pères prennent largement moins de congés parentaux que les mères. En France en 2014, les femmes représentaient 96% des congés après l’accouchement et le gouvernement s’est efforcé dencourager les pères, qui ont obtenu ce droit en 2002, à prendre leur part. 

L’introduction du congé rémunéré a donc un effet probant : deux fois plus de femmes choisissent encore de cesser de travailler pour s’occuper de l’enfant après la naissance. 

Autre étude, autre observation. Les recherches de Maya Rossin-Slater, de l’université de Californie de Santa Barbara, tendent à prouver que les hommes qui travaillent avec beaucoup de femmes sont plus à même d’utiliser leur droit. Dans un univers professionnel féminin, le fait de prendre des congés parentaux serait plus courant et donc banalisé.

Mais un point encore plus flagrant ressort de l’étude du NBER (Bureau national de recherche économique), un institut américain indépendant. Le congé paternité est 50 % plus marqués chez les pères ayant un fils que chez ceux ayant une fille :

« D’abord, il se pourrait que les pères considèrent plus utile de passer du temps avec leur fils qu’avec leur fille. Ensuite, il se peut que les parents considèrent que le temps paternel passé à s’occuper des garçons est relativement plus productif que celui consacré aux filles. »

Donc on aura beau pointer du doigt l’école qui scinde les activités en fonction du sexe de l’enfant, il n’en demeure pas moins que l’importance accordée aux garçons au détriment des filles, commence dès le berceau et ceci, dans le foyer.. et influe sur le congé de paternité.

Photo iStock

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Alors que le congé parental rémunéré des pères est de plus en plus promu et existe désormais dans 23 des 34 pays de l’OCDE, ceux-ci restent très peu nombreux à l’utiliser, selon une étude de l’OCDE, dont les résultats ont été publiés mercredi 2 mars.

En réalité, « si les hommes prennent habituellement quelques jours de congé paternité juste après la naissance de leur enfant, seuls les plus motivés et les plus courageux utilisent leur droit à un congé parental plus long », relève l’étude. Concrètement, dans de nombreux pays les pères représentent « moins d’un bénéficiaire du congé parental sur cinq ». Leur part peut atteindre « 40% voire plus dans certains pays nordiques et au Portugal », mais elle n’est que d’« un sur cinquante en Australie, en Pologne et en République tchèque », observe l’enquête.

Peur des répercussions sur leur carrière

« La bonne nouvelle » est qu’en moyenne, l’utilisation du congé parental par les hommes augmente. En Finlande, leur part a doublé entre 2006 et 2013, tandis qu’en Belgique elle a progressé de près de dix points au cours de la même période. En revanche, quelques pays ne connaissent qu’une évolution limitée. Les pères autrichiens et français ne représentent que 4% des parents qui prennent un congé parental, soit à peu près la même proportion… qu’il y a dix ans environ. 

Une réforme a pourtant modifié en janvier 2015 la durée du congé parental en France dans l’objectif, selon le gouvernement, de mieux le répartir entre les deux parents. Il est passé de six mois à un an pour un premier enfant, à condition que les deux parents le prennent. À partir du deuxième enfant, sa durée reste de trois ans s’il est partagé (deux ans pour un parent, un an pour l’autre). 

Pourquoi les pères sont -ils si frileux à l’idée de prendre un congé parental ? Par peur des répercussions sur leur carrière, souligne l’étude. Au Japon et en Corée du Sud par exemple, très peu de pères prennent l’année de congé rémunéré à laquelle ils ont droit. Le frein peut aussi être financier : si la mère gagne moins que le père – et l’écart moyen des salaires dans l’OCDE est d’environ 15% au détriment des femmes – ce dernier est fortement incité à continuer de travailler. 

Pour augmenter la part des hommes en congé parental, des périodes plus courtes, mais mieux rémunérées, de congé parental pourraient être proposées, suggère l’étude, citant l’exemple de l’Allemagne, où depuis 2007 l’indemnisation des pères et des mères est proche de leur salaire.

madame.lefigaro.fr

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