Les recherches Google sur les avortements clandestins devraient nous alerter

Marche internationale des femmes à Paris, le 20 novembre 1971, en faveur de la légalisation de l'avortement. Crédit photo : rue des archives

Marche internationale des femmes à Paris, le 20 novembre 1971, en faveur de la légalisation de l’avortement. Crédit photo : rue des archives

Avortements «faits maison»

«Comment avorter soi-même» ou «Comment acheter des pilules abortives en ligne»

Voilà les requêtes que l’on retrouve sur les moteurs de recherche aux Etats-Unis, qui ont pourtant légalisé l’avortement depuis 1973.

En 2015 : 

  • 119.000 personnes ont cherché «comment provoquer une fausse couche».
  • 160.000 autres personnes ont demandé comment obtenir des pilules abortives : «comment acheter des pilules abortives en ligne».
  • 4.000 personnes ont également cherché comment se faire avorter avec un cintre.
  • 700.000 recherches ont été associées à des méthodes d’avortements clandestins.

Montée des réactionnaires et des lois anti-avortement ou politique de récession, les droits des femmes sont toujours ceux que l’on supprime en premier, dès que l’air du temps devient maussade.

En France, on ne doit pas à en être loin : l’avortement est devenu 100% gratuit mais de plus en plus de lieux de proximité où avorter ont fermé.

Dans le monde, on observe que 49% des avortements sont «non médicalisés» et que 47.000 femmes meurent tous les ans des suites d’infections et d’hémorragies liées aux avortements clandestins.

Un triste constat : l’avortement est toujours un droit à défendre en 2016.

Abortion.MFL32.WDC.24January2005 |Elvert Barnes via Flickr License by

Abortion.MFL32.WDC.24January2005 |Elvert Barnes via Flickr License by

En 2015, il y a eu près de 700.000 requêtes sur le moteur de recherche pour des expressions comme «comment avorter soi-même» ou «acheter des pillules abortives en ligne» aux États-Unis.

Lorsque les statistiques manquent, il peut être intéressant de se tourner vers les recherches Google. Elles permettent de prendre la température de certains sujets, de révéler des manques. On pouvait ainsi voir que, plusieurs jours avant les élections régionales en France, les mots «Front national» étaient les plus recherchés en Paca et en Nord-Pas-de-Calais, où le parti a fait ses plus gros scores. Aux États-Unis, le gouvernement fédéral ferait donc bien de se pencher un peu sur les recherches associées aux avortements «faits maison», qui se sont multipliées depuis quelques années, rapporte Seth Stephens-Davidowitz, un ex-analyste de chez Google dans le New York Times.

«Les recherches Google montrent une demande souterraine pour les avortements faits soi-même, qui rappelle l’ère avant l’arrêt Roe v. Wade (arrêt de la Cour suprême des États-Unis en 1973 qui a reconnu l’avortement comme un droit constitutionnel, ndlr)», estime Seth Stephens-Davidowitz.

700.000 recherches en 2015

Par exemple, l’an passé, près de 119.000 personnes ont cherché «comment provoquer une fausse couche». 160.000 autres ont demandé comment obtenir des pilules abortives via des canaux illégaux en tapant des phrases comme «acheter des pilules abortives en ligne». Plus glauque, 4.000 personnes ont également cherché comment se faire avorter avec un cintre. En tout, selon l’analyste, près de 700.000 recherches ont été associées en 2015 à des méthodes d’avortements clandestins.

Cette recrudescence est directement liée aux lois anti-avortement qui ont récemment été votées dans plusieurs états. Alors que les recherches Google autour de l’avortement «Do it yourself» étaient à peu près stables entre 2004 et 2007, elles ont augmenté en 2008 à la faveur de la crise économique, et ont connu un grand pic en 2011, année où selon le Guttmacher Institute il y a eu le plus de lois anti-avortement. Cette année-là, 92 mesures répressives ont été votées :

NYT_avortement

47.000 morts par an dans le monde

Le nombre de recherches Google en lien avec des avortements faits de manière«artisanale» est d’ailleurs beaucoup plus élevé dans les États qui ont voté le plus de lois de ce type. Huit des dix États où les recherches Google d’avortements clandestins sont les plus nombreuses sont classés par le Guttmacher Institute comme étant «hostiles» ou«très hostiles» en matière d’avortement.

Si nous ne disposons pas de chiffres précis sur le nombre d’avortements clandestins, le New York Times souligne qu’il existe d’autres signaux alarmants. Selon un sondage effectué récemment au Texas, environ 4,1% des femmes indiquaient être «sûres» ou«suspecter» que l’une de leurs meilleures amies avait déjà essayé de s’avorter soi-même.

On estime qu’environ 49% des avortements dans le monde sont «non médicalisés», c’est-à-dire réalisés par une personne qui n’a pas les compétences requises pour le faire ou réalisés dans un environnement non-conforme aux règles d’hygiène. 47.000 femmes meurent tous les ans des suites d’infections et d’hémorragies liées à ces opérations, selon le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Slate.fr

 

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