IVG en DANGER : le Planning familial de Fourmies ferme ses portes

Un an après le lancement du programme national d’actions pour améliorer l’accès à l’IVG, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé que l’intégralité du parcours (consultations, examens de biologie médicale et échographies précédant et suivant l’IVG elle-même), sera remboursée à 100 % à partir du 1er avril 2016. L’acte lui même était intégralement remboursé depuis le 31 mars 2013 et nous ne sommes plus soumises au délai de réflexion de 7 jours depuis septembre 2015.

L’IVG 100% remboursée, c’est bien en théorie. Car si on regarde quelques années en arrière, on pouvait avorter partout en France. Ce qui n’est plus le cas.

Aujourd’hui, des menaces pèsent sur l’avortement car il existe des disparités sur le territoire.

Des blocs ferment à compter du 15 août et à cette période de l’année, on n’a pas toujours le choix de la méthode. 

Entre la demande et le rendez-vous en consultation, les femmes qui veulent avorter doivent parfois attendre plus de deux semaines qui peuvent se révéler fatidiques pour celles qui s’approchent des 14 semaines d’aménorrhée au bout desquelles, la loi française interdit de pratiquer l’avortement. D’année en année, de plus en plus de femmes sont obligées d’aller avorter à l’étranger alors qu’elles avaient fait leur demande dans les délais légaux. En 2009, le planning familial a redirigé 800 femmes, en 2010 elles étaient 1200. Imaginez en 2016… et ça se passe en France, pays riche, mais pas pour tout le monde. D’ailleurs, on nous avertit :

« Attention : selon les régions, cette intervention n’est pas égale. Faute de place, les délais sont très longs et il se peut que les hôpitaux ne puissent pas vous recevoir à temps. Soyez alors rapide pour ne pas dépasser les 12 semaines légales. Si toutefois cela est le cas, vous avez toujours la possibilité d’aller à l’étranger (Espagne, Grande Bretagne Pays-Bas). » aufeminin.com

C’est un bond en arrière pour la liberté des femmes de disposer de leur corps. Il faut aller avorter en Hollande, comme dans les années 1970, du temps ou l’avortement était illégal..

On ferme des centres de planification alors qu’on en manque. Une conséquence directe du démantèlement de l’hôpital public. Des centres IVG, souvent rattachés à des maternités, mettent la clé sous la porte sur de simples considérations de rentabilité.

1 maternité sur 3 est délocalisée vers de gros hôpitaux se trouvant à plusieurs dizaines de kilomètres. Comment une jeune fille en détresse peut-elle s’y rendre ? De plus en plus de femmes accouchent dans l’ambulance.

La loi de tarification à l’activité crée une hiérarchie tarifaire des actes médicaux qui ne sont plus facturés sur des budgets globaux. Les actes chirurgicaux sont pratiqués en fonction de leur valeur marchande et l’IVG est devenu peu rentable pour les blocs (200/300 euros l’acte).

Cette logique marchande est incompatible avec la mission d’un service public, surtout que là, c’est sur la santé qu’on fait des bénéfices…  Et sur les femmes !

Le droit à l’avortement n’est jamais acquis. Dès qu’il y a une possibilité de retour en arrière, ses opposants s’en saisissent. Systématiquement.

Se mobiliser pour l’avortement, c’est bien, encore faut-il se mobiliser pour garder les centres de planification ouverts, contre le démantèlement des hôpitaux et plus spécifiquement, des maternités.

A bonnes entendeuses, la lutte pour l’IVG partout et pour toutes, doit continuer. 

On peut toujours aller signer la charte de défense de ce droit sur le site Plateforme pour le droit à l’avortement en Europe et dans le monde 

C’est par un communiqué que l’association a annoncé la fermeture de la permanence du Planning familial sur Fourmies.

C’est par un communiqué que l’association a annoncé la fermeture de la permanence du Planning familial sur Fourmies.

Fourmies : le Planning familial ferme ses portes après seulement deux ans d’activité

Le Planning familial, qui s’est installé à Fourmies il y a deux ans, ferme ses portes à compter de cette semaine, « faute de financements ». Il informait les adolescents et les adultes sur la sexualité.

C’est par un communiqué que l’association a annoncé la fermeture de la permanence du Planning familial sur Fourmies, « faute de financements (de l’État) ». Avec effet immédiat. Il s’agissait d’une antenne de Maubeuge, qui avait ouvert ses portes il y a deux ans. « Cette permanence permettait aux jeunes et moins jeunes de bénéficier d’entretiens individuel ou collectif de manière confidentielle et gratuite concernant toutes les questions liées à la santé sexuelle », précise Camille Dewaele, sa coordonnatrice.

Qui rappelle que « le Planning familial défend l’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), la lutte contre les infections sexuellement transmissibles, les discriminations et les violences au genre et à l’orientation sexuelle ». Depuis 2011, suite à de nombreuses sollicitations, le projet d’implantation dans le Sud Avesnois, soutenu par l’Agence régionale de santé (ARS), avait pris forme. Avec une feuille de route précise : «l’amélioration de l’accès à la contraception et à l’IVG et des actions de prévention, en partenariat avec les médecins, les hôpitaux, les établissements scolaires, les collectivités…». Dans un secteur où les grossesses précoces sont plus nombreuses qu’ailleurs.

Des difficultés depuis 2014

Finalement, le Planning familial (et ses conseillères) posait ses valises à Fourmies, en octobre 2013, avec une permanence d’écoute, d’information et de conseil à la Maison de l’Espérance rue Jeanne III.

« De janvier 2014 et jusqu’au 31 décembre 2015, cette permanence a pu être financée avec l’aide des crédits Politique de la Ville, ajoute la coordonnatrice, mais nous avions déjà rencontré des difficultés de financements. Nous avons poursuivi les démarches pour le maintien de ce lieu confidentiel et gratuit qui accueillait en moyenne 150 personnes, chaque année, à raison d’une journée par semaine et qui était de plus en plus sollicité par le biais du réseau et du bouche-à-oreille ». En vain.

Le Planning familial avait également été l’un des artisans du retour de l’IVG au centre hospitalier de Fourmies, en janvier dernier. Et demain ? Il faudra se rendre au futur centre de planification familiale, un service du conseil départemental du Nord, dans les locaux de l’Unité territoriale de prévention et d’action sociale (UTPAS), rue Jean-Jaurès à Fourmies, qui informe sur la contraception et soigne les maladies liées à la sexualité. Un centre qui, contrairement au Planning, est doté d’un médecin spécialisé.

lavoixdunord.fr

Note :
Environ 200 000 avortements ont lieu chaque année, correspondant à un avortement pour trois grossesses. La plupart des femmes concernées vivent en couple. Pour les ¾, il s’agit d’un premier avortement.
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