Gironde : un pharmacien suspendu pour refus de vendre des contraceptifs

Le Planning Familial 33 a dû reprendre la lutte contre les pratiques illégales de la pharmacie de Salleboeuf, qui refuse de vendre tous les types de contraceptifs. Malgré une première condamnation en novembre 1995 (pour refus de vente de préservatifs), les pharmaciens propriétaires de cette officine de Salleboeuf, persistent.

20 ans après, Bruno Pichon s’est vu notifier aujourd’hui par l’ordre des pharmaciens, une interdiction provisoire d’exercer pour avoir refusé de vendre des stérilets par conviction religieuse.

Le Planning familial de la Gironde a déposé plainte auprès de l’Ordre des pharmaciens : 

« Nous avons été contactés en janvier par deux clientes de l’officine de M.Pichon à qui on avait refusé la distribution de contraceptifs prescrits par des médecins. Envoyées sur place le 12 janvier, deux de nos militantes ont essuyé le même refus après avoir demandé un stérilet et une pilule du lendemain prescrits par un médecin du Planning familial ».

Au moment de la plainte du Planning Familial, le pharmacien était déjà suspendu pour une semaine à partir du 2 mai 2016, après une plainte similaire.. 

Donc au gré de son racisme ou de son sexisme, au gré de ses idées réactionnaires ou obscurantistes.. on déciderait de vendre ou non des contraceptifs aux clientes.

La loi est claire : la contraception est libre de choix et autorisée en France. Personne n’est en droit de faire prévaloir ses convictions religieuses ou ses idées xénophobes pour justifier un refus de vente.

Une telle pratique va contre l’intérêt des femmes et contre les lois qui le protègent. 

Cette pharmacie est la seule de son village. Les femmes du secteur doivent se déplacer à plusieurs kilomètres pour leurs contraceptifs. La suspension à vie de ce pharmacien serait un minimum. 

Si le « client est roi », la cliente est libre de disposer de son corps.

#jodecideixo #yodecido #jedécide #idecide

« Un pharmacien a exigé que je prenne la pilule du lendemain devant lui »

1720133-201410131343-full

Un pharmacien girondin s’est vu notifier par ses pairs une interdiction provisoire d’exercer pour avoir refusé de vendre des contraceptifs, par conviction religieuse, a-t-on appris mardi auprès du Planning familial de Gironde.

« C’est gravissime, on ne peut pas laisser les choses en l’état, et la loi doit s’appliquer partout », a déclaré à l’AFP Annie Carrareto, administratrice du Planning familial de la Gironde, confirmant « la suspension pour une semaine » de Bruno Pichon par le conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens, évoquée par le quotidien régional Sud Ouest.

« Nous avons été contactés en janvier par deux clientes de l’officine de M. Pichon à qui on avait refusé la distribution de contraceptifs prescrits par leur médecin », a raconté Annie Carrareto. « Envoyées sur place le 12 janvier, deux de nos militantes ont essuyé le même refus après avoir demandé un stérilet et une pilule du lendemain prescrits par un médecin du Planning familial », a-t-elle poursuivi.

Le Planning en a informé l’Ordre des pharmaciens qui « venait de suspendre pour une semaine à partir du 2 mai 2016, le même pharmacien après une plainte similaire ».

Contacté par l’AFP, Bruno Pichon, 38 ans, pharmacien à Salleboeuf, petite commune de 2.200 habitants située dans l’Entre-deux-Mers, a effectivement confirmé sa suspension sans autre commentaire.
Interrogée à son tour, son avocate, Me Adeline Le Gouvello, a précisé à l’AFP que la décision de l’Ordre des pharmaciens « n’est pas définitive et est susceptible d’appel ». « Il s’agit d’un produit spécifique, un stérilet ayant des effets abortifs, et non pas de contraceptifs en général », a-t-elle ajouté.

« Et ce cas n’est pas isolé », selon l’avocate du Barreau de Versailles qui a évoqué une autre affaire jugée par la Cour d’appel de Paris. Cette-dernière avait alors estimé qu’il était « possible pour un pharmacien de ne pas vendre un certain stérilet en raison de son effet abortif ».

Bruno Pichon avait été condamné pour refus de distribution de contraceptifs en novembre 1995, en première instance, avant d’épuiser sans succès toutes les procédures auprès de la Cour d’appel, de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l’Homme, qui l’ont débouté. Saisie en dernier recours, la juridiction européenne avait statué qu’il « ne pouvait faire prévaloir ses convictions religieuses pour justifier ce refus de vente », précise le quotidien régional.

Quinze ans plus tard, la seule pharmacie de Salleboeuf, toujours gérée par Bruno Pichon, ne vend toujours pas de contraceptifs, selon le planning familial girondin qui a alerté les élus, la préfecture de Gironde et l’Agence régionale de santé (ARS).

A ce jour seule l’ARS a répondu, en acceptant de recevoir les représentants du Planning le 18 mars, a indiqué son administratrice. Le Code de la Santé publique n’autorise le pharmacien à refuser de dispenser un médicament que dans le cas où la santé du patient l’exige. Il doit alors notifier son refus et ses raisons sur la prescription médicale.

« Or, le 12 janvier dernier, cela n’a pas été fait dans l’officine de M. Pichon », a souligné Annie Carrareto.

© 2016 AFP

respectmag.com

12828935_908366719276144_357658337633190568_o

Publicités

Une réflexion sur “Gironde : un pharmacien suspendu pour refus de vendre des contraceptifs

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s