Italie : peut-on être enceinte et candidate à la mairie en même temps ?

Giorgia Meloni, représentante de la jeune génération fasciste en Italie est enceinte et veut devenir Maire. La même question misogyne aurait pu se poser pour n’importe quelle autre femme politique : une femme enceinte peut-elle être candidate à la mairie de Rome ?

Des hommes de droite et d’extrême droite ont donné leur avis :

«Une maman ne peut pas se dédier à un travail de brute et Rome aujourd’hui est un travail de brute, qui nécessite de passer 14 heures par jour au bureau. Je ne crois pas que ce soit le bon choix», Silvio Berlusconi. Personne ne peut me taxer de misogynie. J’ai juste fait une remarque affectueuse et protectrice à l’égard d’une femme soumise à un grand stress (…) cela me semble une tempête dans un verre d’eau ».

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Le parti Démocrate semble un peu plus ouvert, enjeu électoral oblige :

«Si tous ces hommes changeaient plus de couches au lieu de donner des conseils aux femmes, on vivrait dans un plus beau pays», Roberto Giachetti sur Twitter.

Egalement, plusieurs femmes du gouvernement sont intervenues, même si Giorgia Meloni est détestée à gauche du fait de ses convictions fascistes :

«Quand demanderont-ils à un candidat homme de se retirer parce qu’il doit être père ?», Maria Elena Boschi, ministre des Réformes institutionnelles, sur Twitter.

L’intéressée qui semble avoir acquis une certaine popularité à gauche, a répondu :

«Je ne veux pas polémiquer, je dis seulement que j’espère être une très bonne mère, comme le sont toutes ces femmes qui avec mille difficultés et souvent dans des conditions plus difficiles réussissent à concilier engagements professionnels et maternité».

Puisque l’égalité doit s’exprimer en toutes circonstances, une femme même fasciste doit bénéficier des mêmes droits qu’un homme et pouvoir se présenter pour des mandats identiques.

Seulement, un parti fasciste représenté par un homme ou une femme ne changera pas le programme politique. On le constate en France avec le FN de Marine Le Pen. L’extrême droite est un ensemble d’atteintes aux droits des femmes et de propos liberticides et homophobes. 

Que ce soit en France, en Allemagne ou en Italie, ce sont TOUS les réactionnaires qu’il faut combattre.

Non au fascisme à Rome.

2014, photomontage de Maria Elena Boschi, ministre des Réformes institutionnelles

2014, photomontage de Maria Elena Boschi, ministre des Réformes institutionnelles

Giorgia Meloni, présidente du parti Fratelli d’Italia, ne peut pas briguer la mairie de Rome : elle est enceinte. C’est en tout cas l’avis de son rival, qui affirme parler pour son bien. Presse et politiques : tout le monde a son avis sur la question.

L’exercice est particulièrement délicat dans le chaos romain, rappelle le site Il Post, où les élections, anticipées, font suite à la chute rocambolesque du maire Ignazio Marino, en octobre dernier, sur fond de scandales de corruption qu’il n’a pas vus et d’une capitale qu’il a laissée se délabrer.

Giorgia Meloni, victime de remarques misogynes car enceinte et probable future candidate à la mairie de Rome. - Sipa

Giorgia Meloni, victime de remarques misogynes car enceinte et probable future candidate à la mairie de Rome. – Sipa

Quel maire pour la capitale ? Après quelques atermoiements, la droite – c’est-à-dire essentiellement Forza Italia, de Silvio Berlusconi, et les partis d’extrême droite Fratelli d’Italia et Ligue du Nord – s’est accordée sur la candidature de Guido Bertolaso, le candidat promu par Silvio Berlusconi. Sauf que l’entente n’a pas duré.Le leader de Forza Italia a alors sorti un joker de son chapeau pour donner un peu de légitimité à son poulain : il a appelé à des primaires, qui se sont tenues le week-end des 12 et 13 mars, avec la particularité de ne proposer qu’un candidat. La question posée : “Guido Bertolaso a été proposé comme candidat à la mairie de Rome. Partagez-vous ce choix ?”  De fait, comme l’observe le Corriere della Sera, le scrutin romain, qui aurait attiré entre 45 000 et 48 000 électeurs favorables à 96,7 %, tenait davantage du plébiscite que de la primaire.   

Allaiter ou s’occuper des nids-de-poule ?

Pas convaincue que Bertolaso puisse unir la droite, la présidente de Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni, a avancé la possibilité de se présenter, une option qu’elle avait écartée un mois plus tôt à cause de sa grossesse. Et c’est précisément là-dessus que Guido Bertolaso a appuyé pour l’en dissuader. Invité à la télévision dimanche soir, il a déclaré :  

Meloni doit s’occuper d’être maman. Il me semble que c’est la plus belle chose qui puisse arriver dans la vie d’une femme. […] Je ne vois pas pourquoi on devrait l’obliger à mener une campagne électorale féroce et ensuite, au moment où elle commencera à allaiter, à s’occuper également des nids-de-poule, de la saleté, du trafic, des rats, de la microcriminalité et de tout le reste.”

Mieux vaut qu’elle pense à son enfant

Ce 15 mars, c’est donc la question qui divise la presse et la classe politique. Silvio Berlusconi s’est rangé à l’avis de son candidat, lequel se défend de tout sexisme (“J’ai parlé à Giorgia comme si elle était ma femme […], pour la défendre”), comme le rapporte Il Fatto Quotidiano. De son côté, l’intéressée affirme qu’elle peut très bien mener les deux activités de front, et le Premier ministre Renzi (centre gauche) lui donne raison.

Le journal romain Il Tempo se penche très sérieusement sur la question de compatibilité des deux activités et affiche en une, comme à son habitude, un photomontage audacieux : Giorgia Meloni derrière une poussette et affublée d’une écharpe de maire. L’Unità, le journal repris par le Parti démocrate, saisit l’occasion de vilipender le sexisme de la droite : “Tais-toi, reste à la maison, et cuisine” ; quant au quotidien indépendant Il Fatto Quotidiano, il constate que l’Italie “n’est pas un pays pour les femmes”.

meloni

A droite, Libero voit dans toute cette affaire une manigance visant à pousser Berlusconi hors du tableau, et présente la question sous forme de controverse : une tribune soutenant que “Rome est dans un état catastrophique, mieux vaut qu’[elle pense] à son enfant”, l’autre envisageant : “Il doit être possibile de faire les deux.” Il Giornale, qui appartient à la famille Berlusconi, a clairement tranché, et rappelle que, “pour les mamans normales, le congé [parental] est obligatoire”.           

courrierinternational.com

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