L’accord entre l’UE et la Turquie va aggraver le sort des femmes réfugiées

Une femme réfugiée lave son enfant dans un camp de fortune à la frontière gréco-macédonienne. Daniel Mihailescu / AFP / Getty Images

Une femme réfugiée lave son enfant dans un camp de fortune à la frontière gréco-macédonienne. Daniel Mihailescu / AFP / Getty Images

L’accord (ou appelons-le, le deal du « un » pour « un ») annoncé vendredi entre L’UE et la Turquie, visant à décourager l’exil de plus de 1 millions de réfugiés de l’autre côté de la Méditerranée, implique des risques aggravés pour les femmes réfugiées déjà vulnérables.

Les femmes réfugiées ayant fui cinq ans de bombes et de guerre, sont soumises à de grands risques de violences sexuelles, de vol et d’exploitation. Les déplacer une nouvelle fois vers la Turquie, les expose à un risque encore plus élevé d’abus.

Le groupe créé par les lauréates du Prix Nobel de la paix, a également publié un rapport sur les risques accrus pour les femmes qui traversent la Turquie vers la Grèce en bateau pour parcourir l‘Europe de l’Ouest et du Nord.

Le nouvel accord de retour en Turquie est susceptible d’affecter de manière disproportionnée le sort des femmes, qui, avec les enfants, sont aujourd’hui plus de la moitié des réfugiés à tenter l’exil vers l’Europe, selon des chiffres récents du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le WRC (officer for the Women’s Refugee Commission) a également publié un rapport et des recommandations sur la façon dont la communauté humanitaire peut améliorer ses protections pour les femmes contre les risques sexuels et la violence sexiste dans toutes les étapes de l’exil.

Une femme migrante joue avec son enfant dans un camp de fortune près du village grec de Polykastro Sakis Mitrolidis / AFP / Getty Images

Une femme migrante joue avec son enfant dans un camp de fortune près du village grec de Polykastro Sakis Mitrolidis / AFP / Getty Images

Buzzfeed.com a été le premier à signaler en octobre dernier, les risques de violence de genre sur la route de migration grecque.

L’entente entre l’UE et la Turquie annoncée vendredi, ne dissuadera pourtant pas les femmes déterminées à partir, si l’on en juge le résultat des répressions qui ont eu lieu aux frontières, parquant malgré tout des milliers de personnes dans des centres de transit sordides. Dissuader, c’est plutôt encourager des itinéraires plus dangereux ou de la contrebande.

Cet accord scandaleux, ce deal du « un » pour « un » échange des êtres humains comme du bétail entre l’UE et la Turquie. Une preuve supplémentaire que la sécurité de l’État prime sur la sécurité humaine et la sécurité des femmes en particulier.

On ne sait pas exactement comment les réfugiéEs seront choisis, mais toute situation dans laquelle une personne – souvent un homme – détient la clé du « voyage » en Europe, est livrée avec un risque réel de danger et de violences.

Quand les femmes sentent qu’elles n’ont aucune autre option, ou lorsque leur protection habituelle se détériore, elles se sacrifient pour survivre. Et cela signifie que, pour continuer l’exil en Turquie, certaines femmes vendront leur corps pour pouvoir passer. Et certaines autres femmes vendront leur corps contre d’autres moyens de survie tout au long de l’exil.

Les derniers détails de l’accord seront élaborés avant la fin du mois, mais il est attendu que tous ceux et celles qui arriveront en Grèce à compter de dimanche 20 mars, seront renvoyéEs en Turquie. L’accord est annoncé comme une mesure audacieuse et nécessaire pour dissuader l’arrivée de réfugiéEs.

L’accord indique que les situations seront évaluées individuellement en insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un marchandage politique et que ces échanges respecteront le droit international et européen.

De nombreuses organisations internationales ont indiqué que les échanges d’êtres humains sont une violation du droit international et ont appelé à ouvrir les frontières en accompagnant des migrations sûres et légales ainsi que de meilleures protections pour les réfugiéEs tout au long de l’exil.

Car en acceptant cet accord du « un pour un », l’UE renferme et renvoie ceux et celles qui fuient Daesh et la guerre. En acceptant cet accord du « un pour « un », l’UE augmente les bénéfices des passeurs en même temps que les murs. Egalement, en prolongeant l’exil, l’UE prolonge tout autant les violences faites aux femmes, les violences sexuelles en particulier et accentue tout autant, les risques de mortalité des enfants déjà éprouvés par des traversées faites d’obstacles et épuisés par des parcours loin de toute prise en charge de soins.

Note d’après un article en anglais

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