Au Maroc, mobilisation des féministes contre le projet de loi sur les violences faites aux femmes

Colère des associations féministes marocaines quant au recul constaté dans la deuxième version du projet de loi censé lutter contre les violences faites aux femmes. 

Les définitions des différentes formes de violences faites aux femmes sont devenues trop floues au point de risquer de créer des failles juridiques qui pourraient être exploitées pour légitimer ou justifier certaines formes de violence contre les femmes.

Egalement, la deuxième version de ce projet de loi exclut plusieurs catégories des femmes de la protection juridique, dont les femmes mères célibataires, les migrantes et les femmes à besoins spécifiques.

Les associations féministes ont par ailleurs estimé que le retard dans la promulgation de cette loi reflète « l’absence de volonté de mettre en place une législation à même de protéger les femmes contre la violence ».

Khadija Rougani, juriste, a elle-même estimé que cette seconde bouture du projet de loi « ne répond pas aux attentes formulées par la société civile et ne répond pas aux exigences qui doivent être remplies par tout projet visant à lutter contre la violence faite aux femmes », notamment « la prévention de la violence fondée sur le genre, la répression de ces violences et la prise en charge des victimes. »

S’en sont suivies des manifestations pour exiger plus de justice contre les violences faites aux femmes et pour s’opposer au mariage des mineures.

#JeSuisMarocaine

Le projet de loi sur les violences faites aux femmes critiqué par les associations féministes | DR

Le projet de loi sur les violences faites aux femmes critiqué par les associations féministes | DR

Au Maroc, les associations féministes se mobilisent contre le projet de loi sur les violences faites aux femmes

La Coalition du printemps de la dignité et le Réseau ANARUZ des centres d’écoute ont estimé, mardi à Rabat, que la nouvelle mouture du projet de loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes, adoptée le 17 mars en Conseil de gouvernement, fait fi des critères de la législation en matière de traitement de la violence.

La version adoptée ignore les exigences de la protection des femmes victimes de la violence, ont ajouté les deux organes associatifs lors d’une conférence de presse, exprimant leur protestation contre le « revers » que véhicule cette mouture élaborée loin de toute approche participative.

Les deux organisations, qui avaient rendu public le 12 mars dernier un communiqué sur ce même sujet, ont également indiqué que le texte actuel a fait machine arrière concernant le cadre conceptuel des formes de violences citées par la première version et n’a gardé, en effet, qu’une définition tout aussi générale que laconique de la « violence ».

Cela, ont-elles prévenu, conduira à l’impunité pour ce qui est des violences exclues par ladite définition.

Pour les deux associations, le projet actuel a été également élaboré sans égard aux prérequis fondamentaux d’une législation indépendante visant la lutte contre la violence basée sur le genre, notant « qu’on a réduit la réforme à des amendements partiels et disloqués du Code pénal« . Ceci dit, la version en question ne fait qu’incorporer les nouveautés de l’avant-projet du Code pénal dans le projet de loi contre les violences faites aux femmes.

Les mères célibataires, les migrantes et les femmes à besoins spécifiques ne sont pas protégées

Selon d’autres remarques soulevées par la Coalition du printemps de la dignité et le Réseau ANARUZ, certaines catégories de femmes ne sont pas concernées par la protection juridique, en l’occurrence les mères célibataires, les émigrées et les femmes à besoins spécifiques.

De même, le projet de loi adopté est dépourvu d’une conception spécifique des peines, à même de réduire l’impunité dans ce domaine.

Les ONG ont également dénoncé le fait que le texte en question ait négligé les mesures procédurales compatibles avec le caractère spécial des crimes liés à la violence et qui sont de nature à rendre justice aux femmes victimes, à garantir leur accès aux mécanismes de justice et à fluidifier la procédure probatoire.

Ils ont, au demeurant, appelé le gouvernement à amender ce projet de loi, sur la base des propositions formulées à ce sujet par les associations et coalitions féminines et des avis émis par les institutions nationales.

huffpostmaghreb.com du 23 mars.

Sans titre

Des militantes féministes ont interrompu une cérémonie présidée par Bassima Hakkaoui

Protestation – Dans la soirée du mardi 22 mars, plusieurs activistes et militantes féministes sont intervenues lors d’une soirée présidée par la ministre de la Femme et de la solidarité, pour dénoncer le projet de loi sur les violences faites aux femmes et le mariage des mineures : (avec Ibtissame Lachgar )

Avant le début de la cérémonie, dédiée à l’octroi du Prix Tamayuz, qui distingue les initiatives portant sur l’intégration économique des femmes, des manifestantes étaient déjà là. À l’extérieur du théâtre Mohammed V, à Rabat, lieu de tenue de la cérémonie, des membres de la coalition Printemps de la dignité ont organisé une manifestation symbolique, durant laquelle elles ont dénoncé les dispositions jugées « régressives » du projet de loi sur la violence faites aux femmes.

Alors qu’il était attendu que le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane assiste à la cérémonie, c’est finalement son épouse qui l’a représenté. Quelques minutes après le début de la rencontre, l’allocution de la ministre de la Solidarité et de la femme Bassima Hakkaoui est interrompue par les militantes qui ont scandé des slogans exprimant leur rejet du projet de loi sur les violences faites aux femmes, ainsi que pour dénoncer le mariage des mineures. Et d’engager une guerre de décibels avec la ministre, qui tentait de poursuivre son intervention, en élevant la voix pour mieux se faire entendre. Les militantes de même.

Peu après, des agents de sécurité sont intervenus pour expulser les manifestantes de la salle, alternant tour à tour invitations cordiales à quitter les lieux, et évacuation musclée.

huffpostmaghreb.com du 23 mars.

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3 réflexions sur “Au Maroc, mobilisation des féministes contre le projet de loi sur les violences faites aux femmes

  1. Y a t il une violence quelconque contre les femmes au Maroc ? Je doute fort du moment que le royaume Marocain est le Singapour du monde Arabe où la prostitution est aussi libre que le vent puisqu’elle est tolérée par le jeune roi. La prostitution se pratique en famille et les touristes qui arrivent ont le choix de prendre en charge et la mère et la fille ou alors la mère et son fils (jeune et frais)
    Et le comble le roi se dit être descendant du prophète Mohamed alors que la prostitution est un pêcher qui ne peut être pardonné selon l’Islam.
    D’ailleurs , mon époux , avant de se marier a sillonné le Maroc.
    A l’aller l’aiguille de son horloge indiquait midi pile .
    A son retour , l’aiguille était incapable d’avancer puisqu’elle indiquait en permanence 6h30 .. ce qui veut tout dire.!!!

    Aimé par 1 personne

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