Le viol de guerre est reconnu comme crime contre l’humanité

3 femmes juges ont fait cette fois la différence pour une justice honorable contre les crimes sexuels de guerre. Fait rare, on peut le dire.

Pour détruire une population de l’intérieur, l’une des méthodes utilisées en temps de guerre est le viol. Des femmes sont agressées sexuellement devant leurs maris, des filles devant leurs pères pour affaiblir l’ennemi et le forcer à abdiquer. Les viols entretiennent un climat de terreur et dissuadent de nombreuses familles de s’engager en résistance.

Ce sont toujours les femmes qui paient le tribut le plus lourd en temps de guerre. Les féministes des pays en conflit savent depuis longtemps que le corps des femmes est le premier champ de bataille dans les guerres entre nations ou opposants des régimes. Les sociétés en guerre sont plus enclines à subjuguer les femmes qu’à les aider à résister contre les violences et la ségrégation sexuelle. C’est la conséquence logique d’un monde en guerre où le droit des femmes n’est vraiment pas une priorité.

Des centrafricaines manifestent devant le parlement le 25 Novembre 2013 à Bangui contre le silence qui entoure les violences faites au femmes.© Photo AFP/Pacome Pabandji

Des centrafricaines manifestent devant le parlement le 25 Novembre 2013 à Bangui contre le silence qui entoure les violences faites aux femmes.© Photo AFP/Pacome Pabandji

Violées, humiliées, abandonnées… : la Cour pénale internationale leur rend justice.

Ses hommes avaient violé et ruiné la vie de milliers de femmes en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2005. Des crimes commis en toute impunité. Pour la première fois, un ancien chef de guerre, le congolais Jean Pierre Bemba, est reconnu coupable pour les violences sexuelles commises par ses hommes en Centrafrique. Un jugement «historique» salué par les défenseurs des droits de l’homme.

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a parlé d’un jour historique : «Je crois que c’est un jour très important pour la justice pénale internationale surtout en ce qui concerne les crimes sexuels», a-t-elle déclaré après l’annonce du verdict.

La juge de la Cour pénale internationale a égrené une longue liste de viols, souvent accompagnés d’autres violences, commises par les troupes de Jean Pierre Bemba. Ce dernier avait dépêché ses hommes en Centrafrique en 2002 pour sauver le pouvoir menacé de l’ancien président Félix Patassé.

«Là, ils avaient violé tout ce qui se trouvait sur leur chemin, tué et pillé la population», assure l’accusation.

Des témoignages qui donnent froid dans le dos

Au cours du procès, un témoin avait raconté comment les soldats de Jean-Pierre Bemba avaient violé une fillette de 8 ou 9 ans. «L’enfant était potelée»,avait-il raconté : «Puisque la petite est encore fraiche, ils n’ont pas pris la maman, ils ont préféré la petite, ils l’ont violée devant sa maman dans la maison».

Plusieurs témoins ont raconté le calvaire des femmes violées par les hommes du chef rebelle congolais en 2002 et 2003. Marie Helène Ngoïta a raconté à l’AFP comment elle a croisé ses agresseurs.

«Alors que je sortais de la maison, trois hommes se tenaient déjà devant la porte. L’un a ordonné que je sorte de la maison et que je me couche par terre. J’ai refusé. Le second a levé son arme dans la direction se faisant plus menaçant encore. Ils m’ont précipitée par terre et se sont mis à me violer à tour de rôle. Il n’y avait personne pour me venir en aide».

Marie-Chantal Solamosso a été violée sous les yeux de son père ligoté dans sa maison où sont entrés un matin près d’une dizaine de combattants de Jean Pierre Bemba.

« L’un a pris son arme et il a tiré sur mes deux pieds. Je suis tombée. Cinq se sont relayés et sont passés sur moi. Plusieurs semaines durant, je ne sentais plus mon corps ».

De ce viol est né un enfant de père inconnu. De nombreuses victimes de ces viols sont déjà mortes. D’autres vivent repliées sur elles mêmes. Elles n’avaient jamais espéré voir le responsable de leur calvaire se tenir à la barre pour répondre de ses actes.

Dans un communiqué, l’actrice américaine Angélina Jolie, ambassadrice du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, a salué les survivants et les témoins qui ont témoigné avec courage dans cette affaire et contribué à cette condamnation historique.

«Je ne suis pas une chose». Des femmes centrafricaines manifestent le 25 Novembre 2015 à Bangui contre les violences faites aux femmes. © Photo AFP/Pacome Pabandji

«Je ne suis pas une chose». Des femmes centrafricaines manifestent le 25 Novembre 2015 à Bangui contre les violences faites aux femmes. © Photo AFP/Pacome Pabandji

La responsabilité du commandant

Pour la première fois, un chef militaire, en l’occurrence Jean Pierre Bemba, est condamné pour viol comme crime de guerre. Il est condamné aussi sur la base de ses responsabilités de commandement.

«Jean-Pierre Bemba était en contact constant avec ses troupes. Il avait une ligne directe de communication, il pouvait donner des ordres», a soutenu le juge Steiner en réponse aux avocats de la défense selon lesquels, il n’existe aucune preuve d’un ordre donné par Jean Pierre Bemba à ses troupes envoyées en Centrafrique.

Pour Amnesty International, «ce jugement historique est un message clair que l’impunité pour les violences sexuelles en tant qu’outil de guerre ne sera pas tolérée».

Human Righst Watch évoque l’important besoin de justice pour ces crimes en République démocratique du Congo d’où Jean Pierre Bemba est originaire.

Pour les défenseurs des droits de l’homme, il s’agit d’un message clair adressé à tous les chefs militaires et les leaders politiques qui n’empêchent pas leurs subordonnés de commettre de tels crimes.

Le viol en guise de salaire

Le Soudan du sud est particulièrement concerné par le message délivré à la CPI. Là bas, «des groupes alliés au gouvernement sont autorisés à violer les femmes en guise de salaire», selon un rapport publié par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

C’est dire si la CPI a encore du pain sur la planche.

geopolis.francetvinfo.fr

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3 réflexions sur “Le viol de guerre est reconnu comme crime contre l’humanité

  1. Où étiez vous quand la femme Algérienne , durant son glorieux libérateur du joug colonial Français, se faisait abuser par la horde des sauvages Français?
    La plupart du temps c’était en présence du père , du mari et des enfants et , la chose se passait à la tournante.
    Plusieurs femmes , une fois mises à nue et abusées , furent larguées dans le vide , par des hélicoptères volant à haute altitude.
    Imaginez le poids de la victime , l’altitude , la vitesse de la chute. Le corps s’écrabouille au contact du sol ferme comme une pastèque qui vous glisse des mains.
    Quant aux hommes , pieds et mains,ligotés , yeux bandés , ils étaient balancés dans le vide en pleine mer.

    Voilà la sauvagerie de ceux qui prétendaient venir civiliser les Algériens.
    Incroyable mais vrai.

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