Irlande du Nord : condamnée à trois mois de prison avec sursis pour avoir avorté

Savita Halappanavar, morte dans un hôpital en Irlande après s’être vu refuser l’interruption de sa grossesse alors qu’elle faisait une fausse couche.

Savita Halappanavar, morte dans un hôpital en Irlande après s’être vu refuser l’interruption de sa grossesse alors qu’elle faisait une fausse couche.

Une jeune femme de 21 ans a été condamnée par un tribunal de Belfast à trois mois de prison avec sursis pour avoir acheté sur Internet des pilules abortives en vue de provoquer une fausse couche. 

« En refusant l’accès aux services de soins de santé, l’Irlande du Nord viole les droits humains des femmes et des filles, comme cela est désormais établi par la Haute cour de Belfast », Amnesty international.

Elle a 19 ans lorsqu’elle tombe enceinte. Elle évoque à ses colocataires son désir d’aller avorter dans une clinique en Angleterre (comme environ 3 700 femmes chaque année, selon le planning familial irlandais)- la seule solution, puisque, en Irlande du Nord, l’IVG est interdite. Mais elle ne parvient pas à réunir l’argent nécessaire pour le voyage. Elle achète donc sur Internet des pilules abortives – de la mifépristone et du misoprostol (mêmes pilules que l’association Women on Waves distribue par bateau dans des pays où l’avortement est interdit, comme en Pologne). Le 12 juillet 2014, elle met fin à sa grossesse. Le lendemain, ses colocataires trouvent des affaires imprégnées de sang et le fœtus dans la poubelle commune.

Selon la procureure, ces derniers décident de la dénoncer à la police car ils estimaient qu’elle avait  «une attitude qui semblait indifférente». Elle vient d’être condamnée à trois mois de prison avec sursis.

L’Irlande du Nord ne reconnaît pas la loi de 1967 autorisant l’IVG en Grande-Bretagne. Là-bas, l’avortement peut ainsi être puni d’une peine de prison à vie, en vertu d’une loi, la plus répressive d’Europe : la «1861 Offences Against the Person Act».

Malgré les poussées du camp «pro-choix», l’Assemblée nord-irlandaise a fini par voter, en février, contre l’assouplissement de la législation sur l’avortement, même après un viol ou en cas de malformation du fœtus.

Plus au sud, en République d’Irlande, une femme qui avorte risque jusqu’à quatorze ans de prison. L’avortement n’est autorisé que s’il est établi que la vie de la mère est en danger. Cette législation a été votée en 2013, après la mort de Savita Halappanavar fin 2012, à l’hôpital de Galway, après lui avoir refusé l’avortement alors qu’elle faisait une fausse couche. Même s’il fut établi que le fœtus ne survivrait pas et que sa propre vie était en danger, l’avortement lui a été refusé : une sage-femme lui signifiant que « Tant qu’il y a un rythme cardiaque fœtal, nous ne pouvons rien faire. C’est la loi. Vous êtes dans un pays catholique».

D’après les infos de liberation.fr et liberation.fr

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Sans titre

Une femme de 21 ans a été condamnée par un tribunal de Belfast à trois mois de prison avec sursis pour avoir acheté sur Internet des drogues en vue de provoquer une fausse couche. En Irlande du Nord, l’avortement est illégal, alors qu’il ne l’est pas dans le reste du Royaume-Uni. Selon son avocat, la jeune femme, qui avait 19 ans à l’époque des faits, n’avait pas assez d’argent pour se rendre en Angleterre et engager légalement, et sans risque, la procédure. Elle a donc acheté les médicaments en ligne, sur conseil d’une clinique anglaise.

Devant le juge, elle a plaidé coupable pour deux chefs d’accusation : avoir « cherché à se faire avorter en utilisant du poison » et « avoir administré du poison avec l’intention de provoquer une fausse couche ». Les détails de l’histoire, très médiatisée, sont apparus dans la presse locale, notamment le fait que ce sont ses colocataires qui l’ont dénoncée à la police après la découverte du fœtus « de 10 à 12 semaines » et « l’attitude apparemment blasée » de la jeune femme, selon l’expression de la procureure.

Loi stricte et interprétation « libéralisée »

L’avocat de la défense a rappelé que sa cliente, à peine majeure en 2014, connaissait à peine ses deux colocataires et se sentait « perdue » à Belfast. Il a surtout dénoncé l’absurdité de la législation nord-irlandaise sur l’avortement dans la mesure où il est légal depuis 1967 en Angleterre, en Ecosse ou au Pays de Galles.

« Si elle avait habité dans n’importe quelle autre juridiction, elle ne se serait pas retrouvée devant la justice. »

La législation nord-irlandaise découle de l’Offences Against The Person Act, un texte qui date de 1861 et qui, officiellement, punit l’avortement d’une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie, sauf en cas d’extrême urgence. Le texte n’est bien sûr plus appliqué à la lettre et son interprétation a été « libéralisée » le mois dernier, mais, comme l’a dit le juge chargé de l’affaire, c’est toujours la loi, même s’il reconnaît qu’il n’existait pas de jurisprudence dans ce cas précis.

La décision de justice a été critiquée par des ONG et des associations militant pour la libéralisation d’une loi ou, à tout le moins, pour l’ouverture d’un débat de société. Le bureau local d’Amnesty International voit dans cette « affaire tragique » la confirmation que :

« Rendre l’avortement illégal n’empêche pas les femmes d’Irlande du Nord de rechercher des interruptions de grossesse. Celles qui peuvent se le permettre vont chercher leur traitement en Angleterre. Celles qui ne le peuvent pas (…) peuvent prendre des médicaments pour mettre un terme à leur grossesse, sans aide ni supervision médicale. »

En pleine campagne pour les élections régionales qui ont lieu dans un mois, la classe politique nord-irlandaise devra se positionner par rapport à une affaire médiatisée et, plus largement, à un débat que beaucoup pensent inévitable. Pour Trevor Lunn, maire de la petite ville de Lisburn et candidat aux élections sous les couleurs du parti Alliance, c’est une affaire « totalement honteuse » qui doit contribuer à ce que « les choses changent ».

« C’est triste de voir qu’une chose qui est légale dans le reste du Royaume-Uni est considérée comme un crime ici ».

bigbrowser.blog.lemonde.fr

 En 2012, 3 982 Irlandaises, dont 124 âgées de moins de 18 ans, s’étaient rendues au Royaume-Uni pour un avortement.

En 2012, 3 982 Irlandaises, dont 124 âgées de moins de 18 ans, s’étaient rendues au Royaume-Uni pour un avortement.

 

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8 réflexions sur “Irlande du Nord : condamnée à trois mois de prison avec sursis pour avoir avorté

  1. Plutôt que d’avoir recours à l’avortement,pourquoi ne préfèrent -elles pas les contraceptifs ? La pilule existe, même en Irlande ! C’est à la fois plus sain, plus simple et au plan éthique sans reproche…

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      • Je parle de prise de contraceptifs pour les femmes, pour éviter un « avortement » ! C’est tout de même plus simple de prendre la pilule ! Par ailleurs, et c’est bien connu, celles qui ont recours à l’avortement sont aussi celles qui ont de multiples partenaires ! Qu’elles prennent leur précautions…

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          • Bof, je pense que vous êtes de mauvaise fois ! En dehors du couple marié ou non, le préservatif s’impose de toute façon, d’où l’absence de risque de grossesse. Par contre, dans le cadre d’un couple, c’est à dire de l’amour conjugal, la grossesse est toujours un immense bonheur pour les deux.Si les deux donnent la priorité, momentanément, à leur carrière, alors la pilule est de mise ! Donc pas d’avortement… Belle soirée !

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            • Cessez d’employer le verbe penser, vous en êtes incapable… vous êtes petit, tout petit, étriqué, vous jugez sans connaître le sujet. Connaissez-vous seulement les pourcentages d’efficacité des préservatifs, de la pilule, des stérilets et autres moyens de contraception, sans oublier les femmes qui ne peuvent supporter de contraceptifs, ainsi que les hommes allergiques au latex ? La grossesse est toujours un immense bonheur dans l’amour conjugal affirmez-vous… avez-vous entendu parler du chômage, des seuils de pauvreté, des expultions de logements d’où découlent de plus en plus la séparation des enfants de leurs parents, eux dehors et les enfants en foyer. Cela ne vous interpelle pas et ne vous vient pas à l’esprit que ces couples préfèrent réfléchir avant d’entraîner des enfants dans leur galère. Au nom de quoi, de qui de quels(elles) illuminés(ées) n’auraient-ils pas ou plus le droit de faire l’amour ? Maintenant revenons à la base, au nom de quoi, de qui, de quel(lles) illuminés(ées) dans votre genre les femmes devraient-elle continuer à subir, et ne pas s’épanouir comme n’importe quel être humain, plus précisément, commes vous, les hommes. Et ces jeunes filles, femmes violées, bafouées, désespérées déchirées au plus profond de leurs entrailles, traumatisées à vie, comment peut-on imaginer ne serait-ce qu’une fraction de seconde, qu’elles puissent vivre, tenter de se reconstruire en portant en elles le fruit d’une telle barbarie ?… C’est odieux, d’une perversité innommable. Ne vous en déplaise monsieur, nous ne lâcherons rien, non seulement, nous les femmes, mais aussi avec des hommes à nos côtés. Là encore, ne vous en déplaise, ils ne sont fort heureusement pas tous de votre espèce. Pour finir, prenez le temps de vous éduquer, de vous instruire un minimum lorsque vous décidez d’aborder, des sujets aussi grave que celui-ci. À bon entendeur, je vous laisse avec votre conscience, si toutefois, vous en avez une.

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