#BringBackOurGirls : 2 ans après, Boko Haram envoie une « preuve de vie » en vidéo

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Vaut-il mieux être morte que vivante ou morte-vivante ?

Juste 2 ans après l’enlèvement à Chibok des 276 lycéennes, les islamiques Boko Haram ont envoyé une « preuve de vie » sous forme de vidéo. On peut voire une quinzaine de lycéennes figées aux regards de détresses, recouvertes d’un hijab noir, murmurant tour à tour leurs noms.

Malgré tout, pour le ministre de l’Information du Nigeria, les jeunes filles «ne semblaient pas être stressées le moins du monde» et il constate «peu de changement dans leur apparence physique». Facile à dire, lorsqu’on ne fait rien pour tenter de les arracher à leur sort ! Ce n’est pas lui qui vit 2 ans de calvaire comme esclave sexuel, ce n’est pas lui qui est violé 3 fois par jour, qui a été marié de force, torturé… Ce n’est pas lui qui a été converti (une majorité d’entre elles sont chrétiennes), privé de sa famille, de liberté et d’éducation. Ce n’est pas lui qui risque de se faire sauter dans un marché. 

Propos abjects des autorités nigérianes faces aux familles qui gardent l’espoir malgré leur désespoir, qu’elles ne soient jamais libérées.

Elles avaient été kidnappées par Boko Haram dans leurs lits au dortoir de leur lycée à Chibok (Nigeria). Deux ans plus tard, le groupe islamique a envoyé une « preuve de vie » de ces 276 lycéennes. La chaîne américaine d’information CNN a rapporté mercredi 13 avril que la vidéo montrait une quinzaine de jeunes filles recouvertes d’un hijab noir, qui donnent leur nom, assurent avoir été enlevées à Chibok et précisent la date de l’enregistrement, le 25 décembre.

Les 15 adolescentes ont été identifiées. CNN, qui a fait visionner la vidéo à plusieurs de leurs proches, raconte que Rifkatu Ayuba se lamente en disant « Ma Saratu » quand elle voit sa fille. La jeune fille maintenant âgée de 17 ans est montrée portant une abaya violette et un foulard marron à motifs sur les cheveux.

« Si je pouvais, je la sortirais de l’écran », explique sa maman.

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Dans cette vidéo de deux minutes, les filles sont alignées devant un mur jaune. Elles ne montrent pas de signe de maltraitance. La caméra s’arrête sur chacune d’entre elles et un homme hors du cadre pose des questions : « Comment tu t’appelles ? Est-ce que c’était ton nom quand tu étais à l’école ? Où as-tu été enlevée ? ». Les filles s’exécutent calmement. A la fin de la séquence, l’une d’entre elles, Naomi Zakaria, lance un appel (sans doute dicté) au gouvernement nigérian pour être réunies avec leurs familles.

Il s’agit de la première vidéo permettant d’établir que certaines des jeunes filles enlevées sont toujours en vie, depuis celle diffusée par Boko Haram en mai 2014

Selon les informations de l’AFP, des membres de Boko Haram auraient pris contact mi-janvier avec le gouvernement, réclamant des discussions sur un possible échange de prisonniers. Le gouvernement ayant demandé une « preuve de vie », il aurait d’abord reçu cinq photos de certaines des otages, puis cette vidéo.

Nombreuses manifestations

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2014, des hommes armés de Boko Haram avaient fait irruption dans les dortoirs du lycée et enlevé 276 jeunes filles.

Leur enlèvement, et le manque d’avancée dans leur recherche, avait déclenché de grandes manifestations au Nigeria et dans le monde entier. Des personnalités comme Michelle Obama ou Malala Yousafzai avaient pris part à #BringBackOurGirls, la campagne sur les réseaux sociaux pour réclamer leur libération.

Les parents des 219 lycéennes encore disparues – 57 étaient parvenues à s’enfuir peu après l’enlèvement – doivent tenir une réunion de prière ce jeudi 14 avril devant l’école de Chibok où leurs enfants ont été enlevées. Dans le reste du pays, des manifestations sont également prévues. 

Un homme manifeste pour la libération des lycéennes enlevées à Chibok, à Abuja (Nigeria) le 14 octobre 2014 (PIUS UTOMI EKPEI / AFP.)

Un homme manifeste pour la libération des lycéennes enlevées à Chibok, à Abuja (Nigeria) le 14 octobre 2014 (PIUS UTOMI EKPEI / AFP.)

A Lagos, la capitale économique du Nigeria, des veillées de prière se sont tenues mercredi soir sur un carrefour très passant, où les photos et les noms des otages sont affichés depuis deux ans.

« Nous voulons montrer aux familles qu’elles ne sont pas seules. Nous partageons leur douleur et nous serons à leurs côtés jusqu’au retour de leurs filles », ont déclaré les organisateurs.

Continuer à manifester c’est « défendre l’esprit du Nigeria » en montrant « qu’on se préoccupe de la vie de nos concitoyens », ont-ils ajouté. « Nous n’accepterons jamais que des Nigérians soient enlevés sans que personne ne se soucie de leur sort« .

Les enfants, premières cibles

Les filles de Chibok sont les victimes les plus tristement célèbres de l’insurrection de Boko Haram, qui utilise souvent le kidnapping comme une arme, dans une guerre qui a déjà fait quelque 20.000 morts depuis 2009.

Selon les ONG qui militent pour les droits de l’Homme, plusieurs milliers de femmes et de jeunes filles ont été enlevées depuis le début du conflitBoko Haram en fait des esclaves sexuelles ou des bombes humaines, tandis que les hommes sont enrôlés de force pour combattre les rebelles qui veulent instaurer un Etat islamique dans le nord-est du Nigeria.

Le directeur d’Amnesty International Nigeria, M.K. Ibrahim, a appelé à la libération de tous les otages, estimant que les filles de Chibok étaient devenues le symbole « de tous les civils qui ont vu leur vie détruite par Boko Haram ». Sur les 2,6 millions de personnes qui ont fui les violences, plus de 952.000 enfants se sont fait « voler » leur droit à l’éducation, leurs écoles ayant été attaquées, a dénoncé l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié lundi. L’UNICEF souligne dans un autre rapport que le nombre d’enfants enlevés et impliqués dans des attentats suicides est en nette augmentation, et que trois quarts d’entre eux étaient des filles entre janvier 2014 et février 2016.

Dans un édito, le « Guardian » écrit :

« La sensibilisation mondiale ne peut pas, en elle-même, libérer les filles mais cela peut certainement aider. Deux ans après, la campagne #BringBackOurGirls devrait être relancée et être encore plus forte ».

tempsreel.nouvelobs.com

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