1er Mai – Du Rana Plaza à Paris, n’oublions pas les travailleuses !

Il y a des anniversaires dont on se passerait bien. 

149293_113110185421223_1762118_n

Des actions solidaires internationales ont eu lieu de nouveau ce 24 avril 2016, en mémoire des 1135 ouvrières et ouvriers du textile, en grande majorité des femmes, tuéEs dans les décombres du Rana Plaza, dont le bâtiment insalubre s’est effondré au Bangladesh en 2013. Des victimes et leurs familles attendent encore réparation. Et les multinationales demeurent libres de toute responsabilité juridique. 

Trois ans après la catastrophe du Rana Plazza, dans le monde entier, à la même heure, de midi à 13h, des travailleurs-euses de plus d’une centaine de pays, ont organisé en ce jour d’anniversaire, des rassemblements de commémoration pour exprimer leur indignation. 

Trois ans, c’est le temps qu’il a fallu à Benetton pour envisager de participer à l’indemnisation des victimes, pour un montant de 1,1 million de dollars, alors que les organisations en faveur des droits humains en réclament 5. Avant elle, il avait fallu 16 mois à Auchan, et une plainte déposée par le Collectif Ethique sur l’étiquette et 2 autres organisations, pour contribuer au fonds d’indemnisation.

Trois ans, et il manque toujours 6 millions sur les 30 millions nécessaires pour assurer une indemnisation juste et complète des victimes.

Trois ans pour déposer en France une loi imposant un devoir de vigilance aux multinationales en matière de droits humains et de l’environnement, votée en première lecture par le Sénat le 30 mars 2015, ré-examinée le 22 mars dernier en seconde lecture pour être finalement adoptée par l’Assemblée Nationale le 23 mars. Espérons que le processus aboutisse avant l’été 2016 et que le Sénat l’inscrive à son agenda le plus rapidement possible, ce qui est moins sur. Cette loi est un premier pas vers une prise en compte des droits humains par les entreprises multinationales. 

Trois ans après la tragédie, les droits des ouvrières-ers sont toujours bafoués : conditions de travail déplorables et attitude antisyndicale de la part des employeurs, qui se traduit parfois par des agressions contre les représentantes-s syndicaux.

Trois ans après, restons mobiliséEs et soutenons ces ouvrièrEs et leurs familles jusqu’à réparation pour TOUTES les victimes. Les femmes sont bien souvent les premières à souffrir des bas salaires et du non respect des lois qui encadrent les conditions de travail. 

Le ras-le-bol s’empare de ces ouvriers, surtout des femmes et des enfants qui assemblent nos t-shirts pour des salaires misérables. Nous ne pouvons laisser passer ce troisième anniversaire de l’une des plus grandes catastrophes industrielles, sans contrepartie pour les blesséEs et les familles des victimes vivant dans une grande pauvreté.

Les travailleurs-euses du monde n’ont donc sans doute jamais eu autant de raisons de prendre la rue ce 1er Mai 2016.

Dans une période marquée ici par la poursuite des politiques d’austérités qui ne font qu’accroître la précarité des femmes, les plus touchées par les temps partiels, les bas salaires ou le chômage, rappelons que les femmes sont toujours considérées comme des salariéEs de seconde zone : elles gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes, elles sont 82% à être à temps partiels, occupent la majorité des emplois à horaires décalés, et touchent en moyenne une pension de retraite inférieure à 30% à celle des hommes. Les inégalités femmes-hommes persistent encore et toujours dans le monde du travail en 2016.

Le sexisme exprimé par la violence économique contre les femmes se répercute par ricochets vers d’autres sphères de la vie professionnelle : secteurs d’activités réduits, plafond de verre, embauche sur des critères physiques plutôt que des compétences..

En cette journée internationale de luttes des travailleurs-ses, le message est clair. Du Rana Plaza à Paris, exigeons l’indemnisation des ouvriers-ères du textile et forçons le respect des droits de tous les travailleurs mais surtout, des travailleuses du monde discriminées en raison de leur sexe. C’est ensemble et dans un même combat que nous pourrons venir à bout de cet odieux système qui profite aux riches, pourtant beaucoup moins nombreux et n’accorde toujours pas l’égalité de droits entre les hommes et les femmes. 

Advertisements

Une réflexion sur “1er Mai – Du Rana Plaza à Paris, n’oublions pas les travailleuses !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s