EDF – « Et toi, quand on te dit technicienne, tu penses à quoi ? »

Au #sexisme

Raté ! EDF a réussi l’exploit de passer à côté du message qu’il voulait transmettre, du style, quand les plombs sautent et que t’as pas de fusible pour éclairer.

EDF a fait une pub pour encourager les femmes à venir travailler comme techniciennes (pas ingénieures, bien entendu). Mais tout le long de la pub, c’est un ramassis de clichés sexistes et misogynes

Parce que combattre des préjugés par d’autres préjugés sous couvert d’humour, c’est dans le spot EDF. Il est pourtant simple de faire un clip stimulant en soulignant que les capacités ne sont pas liées aux gènes, qu’une femme peut se tourner vers n’importe quel métier de son choix, en la mettant en scène sur le terrain par exemple.

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4 réflexions sur “EDF – « Et toi, quand on te dit technicienne, tu penses à quoi ? »

  1. Des années de préjugés stupides dont les conséquences aujourd’hui sont de l’ordre d’un clivage économique profond en défaveur de la Belgique et de la France. Enseignante en collège jusqu’en 1984, je bataillais déjà contre des collègues, hommes bien sûr, qui n’imaginaient pas trois secondes qu’une fille puisse demander une orientation technique côté profession de garagiste, plombier, électricien (après la 3ème ou la 5ème). Et nous en sommes toujours là. La mixité de l’enseignement en France n’a pas été un progrès pour la scolarité des filles, loin de là !!! Car les préjugés furent mixés eux aussi ! Toujours cette « exception française », cet état d’esprit anti-féministe intériorisé, développé à l’extrême, qui remonte à la résurrection de la loi salique pour de simples disputes de succession(cf. les livres d’Eliane Viennot). Vous avez mille fois raison de souligner ce genre de pub au pseudo deuxième degré, car le temps passant, ce type d’humour ne fait que confirmer ou renforcer ces préjugés. Quand j’enseignais les arts plastiques en collège (de 1968 à 1984), en Allemagne (RFA ou en DDR c’était pareil), les femmes étaient déjà conductrices d’engin, de tramway, de poids-lourds, elles dirigeaient des entreprise de construction, de bâtiment, de charpentes, de maçonnerie, d’ingénierie en tout genre… et ces femmes là avaient l’âge : de ma mère !!! C’est-à-dire entre 20 et 30 ans à l’après guerre.
    On se demande parfois d’où vient ce succès économique, cette réussite constante de l’Allemagne (et des pays nordiques) dans tous les domaines, et la capacité de ce pays – même avec les difficultés de la réunification – d’être le pays le plus réactif et le plus capable de passer toutes les difficultés liées aux crises successives en Europe. C’est cette absence de préjugé à l’égard de la profession des femmes et de leur formation qui en est principalement la cause.
    Et c’est cela qu’il faut démontrer et dire aux petits cons à la française. Insérer les femmes dans TOUS les registres actifs de la société économique et politique, c’est faire appel à la moitié d’une population. Ne pas être égalitaire entre les hommes et les femmes, c’est perdre la moitié des compétences pour un pays, bandes de couillons !
    Je n’ai jamais pu obtenir un poste de professeur dans mon université malgré mes diplômes et mes compétences en recherche, enseignement et administration, parce que j’étais simplement une femme homosexuelle, féministe, et que je ne faisais aucune concession aux préjugés anti-féministes de mes collègues hommes ou femmes d’ailleurs. Les carrières des femmes dans les domaines d’enseignement encore à majorité masculine restant des carrières dites « canapé ». Et oui, triste constat en 2016 : le domaine artistique est (contrairement à tout ce que l’on pourrait imaginer) le plus sexiste de tout notre enseignement.

    Aimé par 1 personne

    • Entièrement d’accord avec vous. De formation initiale en arts plastiques, j’ai poursuivi en architecture, puis je suis retournée me former en Taille de pierres chez les compagnons du devoir (statut à part évidement) pour pouvoir subvenir à mes besoin en travaillant, tout en gardant un pieds dans la création. Et bien j’ai dû me résoudre à faire un métier « plus féminin » suite aux railleries sexistes des chefs d’entreprises me faisant venir aux entretiens d’embauche uniquement pour voir à quoi je ressemblais avanr de conclure : « Pas possible ! », rires gras, « une femme sur un chantier, ça va distraire les hommes! ». Comme vous dites, je ressens comme une régression dans les boites et divers secteurs professionnels. Lorsqu’on recherche des femmes comme ici EDF, faut pas se leurrer. C’est bien souvent faute de candidats masculins qui boudent les emplois à cause de salaires jugés trop bas.. La mixité n’aura servi qu’à renforcer les rôles genrés finalement. Notre rôle est de procréer et gérer notre foyer, en faisant quelques activités à temps partiels.
      Triste réalité.

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  2. On pourrait même croire que EDF cherche à engager des techniciens (vous dites qu’ils boudent) en leur faisant miroiter qu’il y aura aussi des « meufs » à draguer au vestiaire et qui vous serviront le café comme il faut. La soupe de préjugés sexistes, elle parle aux hommes, elle les séduit, les accroche : comme une promesse de 72 vierges au paradis ?

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