Mère d’une victime des attentats de Paris : « mes impôts ne serviront pas à payer l’avocat d’Abdeslman »

Élisabeth Boissinot s’oppose à l’aide juridictionnelle accordée à Salah Abdeslam. Elle refuse de participer aux frais de justice de celui qui a tué sa fille lors de l’attaque terroriste du Bataclan, le 13 novembre dernier, perpétrée par les soldats de l’Etat Islamique (EI-Daesh).

« On dirait une vedette : transport en hélicoptère, prison avec 15 personnes qui le surveillent.. On le dorlote pas mais on y fait très attention. C’est quand même un assassin. Et pour moi, qu’on paye un avocat pour lui, et que ce soit mon argent de mon travail qui permette de défendre cet homme là..! Je ne paierai pas. Mes impôts ne serviront pas à payer l’avocat de Salah Abdeslam. Je refuse. Donc j’ai écrit à François Hollande pour lui dire que je ne paierai pas si mes impôts servent à ça. Je ne peux pas laisser passer ça. C’est comme si là, je trahissais ma fille. Il est hors de question que je paie pour défendre quelqu’un qui a tué ma fille. Je ne paierai pas mes impôts. S’il faut aller en prison, j’irai en prison, ça ne me dérange pas. Je veux être fidèle à la mémoire de ma fille et je veux faire ce que je pense qui est juste. J’ai pris un avocat parce que je veux lire le rapport d’autopsie de Chloé, c’est moi qui vais le financer. Nous, on va financer pour avoir des réponses et la France va financer pour essayer de lui éviter la prison à vie. C’est ça qui me met en colère. »

Le 13 novembre 2015, Élisabeth Boissinot a vécu l’horreur. Chloé, sa fille de 25 ans, a été tuée par des rafales de kalachnikovs alors qu’elle se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge, dans le XIe arrondissement. Presque six mois plus tard, Élisabeth Boissinot exprime sa colère sur sa page Facebook. Concrètement, elle proteste contre l’aide juridictionnelle, accordée par l’État à Salah Abdeslam, le dernier participant présumé des attentats de Paris encore en vie et exclu que ses « impôts servent à défendre celui qui a assassiné » sa fille. Cette femme originaire de la Vienne aurait écrit une lettre au chef de l’État.

« Allons-nous nous incliner devant des lois qui favorisent les assassins, allons-nous leur payer leurs avocats ? (…) Allons-nous encore une fois baisser la tète, ne pas réagir ? Mes impôts (parce que moi Monsieur le Président je travaille) servent a défendre celui qui a assassiné ma fille, ma Chloé. Alors si vous ne faites rien, si personne ne bouge, si nous restons inertes face a cette flagrante injustice, moi Monsieur le président, je gèlerai mes impôts. » Dans un autre post, elle demande « pourquoi Salah Abdeslam ne demande pas à Daesh de l’aider ? »

Qu’est-ce-que l’aide juridictionnelle ?

Capturé par les autorités belges le 18 mars dernier à Molenbeek, Salah Abdeslam a été transféré de la prison de Bruges à Beveren avant d’intégrer la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), où il est placé à l’isolement depuis le 27 avril. Mis en examen pour assassinats à caractère terroriste, l’ancien suspect le plus recherché d’Europe, est défendu en Belgique par Sven Mary et en France par le médiatique pénaliste Franck Berton

Comme l’a souligné Élisabeth Boissinot, ce dernier sera payé par le contribuable français. L’État paie en effet au forfait, selon une somme fixée par un arrêté ministériel. Le tarif reste donc le même, peu importe combien de temps dure l’instruction, combien de fois l’avocat va voir son client en prison ou combien de personnes travaillent sur le dossier dans le cabinet. D’après le site service-public.fr, l’aide juridictionnelle, mise en place en 1972, permet aux prévenus disposant de « faibles ressources de bénéficier d’une prise en charge totale ou partielle par l’État des honoraires et frais de justice (avocat, huissier, expert, etc.). » 

Des conditions d’attribution basées sur les revenus de l’accusé

Depuis le 1er janvier 2016, l’aide juridictionnelle peut être accordée dans son intégralité ou en partie. La prise en charge est totale si l’accusé perçoit moins de 1.000 euros par mois, de 55% s’il touche entre 1.001 et 1.182 euros chaque mois et de 25% pour une personne recevant entre 1.183 et 1.499 euros chaque mois. Il suffit d’être français, citoyen d’un État membre de l’Union européenne ou étranger en situation régulière pour y prétendre. La gravité des faits reprochés ne rentre donc pas en ligne de compte.

Dans Le Figaro, Yves Tamet, avocat à Bobigny et membre du Conseil national des barreaux, estime que « Frank Berton va sans doute perdre de l’argent dans cette affaire car il va passer beaucoup plus de temps sur le dossier que ce qui est prévu par l’aide juridictionnelle. Il ne fera donc pas fortune, mais ce n’est pas pour cela qu’il a accepté l’affaire. » Le procès de Salah Abdeslam ne devrait pas avoir lieu avant 2019.

rtl.fr

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