Sur un vélo, le combat des « petites reines de Kaboul » pour les femmes

Cyclisme contre la misogynie !

L’égalité femme-homme est encore un rêve lointain en Afghanistan et les droits des femmes restent fragiles. Massoumah et Zahra, deux sœurs afghanes, disputeront dimanche leur première course cycliste en Europe à Albi. Elles se battent pour le droit des femmes dans leur pays. 

« Nous ne faisons pas de vélo pour faire de la politique. Nous en faisons parce que nous en avons envie, parce que nous aimons ça, parce que si nos frères peuvent le faire, alors nous aussi »

Photo DDM M.P. Volle

Photo DDM M.P. Volle

«C’est le rêve de tout cycliste de venir dans le pays du Tour de France. On mesure notre chance». Fières de vivre une telle expérience, Massoumah et Zahra, deux sœurs afghanes de 18 et 19 ans, seront au départ demain de l’Albigeoise, une épreuve cyclosportive internationale. Deux concurrentes pas comme les autres. Dans leur pays, où le poids de la tradition et de la religion est très fort, les femmes qui pratiquent le cyclisme ne sont qu’une vingtaine. Bravant les interdits, les deux sœurs sont les piliers de l’équipe nationale féminine afghane, surnommée «les petites reines de Kaboul».

Depuis une dizaine de jours, elles s’entraînent en toute discrétion sur les routes vallonnées autour d’Albi. Leur coach et une troisième cycliste de 17 ans, les accompagnent pendant ce court séjour. Portant un voile discret sous le casque, Massumah et Zahra ne ménagent pas leurs efforts sur le vélo. Elles disputeront demain leur première course en Europe. «C’est un double défi pour elles» raconte Roland Gilles, ancien ambassadeur et l’un des organisateurs de l’Albigeoise, qui est à l’origine de leur venue.

«Un défi sportif d’abord, car dans leur pays, les entraînements sont compliqués, et le matériel n’est pas toujours adapté. Mais c’est surtout un défi pour défendre la cause des femmes en Afghanistan. Leur venue pour participer à cette course est un acte très fort, porteur de symboles car il y a beaucoup d’opposition chez elles.»

Elan de générosité

Mercredi, Massoumah et Zahra se sont glissées dans un groupe de jeunes du club d’Albi vélo sport en saluant l’équipe d’un jovial «bonjour !» lancé en français. Au fil de la dizaine de séances d’entraînement et des 500 kilomètres parcourus, elles ont pu améliorer leur technique et leur endurance.

«Leur coup de pédale a radicalement changé. Il faut aussi dire que nous avons bénéficié d’un formidable élan de générosité de la part des équipementiers qui leur ont prêté des vélos, et offert des casques et tenues complètes avec lesquelles elles repartiront en Afghanistan», se réjouit Roland Gilles.

Massoumah, qui semble la plus affûtée, espère bien figurer demain : «Nous avons beaucoup appris et à notre retour, nous allons partager tout cela avec les autres filles, dit-elle en anglais. Les méthodes d’entraînement ici sont différentes. En Afghanistan, il n’y a que des courses non-officielles avec une dizaine de participantes. On ne progresse pas.» Leur équipe doit s’entraîner sur les petites routes en dehors de la capitale où on ne voit aucune femme à vélo.

Leur combat pour l’égalité a séduit l’ambassade de France à Kaboul qui a invité toute l’équipe des «petites reines» le 8 mars pour la Journée internationale de la femme. C’est depuis cette date qu’est venue l’idée de les inviter dans le Tarn. «Tout s’est réglé en une semaine» raconte Roland Gilles, lui-même cycliste avec son épouse Claudia, plusieurs fois championne du monde masters.

Grâce aux conseils des Albigeois, Massumah et sa sœur se sentent prêtes pour faire les 100 km de l’épreuve tarnaise. «Notre objectif, c’est d’abord de terminer, glisse modeste Massoumah. Mais si on peut la faire en 3 h 30, ce serait bien.»

Après avoir pédalé en France, les deux sœurs ont maintenant un autre rêve : se qualifier pour les championnats du monde qui se dérouleront fin août en Australie.

Au-delà de la performance sportive, elles ont conscience de porter la cause des femmes afghanes. Un combat qu’elles veulent mener à travers le sport.

Vers le prix Nobel de la paix ?

L’équipe à laquelle appartiennent les deux jeunes femmes a été surnommée «Les petites reines de Kaboul». Il s’agit de l’équipe nationale féminine d’Afghanistan. Leur combat pour vivre leur passion dans un pays où la femme n’est pas libre, a ému. Un long reportage diffusé sur Arte leur a été consacré.

Elles sont en fait une dizaine à constituer cette équipe et à prendre de gros risques dans ce pays conservateurl’émancipation des femmes est mal vue.

Touchés, des parlementaires italiens ont voté pour qu’elles soient nominées au prochain prix Nobel de la Paix.

ladepeche.fr

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