1 femme sur 2 adapte sa tenue pour éviter le harcèlement dans les transports

Voici les résultats ahurissants d’une étude de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut). On apprend que 48 % des femmes interrogées ont tendance à adapter leur tenue vestimentaire pour utiliser les transports en commun. La peur de l’agression est omniprésente. Adopter une stratégie d’évitement pour se protéger atteint la liberté d’être et de circuler. 

54 % des personnes interrogées n’utilisent pas les transports en commun à certaines plages horaires (surtout en soirée), par peur du harcèlement.

89 % des agressions n’ont provoqué aucune réaction des témoins.

34 % d’entre elles utilisent d’autres moyens de locomotion (vélo, taxi, véhicule personnel…) au détriment du coût financier que cela engendre.

Près de neuf femmes sur dix ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun. La moitié troque sa jupe pour un pantalon dans l’espoir d’éviter les gestes déplacés, les injures ou même les agressions.  (LP/Olivier Corsan.)

Près de neuf femmes sur dix ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun. La moitié troque sa jupe pour un pantalon dans l’espoir d’éviter les gestes déplacés, les injures ou même les agressions. (LP/Olivier Corsan.)

Pour éviter gestes et remarques déplacés, une femme sur deux adapte sa tenue vestimentaire… ou prend un taxi. Edifiant.

Sifflements, injures, remarques désobligeantes sur une tenue vestimentaire, gestes déplacés, voire, dans les cas les plus extrêmes, agressions sexuelles… 87 % des femmes ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun, selon une étude de la Fédération nationale des association d’usagers des transports (Fnaut), publiée aujourd’hui et que nous révélons. « Un chiffre qui reflète malheureusement la réalité », commente Christiane Dupart, membre du bureau de la Fnaut.

Basée sur les réponses de plus de 6 000 usagères (métro, RER, autobus, train…), cette étude montre que la crainte d’un harcèlement modifie considérablement le comportement des femmes à l’égard des transports publics.

Des stratégies d’évitement

Ainsi, plus de la moitié des personnes interrogées (54 %) n’utiliseraient pas les transports en commun à certaines heures, notamment en soirée, par peur du harcèlement. Troquer une jupe d’été pour un pantalon, planquer son décolleté sous un foulard… Elles sont également 48 % à adapter leur tenue vestimentaire pour se déplacer. Enfin, 34 % d’entre elles se détournent carrément des transports publics pour le vélo, le taxi ou encore leur véhicule personnel, même si ça leur coûte bien cher.

Maelle, 32 ans, avoue ainsi préférer éviter les transports en commun lorsqu’elle est seule et qu’elle rentre tard après une soirée : « Je n’ai jamais vraiment eu de problème, mais ça me rassure de rentrer en taxi », explique cette Parisienne.

Pour Annie Guilberteau, directrice générale du Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (Cnidff), « en adoptant ces stratégies d’évitement, les femmes atteignent leur liberté d’être » et de circuler. Des stratégies qui consistent également à se mettre près des portes de la rame de métro pour sortir au plus vite au moindre problème, ou à changer de place dès qu’un homme se montre un peu collant. Céline, 33 ans, se souvient s’être retrouvée à côté d’un exhibitionniste dans le métro rennais (Ille-et-Vilaine) lorsqu’elle était étudiante. Si elle a regretté après coup ne pas s’être confrontée à cette personne en la dénonçant, son premier réflexe a été de filer à l’autre bout du wagon. Une réaction adoptée, selon l’étude, par plus de 80 % des femmes.

Comment renverser cette situation ? Des bornes d’appel et un numéro d’urgence (31.17 pour la SNCF) ont bien été mis en place, mais entre 60 et 70 % des voyageuses ne les connaissent pas !

LES CLÉS

49 % des femmes interrogées dans l’enquête de la Fnaut affirment être souvent ou fréquemment harcelées dans les transports.

71 % des répondantes se déclarant victimes de harcèlement ont subi des actes constituant des infractions pénales.

21 % des femmes ont été harcelées alors qu’elles étaient accompagnées.

46 % des victimes se sont retrouvées dans une situation où elles n’ont pas réagi ou pas pu réagir.

86 % des cas de harcèlement se sont déroulés en présence de témoins. Dans 89 % des cas, ils n’ont eu aucune réaction.

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leparisien.fr

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