Anniversaire féministe en Suisse

Le 14 juin 1991 des centaines de milliers de femmes suisses étaient dans la rue pour réclamer plus d’égalité entre les sexes et des salaires équivalents à ceux des hommes. 25 ans plus tard et malgré une loi encadrant les salaires, elles luttent toujours

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Elles étaient près d’un demi-million -soit 1 femme sur 4- à participer à la grève nationale ce 14 juin 1991. Cinq ans plus tard, une loi fédérale entrait en vigueur interdisant la discrimination salariale. Pourtant aujourd’hui le combat est loin d’être terminé. En Suisse les femmes gagnent 15% de moins que les hommes dans le secteur privé, 12,8% de moins dans le public.
Pour que la situation évolue, l’Union syndicale suisse fait aujourd’hui des propositions concrètes. Elle réclame notamment que l’égalité salariale soit soumise à un contrôle obligatoire.

Qu’elles aient 40 ans, 60 ans ou plus, la plupart évoquent la grève des femmes de 1991 avec le sourire. Cette mobilisation, qui fête aujourd’hui ses 25 ans, a marqué les esprits dans toute la Suisse. «Je me souviens surtout d’une journée formidable et très gaie», raconte Maria Bernasconi, ancienne conseillère nationale socialiste genevoise. «En Suisse, la grève générale ne fait pas partie des habitudes, rappelle-t-elle. Il s’agissait de cesser de se plaindre et de poser un geste différent.»

«Avec un mot d’ordre de grève classique, l’impact aurait été plus faible, la plupart des femmes n’auraient pas osé», estime aussi Liliane Valceschini, l’une des chevilles ouvrières de la grève du 14 juin 1991, dans Mieux qu’un rêve, une grève 1. Ce jour-là, des noms de rue ont été modifiés, des lessives géantes étendues dans la rue, des femmes se sont croisé les bras devant les machines, empêchant la production, des groupes de discussion se sont créés; ici, une altiste de la Tonhalle de Zurich a osé retarder le début du concert en signe de solidarité, là, une paysanne d’Isérables a expliqué à la caméra que son mari avait plus de respect pour ses vaches que pour elle; là encore, deux hommes ont abattu le repassage d’une collègue venue au collège avec son panier à linge débordant.

Jamais assez à manger

Ouvrières, enseignantes, universitaires, mères au foyer, quelque 250 000 femmes au moins ont fait entendre «sans hargne ni méchanceté» leurs frustrations liées à une organisation inégalitaire de la société. La grève n’était pas corporatiste. Il s’agissait de dénoncer le manque de crèches, le sexisme ambiant, la non-reconnaissance du travail gratuit, la précarité des travailleuses, les inégalités salariales.

Lancée par l’Union syndicale suisse, la grève a pourtant été pensée dans tout le pays, portée par une cinquantaine de comités de grève mixtes, composés de militantes syndicales et de femmes de tous bords. Magaly Hanselmann, aujourd’hui à la tête du Bureau de l’égalité vaudois, commençait alors l’université: «Ce qui m’a marquée, c’est le nombre de participantes, qui ne venaient pas forcément de milieux sensibilisés. ­C’était un mouvement sans précédent!» En arborant le badge de la grève, des dizaines de milliers de femmes même peu habituées à manifester ont osé dire qu’elles jugeaient leurs conditions de travail injustes.

Michela Bovolenta, tout juste diplômée, s’était engagée dans l’un des comités: «Il n’y avait jamais assez à manger. La mobilisation a dépassé toute nos attentes.» Elles envoient beaucoup de matériel dans les villages, la grève n’a pas lieu seulement dans les villes. Aujourd’hui syndicaliste au SSP, Michela Bovolenta est rôdée aux manifestations. «Mais celle-ci est la seule qui s’est tenue aussi à la maison.»

De tous âges

A cette époque, Maria Bernasconi est mère au foyer et députée au Grand Conseil genevois. Le matin même, elle intervenait à la maison de retraite de Vessy. «‘Pour nous, ça a été très difficile, vous savez’, me disaient des dames âgées, nées au début du siècle. Elles étaient heureuses de cette grève et m’en remerciaient. Ça a été très touchant.» Des enseignants sont venus en classe avec leurs enfants, d’autres ont thématisé la grève avec leurs élèves. Parmi les jeunes femmes qui se mobilisent actuellement dans le cadre de la Slutwalk ou des Aktivistinnen – de remuantes militantes zurichoises –, plusieurs s’en souviennent, certaines seront présentes aujourd’hui: même si leur lutte n’est pas forcément la même, elles jugent la mobilisation importante.

La grogne, aussi

Reste que toutes les femmes n’ont pas été logées à la même enseigne, notamment les vendeuses. La compagnie d’assurance-maladie où travaillait Catherine, la CSS pour ne pas la nommer, a déclaré la grève interdite et menacé les éventuels mal-portants du 14 juin de coups de fil investigateurs. «De mes connaissances employées dans le privé, aucune n’a fait grève, raconte-t-elle. Mais comme j’étais à temps partiel, j’ai pu rejoindre cette belle fête ensuite.»

Pas le bon moyen, clament les uns, pas le bon moment, disent les autres. Face à la détermination du mouvement et à la sympathie qu’il suscite, le ton change pourtant au fil des jours et certains patrons finissent par lâcher du lest. Même la très libérale NZZ invite le monde de l’économie à respecter l’évolution sociale et à ne pas se priver des «éléments les plus imaginatifs de ce pays». D’autres employeurs se sont positionnés d’emblée du côté des travailleuses.

Maria Bernasconi comme Michela Bovolenta attribuent à cette journée le progrès de la loi sur l’égalité. «Sinon, il aurait fallu attendre encore vingt-cinq ans, comme pour l’assurance-maternité.» Si cette journée gaie a donné une rose visibilité aux revendications des femmes, elle a aussi manifesté leur ras-le-bol, estime l’une d’entre elles: «Car rien ne bougeait!» Sur l’une des pancartes, on lisait: «Des siècles d’inégalité, dix ans d’illégalité». Car depuis 1981, l’égalité des droits était entrée dans la Constitution. Mais la loi d’application ne sera mise en consultation qu’en 1991.

Pas de contrôles

Les actions qui se déroulent aujourd’hui ciblent surtout les inégalités salariales. Comme le montrent les dernières statistiques, les femmes gagnent en effet toujours quelque 20% de moins que les hommes et quasi la moitié de cette différence est discriminatoire. Syndicom propose de prolonger la pause de midi d’autant, pour travailler moins aujourd’hui. Un projet de loi prévoit que les patrons des entreprises de plus de 50 employés doivent contrôler régulièrement leurs salaires. Mais aucune mesure n’oblige encore les récalcitrants à s’exécuter.

Des actions auront lieu dans tout le pays.

  • Mieux qu’un rêve, une grève, publié sous la direction d’Ursula Gaillard, 1991, Editions d’en bas.
En lien avec cet article : 

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Licenciements après une grossesse: la pratique perdure

Les syndicats et les mouvements féministes ont décidé de mettre l’accent sur cinq revendications, en ce 14 juin. L’introduction de contrôles – et de sanctions – face à la discrimination salariale, l’allègement du fardeau de la preuve en cas de harcèlement sexuel, la prise en compte du cumul des formes de discrimination, la mise en place d’un congé parental à partager au sein du couple et une meilleure réintégration dans l’emploi en cas de licenciement au retour du congé maternité. Ce dernier point est un enjeu particulièrement important. Car malgré l’interdiction par la Loi sur ­l’égalité des licenciements en raison d’une grossesse, la protection des mères n’est toujours pas effective.

Trop nombreux exemples

Magaly Hanselmann, cheffe du Bureau vaudois de l’égalité, en est fréquemment témoin: «Nous observons de nombreuses situations de licenciements abusifs, dont une minorité seulement sont poursuivies devant les tribunaux.»

Ils ne sont que la pointe de l’iceberg, et pourtant ces cas parvenus jusqu’aux tribunaux ne manquent pas. Par exemple celui de «Madame T», licenciée abusivement après vingt ans au sein de son entreprise. Celle-ci a demandé une réduction de son temps de travail juste avant l’arrivée de son deuxième enfant. Dès ce moment, son employeur lui reproche «son manque de flexibilité patent et persistant depuis la réorganisation de ses tâches». Une semaine après son retour de congé maternité, elle est renvoyée, sans autre avertissement. Le Tribunal cantonal neuchâtelois conclura à un licenciement abusif, mais non discriminatoire (les problèmes ayant débuté entre deux grossesses).

Il y a aussi le procès de «Madame X», passé cette fois devant la Cour d’appel des prud’hommes. Pour cette femme qui travaillait dans une bijouterie genevoise, le licenciement est intervenu au premier jour de travail, après une seconde grossesse. Quelques jours avant, elle s’était enquise de son cahier des charges, s’entendant répondre que «le détail de ses tâches lui serait communiqué le jour de son retour». En lieu et place, elle se voit remettre une lettre notifiant son licenciement dans un délai de trois mois, n’indiquant aucun motif, qu’elle refuse de signer. Le syndicat UNIA l’aide à contester cette décision et le tribunal en reconnaîtra le caractère abusif et discriminatoire.

Ce ne sont là que deux exemples, mais ils représentent la réalité vécue par de nombreuses femmes à leur retour de congé maternité.

Techniques diversifiées

En raison de l’ampleur du phénomène, les syndicats souhaiteraient voir développées les possibilités de réengagement en cas de licenciement discriminatoire. Une garantie importante pour des femmes traversant une période délicate. Des études menées en partenariat avec le Bureau vaudois de l’égalité et le département gynécologique du CHUV démontrent en effet que la grossesse est un moment durant lequel les femmes sont précarisées dans leur santé et dans leur relation au travail.

Celles-ci subissent également d’autres types de pressions, plus sournoises que les licenciements. «Il existe aussi la pratique douteuse consistant à réduire leur taux d’activité sans même consulter les personnes concernées, explique Magaly Hanselmann. Ou, au contraire, à imposer un rythme de travail difficile à tenir. Beaucoup de femmes ont aussi la surprise de trouver un cahier des charges transformé à leur retour.» Découragées, peinant à retrouver leurs marques au travail, avec un ou plusieurs enfants en bas âge à la maison, les jeunes mères sont alors fragilisées.

Au-delà du cadre légal, les Bureaux de l’égalité appellent donc à faire évoluer les discours dans le monde du travail. «Combien de fois n’entend-on pas des remarques du type: ‘Voilà qu’elle va encore tomber enceinte’», déplore la déléguée vaudoise à l’égalité. Des expressions qui, selon elle, «démontrent que le droit à une assurance-maternité n’est vraiment pas encore acquis».

Une lutte historique pour l’égalité

La Suisse fête aujourd’hui un triple anniversaire: les 35 ans de l’article constitutionnel sur l’égalité entre femmes et hommes, les 25 ans de la grève des femmes et les 20 ans de la loi fédérale sur l’égalité. Trois dates symboliques, malheureusement contrebalancées par des inégalités toujours profondément ancrées et difficiles à contrer. Le Courrier s’est intéressé aux progrès de ces dernières décennies, pour mieux décrypter les enjeux des luttes féministes à venir.

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Malgré la mobilisation massive des femmes – et des hommes solidaires – lors de la grève de 1991, celles-ci restent sous-représentées en politique, plus fragiles sur le marché du travail en raison de temps très partiels qu’elles assument en plus des charges familiales. De plus, les écarts salariaux (dont une partie ne peut être objectivement expliquée) stagnent, le droit à l’interruption de grossesse doit encore être défendu face aux attaques des rangs conservateurs et les lois en matière de protection contre les violences domestiques peinent à être appliquées….

«Malheureusement, les questions liées à l’égalité sont banalisées», regrtte Magaly Hanselmann, cheffe du Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH). «Une partie de la population a l’impression que c’est un acquis, et désormais une thématique annexe face à d’autres priorités. Alors que les inégalités restent extrêmement importantes dans le quotidien des femmes et des hommes.» La déléguée à l’égalité a passé en revue quelques jalons historiques des – récentes – évolutions en la matière.

Citoyennes, mais de seconde zone

Pour raconter le processus, Magaly Hanselmann compte à partir du suffrage universel. «Le droit de vote pour les femmes, c’est le début de leur citoyenneté. Il était nécessaire pour progresser sur les autres revendications.»

Fédéralisme oblige, les femmes suisses ont dû procéder par étapes. Au niveau fédéral, c’est le 7 février 1971 que les hommes votèrent une ultime fois entre eux, acceptant le suffrage universel à 65,7 %. Avant cela, les cantons de Vaud, Neuchâtel et Genève avaient fait office de pionniers, accordant ce droit entre 1959 et 1960. Reste Appenzell Rhodes-Intérieures, qui s’est vu forcer la main le 27 novembre 1990, par décision du Tribunal fédéral.

Une fois ce pas franchi, tout restait à faire. «En Suisse, les femmes sont devenues actrices de leur vie, autonomes, agentes économiques et citoyennes très tardivement», analyse Magaly Hanselmann. Au moins la thématique de l’égalité est-elle ancrée dans les institutions. «Cela aboutit à l’article sur l’égalité en 1981 et, dans la foulée, à une certaine autonomie financière. Il faut s’imaginer que jusque dans les années 1980, les femmes avaient besoin de l’accord de leur époux pour travailler ou pour ouvrir un compte en banque.»

Accès à la vie politique

Malgré les efforts, les discriminations formelles demeurent. Longtemps, on exige des filles qu’elles obtiennent davantage de points que leurs camarades masculins pour obtenir le – même – diplôme de maturité. «Une logique qui n’a pas complètement disparu, note Magaly Hanselmann. On a tendance à en attendre toujours un peu plus de la part des filles.»

La grève de 1991 vient donc rappeler que rien n’a changé depuis 1981. La mobilisation sans précédent met enfin la pression sur le monde politique. Les années 1990 sont l’occasion de revendiquer une meilleure représentation des femmes au parlement. Une campagne de sensibilisation est lancée pour les élections de 1991 et 1995. Au Conseil national, on compte 35, puis 43 élues sur 200 (64 en 2015). Aux Etats, elles sont 4, puis 8 (contre 7 aujourd’hui) sur 46 sièges.

Crèches, retraites et sécurité

Quelques avancées concrètes sont à noter pour cette décennie: l’importance des crèches et des structures d’accueil pour les enfants est reconnue, le 25 juin 1995 une votation entérine le principe de cotisations et rentes individuelles pour l’AVS ainsi qu’un bonus pour les tâches d’éducation et d’assistance, premier pas vers une retraite un peu plus égalitaire.

1993 voit l’entrée en vigueur de la Loi sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI): «C’est vrai que cette loi a marqué une grande avancée pour la lutte contre les violences domestiques. Mais elle a été établie pour aider toutes les victimes, et pas les femmes en particulier», nuance Magaly Hanselmann. «Le résultat n’est pas négligeable: avant la LAVI, nous n’avions même pas de statistiques sur les violences domestiques. Or un problème social ne se révèle qu’à la lumière des statistiques.» Un progrès en demi-teinte, donc. «Et notons qu’il faut attendre 2004 pour voire enfin abrogée la diminution de peine en cas de viol conjugal, grâce au travail de l’élue Margrit von Felten.»

Enfin viennent les années 2000 et plusieurs percées d’importance capitale. Le droit du divorce est révisé en 2000, la dépénalisation de l’avortement entre en vigueur en 2002, les violences dans le couple sont poursuivies d’office depuis 2003… Le 26 septembre 2004, après plusieurs refus en votation populaire et soixante ans après la création de la base constitutionnelle, les Suisses acceptent le principe de l’assurance-maternité. Les chantiers législatifs et les luttes féministes des années 1990 portent enfin leurs fruits.

L’égalité salariale ou à la retraite restent en revanche un objectif à long terme et nécessitera encore bien du travail, regrette Magaly Hanselmann. «L’arrivée des femmes sur le marché du travail est désormais acquise.» Et de citer deux statistiques évocatrices sur l’évolution de la société en la matière: entre 1992 et 2014, les couples où l’homme travaille à plein temps et la femme reste au foyer ont chuté de 47% à 22%. Sur la même durée, le nombre de familles faisant le choix d’un modèle égalitaire est passé de 1,5% à 6%. Magaly Hanselmann suggère d’y voir le verre à moitié plein: «Cela reste bas, mais le chiffre a triplé, malgré tout.»

Pourrait-on donc miser sur l’élan positif de ces années 2000 et laisser le temps faire le reste? «Pas le temps, le travail», corrige Magaly Hanselmann. LAURA DROMPT

Trois questions à Annik Mahaim

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Journaliste et romancière, Annik Mahaim a participé à la grève des femmes de 1991. Elle présentera, ce mardi à 18h30 à la librairie Basta!, à Lausanne, son nouveau roman, Radieuse matinée, un récit sur son parcours au sein de l’extrême gauche et du Mouvement de libération des femmes.

Vous avez participé à la grève de 1991. Entre acquis et défis, où nous trouvons-nous aujourd’hui? Une nouvelle grève des femmes est-elle nécessaire?

Oui, évidemment qu’une mobilisation de ce type-là serait bienvenue. Lorsque j’ai participé à la grève de 1991, alors journaliste à la Radio suisse romande, mes collègues et moi souhaitions notamment la création d’une crèche à proximité, des horaires permettant de concilier travail et vie de famille, la possibilité d’exercer des responsabilités en partageant un poste de travail. La grève nous a donné un élan. Une «commission femme» s’est créée, nous avons été reçues par la direction, il y a eu quelques progrès. Mais beaucoup reste à faire.

Ce travail souterrain, peu visible dans les entreprises, est aussi important qu’une action spectaculaire. Il est d’ailleurs essentiel que les femmes se syndiquent! Puis, si l’écart salarial entre hommes et femmes, en Suisse, a diminué depuis les années 1970, il stagne actuellement autour des 20%. Le plafond de verre existe toujours. Les rôles féminins et masculins évoluent lentement. Le congé paternité, par exemple, est encore à conquérir. Et les hommes ont tout à y gagner.

Qu’aviez-vous fait, concrètement, le 14 juin 1991, dans les locaux de la radio?

Toutes les femmes de la rédaction étaient mobilisées. Nous avons travaillé et proposé une «journée spéciale femmes», avec des interviews, des débats et des reportages. Un débrayage d’une heure a tout de même eu lieu, l’occasion, pour nous, de discuter des problématiques d’égalité et des difficultés que nous rencontrions au sein de l’entreprise.

Que raconte votre récent livre Radieuse matinée, un récit autobiographique?

Alors que j’écris généralement de la fiction, dans ce livre j’ai ressenti le besoin de témoigner, de raconter les années 1960-1970, à Lausanne, le monde de ma jeunesse, tellement différent de celui d’aujourd’hui. J’ai pris la responsabilité de mon parcours en écrivant à la première personne, mais je crois que c’est aussi un récit générationnel. Se rappelle-t-on cet univers sans contraception, où les «filles-mères» étaient mises au ban de la société, sans droit de vote pour les femmes, sans droit de travailler pour une épouse en dehors de l’autorisation de son mari? Nous avons changé beaucoup de choses, mais pas autant que nous le voulions. 

Programme du 14 juin

> A Genève, les syndicats organisent une action symbolique à la place du Molard entre 12h et 14h. Apéros au Café Livresse (5, rue Vignier) et à la place du Molard dès 18h.

> Du côté de Lausanne, la librairie Basta! (4, rue du Petit-Rocher) organise une soirée dès 18h30: interventions, lectures et débats au menu. Annik Mahaim présentera son nouveau livre, Radieuse matinée. L’Union syndicale vaudoise organise, à Pôle Sud (ou, en cas de pluie, au 3, rue J.-J.-Mercier), un pique-nique canadien entre 11h et 14h. Un «café-féministe» comprenant discussion, musique et films est prévu à partir de 14h, à Pôle Sud toujours. Dès 18h, le collectif Feminista reviendra sur la grève des femmes de 1991. Enfin, l’université de Lausanne organise l’«Egalité en fête» au théâtre de la Grange de Dorigny entre 13h30 et 18h. Tables rondes et spectacle figurent au programme.

> A Fribourg, dès 15h sur la place Python, les syndicats invitent le public à un goûter avec «gâteaux inégalitaires». Une projection, suivie d’une discussion et d’un apéro, relatant la grève de 1991 est également prévue à 18h30 à l’Ancienne gare.

> A Neuchâtel, l’Association pour les droits de la femme et Unia s’unissent pour proposer un pique-nique entre 12h et 14h à la Fontaine de la justice. A la Chaux-de-Fonds, des conférences se tiendront à partir de 19h45 (brasserie de la Fontaine: 17, rue Léopold-Robert).

> Sous l’impulsion des syndicats, dans les cafétérias d’entreprise du Jura mais aussi du Jura bernois, les travailleuses et travailleurs débattront de l’égalité salariale entre 12h et 14h.

Finalement, à Monthey, Unia informera la population aux abords des crèches et des unités d’accueil parascolaire dès 7h45. Le syndicat organise aussi une action auprès des commerces de détail à 9h30. FED

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lecourrier.ch

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