La médecine ne doit plus ignorer les différences entre les sexes

Plusieurs travaux font état d’une discrimination important dans le domaine de la cardiologie : chez les femmes, les examens sont pratiqués moins rapidement et les mauvais diagnostics plus fréquents. ©SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Plusieurs travaux font état d’une discrimination important dans le domaine de la cardiologie : chez les femmes, les examens sont pratiqués moins rapidement et les mauvais diagnostics plus fréquents. ©SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La recherche est #sexiste.

La #parité n’est toujours pas atteinte en matière de recherche biomédicale.

Les femmes et les hommes ne souffrent pas des mêmes maux. Les stratégies thérapeutiques efficaces pour les individus d’un sexe ne sont pas nécessairement adaptées à l’autre :

« Les femmes font 1,5 à 2 fois plus d’accidents secondaires liés aux médicaments que les hommes ».

Les maladies ne s’expriment pas de la même manière selon le sexe mais également, les médicaments sont pensés – par les hommes – sur la base de modèles biologiques purement masculins et testés majoritairement sur des individus mâles (4 fois sur 5). 

Première cause de mortalité féminine ? Le cœur. 

On a prouvé depuis une trentaine d’années, le caractère sexué des cellules. Donc pourquoi ne pas prendre en compte le sexe dans les recherches ? Peut-être parce que la majorité des scientifiques sont des hommes… Seules les molécules destinées à traiter des problèmes uniquement féminins (ovaires, grossesse, ménopause..) sont testées sur des femmes. 

Un traitement jugé peu rentable ou inefficace sur un homme, est carrément retiré des ventes (Herpès) sans se préoccuper de ses bienfaits sur les femmes. Il faudrait donc soigner les femmes différemment des hommes, puisque leur métabolisme agit différemment sur les molécules administrées. Une évidence pour les biologistes… mais pas forcément pour les médecins. Au quotidien, ils n’en tiennent pas assez compte. Seul l’Institut National de Santé américain (NIH) semble imposer l’égalité : si les résultats ne sont pas analysés selon le sexe, les chercheurs peuvent dire adieu à leurs subventions. Il s’agirait donc essentiellement d’une question d’argent. Les recherches intégrant les femmes au même titre que les hommes, demanderaient un investissement en temps, donc forcément en argent. Les firmes pharmaceutiques refusent bien entendu de s’y intéresser puisque le but recherché est uniquement de faire du profit.

Il s’agit donc d’une médecine principalement faite par des hommes au bénéfice des hommes. Notre santé est bel et bien entre les mains d’une médecine sexiste.

Il serait temps en 2016, de tenir – enfin – compte des différences liées au sexe et de passer à une médecine qui s’adapterait aux unes comme aux autres.

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Les hommes et les femmes sont biologiquement différents et ils ne sont pas égaux devant la maladie. Ils doivent donc être pris en charge et traités différemment. C’est ce que préconise l’Académie nationale de médecine, qui recommande que la recherche biomédicale, la pratique médicale et la formation des médecins tiennent – enfin – compte des différences liées au sexe. Elle estime même indispensable de « rattraper plus de 10 ans de retard par rapport à nos voisins européens », dans l’intérêt de la santé des femmes… et des hommes.

Le sujet qui revient au goût du jour n’est pas récent. Hippocrate l’avait déjà abordé dans son Livre Ier. Ce grand médecin grec né en 460 avant Jésus-Christ notait alors : « La femme a la chair plus lâche et plus molle que l’homme ; cela étant ainsi, le corps féminin tire du ventre le fluide plus vite et plus que le corps masculin. » Il insistait aussi sur la nécessité de beaucoup interroger les femmes sur leurs troubles, estimant que leurs maladies et celles des hommes « diffèrent beaucoup pour le traitement ».

La parité n’est toujours pas atteinte en matière de recherche biomédicale

On sait aujourd’hui que les différences génétiques interviennent très précocement au cours du développement. Et qu’elles déterminent la fréquence, l’âge d’apparition, la sévérité et l’évolution de nombreuses maladies, ainsi que la réponse aux médicaments ou aux régimes, et les comportements. Certaines pathologies touchent surtout les femmes, comme l’anorexie et les troubles alimentaires, la dépression, les affections auto-immunes (maladies thyroïdiennes, sclérose en plaques, lupus, etc.) ou encore la maladie d’Alzheimer. D’autres affectent plus les hommes : l’autisme, les tumeurs au cerveau et au pancréas, les AVC… Les scientifiques savent aussi maintenant que les milliards de bactéries qui constituent notre flore intestinale (microbiote) sont différentes en proportion, et donc qu’elles confèrent des susceptibilités différentes à leurs hôtes féminins ou masculins.

En dépit de cela, « la parité n’est toujours pas atteinte en matière de recherche biomédicale », regrette le Pr Claudine Junien, généticienne, membre correspondante de l’Académie de médecine. Or les stratégies thérapeutiques efficaces pour les individus d’un sexe ne sont pas nécessairement adaptées à l’autre. « Les femmes font 1,5 à 2 fois plus d’accidents secondaires liés aux médicaments que les hommes », ajoute-t-elle.

C’est pourquoi l’Académie vient d’émettre un certain nombre de recommandations. Tout d’abord, elle prône une révision totale des principes actuels de la recherche fondamentale et clinique, jusqu’à la pratique médicale dans la vie de tous les jours, « en essayant de faire la part des choses entre les différences biologiques liées au sexe et les contraintes sociales liées au genre ». Elle estime aussi indispensable de « concevoir et/ou d’interpréter les études sur l’homme ou l’animal en tenant compte du sexe ». En effet, même si les réponses sont équivalentes, la cellule ne réagit pas souvent de la même façon, selon qu’elle est mâle ou femelle. Pour l’Académie, il faut aussi intégrer les différences liées au sexe – autres que celles seulement liées à la reproduction – dans la formation des professionnels de santé. Bref, il serait temps de passer à une médecine sexuée, tenant compte des spécificités des uns et des autres.

lepoint.fr

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3 réflexions sur “La médecine ne doit plus ignorer les différences entre les sexes

  1. Ce sont les féministes qui ont toujours freiné la différenciation de traitement en niant les différences biologiques hommes/femmes. Et maintenant, vous jouez les victimes du sexisme. Consternant !

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