Pourquoi les violences conjugales augmentent pendant la Coupe du monde

D’après l’article, le contexte de la fête et l’alcool, seraient responsables de l’augmentation des violences conjugales.

Donc il existe des personnes qui croient encore que l’alcool est la cause des violences machistes au sein du couple. Il a bon dos l’alcool… Pourtant quand je suis bourrée, je ne tabasse pas mes enfants ! Et il y a des tas d’hommes qui ne deviennent pas violents dès qu’ils sont bourrés… Il n’y a aucun lien entre agressivité, harcèlement sexuel et taux d’alcoolémieLes hommes violents le sont, même sobres. Comme s’il leur suffisait d’arrêter de boire pour mettre un terme aux violences conjugales. 

Les violences conjugales augmentent de 38% lorsque l’équipe britannique échoue. Photo Image Source / Getty Images

Les violences conjugales augmentent de 38% lorsque l’équipe britannique échoue. Photo Image Source / Getty Images

Une étude britannique avance, chiffres à l’appui, que les brutalités au sein des foyers augmentent durant les périodes intensives de matchs. Une constat loin d’être isolé mais difficile à expliquer. 

Une femme assise dans son canapé, les yeux rivés sur son écran de télévision, comme si son avenir dépendait de l’issue du match. C’est la campagne choc réalisée par l’association britannique « Tender Education & Arts ». Et c’est malheureusement parfois le cas dans la réalité, selon une étude de l’université de Lancaster qui a constaté l’augmentation des violences domestiques selon les résultats des équipes supportées au Royaume-Uni. Cette année encore, la défaite des Anglais aurait marqué le début d’un cauchemar pour des milliers de femmes. Une telle corrélation a déjà été mise en avant dans différents pays mais il est difficile de pointer les causes exactes de ces violences. Un dénominateur commun paraît pourtant se dégager : le contexte fortement émotionnel du foot favorisant la consommation d’alcool, parfois mélangé à une forme de sexisme. 

Une augmentation de 38% des violences

L’étude parue dans le Journal of Research in Crime & Delinquency s’appuie sur les matchs de 2002, 2006 et 2010 au cour desquels les Britanniques ont perdu. Selon ses conclusions, les violences conjugales augmenteraient de 38% lorsque l’équipe nationale échoue. D’après les chercheurs, une victoire n’assurerait pas non plus l’absence de coups puisqu’une hausse de 26% est également observée en cas de triomphe.  

En octobre 2012 déjà, une journaliste de la BBC, Rebecca Cafe, et Allan Brimicombe, un statisticien, s’étaient intéressés au rapport entre violences domestiques et Mondial de foot à plus grande échelle. Publiée sur le site Science Daily, l’étude rapportait que lors de la Coupe du monde de 2010 les sévices au sein des foyers avaient augmenté d’environ 30% en Afrique du Sud, par rapport au même jour de l’année précédente. Le Home Office, le bureau en charge de la sécurité publique britannique, remarquait la même tendance en 2006, et dans les mêmes proportions. 

Un contexte responsable

Loin d’affirmer que le foot déclenche la violence, le Home Officevenait nuancer ses travaux :

« Les grands événements sportifs ne provoquent pas la violence domestique, car les personnes violentes sont seules responsables de leurs actes. Mais les niveaux d’alcool consommés, liés à la nature fortement émotionnelle de ces événements, semblent augmenter la fréquence des incidents ».

Comme le note Les Nouvelles News. Stuart Kirby, criminologue et principal auteur de l’étude britannique, avance dans un article du Guardian que,

 « la Coupe du monde augmente les facteurs étiologiques de la violence », ajoutant « qu’il y aura des individus qui commettront pour la première fois des violences conjugales lors des matchs ».

La faute à l’alcool, donc ? Oui, mais plutôt comme un prétexte.  

Pour Ryan Campbell, CEO de l’organisation britannique « Drug, Alcohol and Mental Health Services », « la raison est probablement l’alcool plutôt que le foot en lui-même, et le lien culturel qui existe entre les deux ». Et d’ajouter : « Pour des raisons inconnues, certains ressentent le besoin d’être alcoolisés pour regarder un match de foot. Ils prennent cette occasion comme excuse pour se saouler et agresser. L’association entre le football, la consommation élevée d’alcool et la violence est alarmante, en particulier quand le tout est mélangé à une forme de sexisme, d’homophobie et de xénophobie, ce qui est souvent le cas. »

L’événement sportif serait donc une bonne occasion de s’offrir quelques verres. Et une très mauvaise excuse pour se défouler sur sa compagne. La Fifa devrait-elle alors reconsidérer l’un de ses plus importants sponsors, la marque de bière Budweiser ?

Quant au sexisme ambiant, il est souvent la résultante d’une culture de gang, d’hyper-virilité mise en cause non seulement dans le foot mais plus largement dans d’autres sports d’équipe tels que le rugby ou le football américain. Agressions masculines explicites sur le terrain et marques d’alcool érigées en sponsors officiels des plus grands événements sportifs viennent cristalliser ce contexte « favorable » aux violences conjugales. À quand Evian comme mécène de la Coupe du monde ? Et L’hymne à l’amour en ouverture des matchs ? 

madame.lefigaro.fr

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5 réflexions sur “Pourquoi les violences conjugales augmentent pendant la Coupe du monde

  1. Ce n’est pas un scoop que beaucoup de footeux sont des beaufs et des alcobards qui peuvent être violents. Avec les supporters rivaux mais peut être pas seulement.

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  2. Bonne remarque pour contrer cet article superficiel qui tricote un point d’alcool, un point de sport un point de violence… Il faudrait une analyse approfondie autour des points : a/ la violence masculine se forme en groupe, en tant que groupe. Elle exprime le pouvoir (solidaire) des hommes contre les autres hommes et sur leur entourage propre. La violence individuelle est une déclinaison du pouvoir masculin collectif. b/ la compétition sportive « patriotique »met en scène le jeu de la violence masculine. Dans le stade, avec des règles (absurdes) qui définissent la victoire aléatoire. Hors du stade, dans des fêtes masculines de défoulement alcoolique et grossièrement festif. (Il y a aussi une promesse -frelatée- d’ascenseur social par la force, dans le sport) c/ la violence conjugale est l’expression d’un pouvoir masculin sans limite (aux règles absurdes de maîtrise de soi), ici exacerbée par la défaite sportive patriotique ou, en général, par toute autre frustration mal vécue. Mais aussi par le spectacle sportif victorieux. d/ Les hommes admettent mal la domination masculine comme cause centrale de leur comportement et cherchent toujours des causes accessoires, tel l’alcool, ou des prudentes hésitations des sociologues… Même dans Figaro Madame.
    Et cette analyse qui est à faire devrait relier des actes de terrorisme (cfr Orlando), de sexisme (cfr les élus, cfr le réveillon de Cologne), de hooliganisme… (cfr mon dernier billet sur mon blog).

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