13 juillet 1965, jour béni pour les femmes

13 juillet 1965 / 13 juillet 2016 – Cela fait 51 ans qu’une femme mariée n’est plus légalement considérée comme incapable et peut ouvrir un compte bancaire ou signer un contrat de travail sans l’autorisation… de son époux. 

La fin de la suprématie du nom du père sur le nom de la mère ne date que de 2013 ! 

ll reste encore, aujourd’hui, une quinzaine de pays où les femmes ne peuvent travailler que si leur mari les y autorise.

Paris, 1968. Une femme retire de l’argent au premier distributeur installé dans la capitale, rue Auber, trois ans à peine après que la loi sur la réforme des régimes matrimoniaux a autorisé les épouses à ouvrir un compte bancaire et à en disposer librement. (Keystone-France.)

Paris, 1968. Une femme retire de l’argent au premier distributeur installé dans la capitale, rue Auber, trois ans à peine après que la loi sur la réforme des régimes matrimoniaux a autorisé les épouses à ouvrir un compte bancaire et à en disposer librement. (Keystone-France.)

Dans la torpeur de l’été et dans un hémicycle à moitié vide, le 13 juillet 1965, des député(e)s qui sont quasiment tous décédé(e)s aujourd’hui ont transformé la vie des Françaises. Et c’est presque un choc de le réaliser, en ce jour anniversaire d’une loi qui n’est pas vraiment restée dans les esprits. La réforme des régimes matrimoniaux, portée par le ministre de la Justice de l’époque, Jean Foyer — le bien nommé –, donnait aux épouses une autonomie financière que le Code napoléonien leur avait déniée.

Ces femmes, qui avaient une relative autonomie si elles étaient célibataires, n’avaient pas le droit, dès lors qu’elles étaient mariées, de signer un chèque, d’ouvrir un compte courant ou de parapher l’acte d’achat d’une maison. Elles devaient tenir les livres de comptes de la maison, faire la somme des mottes de beurre et des galons de tissus, justifier le coût d’un pantalon pour le fils et l’augmentation du prix du lait… Mais elles étaient légalement considérées comme incapables. Et objectivement incapables de claquer la porte si leur époux les rationnait. Cela paraît improbable aujourd’hui. « Les nettoyages du Code civil se sont toujours faits très lentement et en douce, dit Françoise Gaspard, éminente sociologue féministe. La fin de la suprématie du nom du père sur le nom de la mère ne date que de 2013 ! »

En 1965, de fait, à trois ans de Mai 68, la femme obtenait un peu de mou sur la corde, mais le chef de la communauté conjugale restait le mari. « Quoi qu’on dise et quoi qu’on veuille, plaidait Jean Foyer à l’époque, dans le mariage existera toujours une division du travail voulue par la nature. »

Les féministes avaient considéré la loi comme une réformette. Mais c’est bien parce que les femmes mariées ont pu revendiquer de devenir enseignante, face à un mari dubitatif, mettre des sous de côtés sans avoir à se justifier, sortir de cette dépendance qui faisait des plus malheureuses d’entre elles des prisonnières aigries, que tout le reste a été possible.

La libération des femmes est aussi passée par l’argent. Et, si ce n’était qu’un prélude, c’était une étape essentielle dans la conquête de l’égalité. Il reste encore, aujourd’hui, une quinzaine de pays où les femmes ne peuvent travailler que si leur mari les y autorise.

 Le Parisien

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