Des intégristes yéménites tirent à la Kalachnikov dans une fête d’enfants

Des hommes armés de Kalachnikovs ont fait irruption lundi dernier dans une école primaire qui abritait une fête destinée aux enfants atteints d’un cancer. Ils ont tout saccagé au prétexte que la cérémonie était mixte : 

« Votre religion interdit la mixité et n’interdit pas de frapper les femmes ? C’est ça ? »

On doit insister sur l’obsession infantile de Daesh. 

Jennifer Lempert* publiait il y a quelques semaines un article qui évoquait de véritables centres de ponte d’enfants terroristes, sous l’égide de l’EI, avec des femmes constituées en butin de guerre mais parfois également consentantes, où les enfants sont arrachés aux ventres de leurs mères et privés de tout affect pour devenir des enfants terroristes, en général des bombes humaines. (cf.l’article ci-dessous) 

Le programme de Daesh ressemble au projet Lebensborn des Nazis où les SS disposaient de jeunes femmes blondes pour procréer de purs Aryens au Reich, qui devaient ensuite servir de chair à canon. Egalement, les Khmers Rouges et Pol-Pot ont procédé à plus de 200.000 mariages forcés au « Kampuchéa Démocratique », le Cambodge, à la fin des années 70, pour faire apparaître un « homme nouveau ». La motivation de chacun étant le désir délirant de pureté.

Daech -mouvement islamiste- porte de ce fait même un projet de féminicide. Il relève aussi bien du sexisme, de la gynophobie que d’une vision patriarcale du monde.

L’enfant est donc au cœur du projet politique du fascisme islamique, comme sujet soumis à la violence la plus radicale. Il y obéit, ou ne mérite pas de vivre. Il devient en lui-même un enjeu de conquête et peut-être, le premier d’entre eux. 

(Note repérée sur le compte Fb de T. Seveyrat, via Sonia Baudry, merci à eux)

Photo d'une cours d'école à Taez saccagée par un groupe d'intégristes armés. Photo postée sur Facebook

Photo d’une cours d’école à Taez saccagée par un groupe d’intégristes armés. Photo postée sur Facebook

Les habitants de la ville de Taez, dans le sud-ouest du Yémen, sont confrontés à une inquiétante recrudescence de l’insécurité depuis quelques mois. Dernier incident en date : des hommes armés de Kalachnikovs ont fait lundi dernier irruption dans une école primaire qui abritait une fête destinée aux enfants atteints d’un cancer. Ils ont tout saccagé sur leur passage au prétexte… que la cérémonie était mixte, rapporte notre Observatrice, sur les lieux au moment de l’attaque.

Le Yémen est en proie à un violent conflit armé opposant les forces loyalistes au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition menée par l’Arabie saoudite, et les rebelles chiites houthis. La ville de Taez est située sur une ligne de front entre les belligérants et est très touchée par les combats.

Pour repousser les assauts des rebelles houthis sur la ville, les forces loyalistes sont appuyées par des milices appelées « résistance populaire », regroupant des volontaires civils, d’anciens militaires, des mouvements salafistes et des séparatistes du Sud-Yémen.

Il n’est pas possible de savoir exactement quel groupe d’hommes a attaqué la fête que notre Observatrice, Imane Al-Qudsi, a contribué à organiser. Mais elle estime que cette attaque est symptomatique des tensions et de l’insécurité qui règne à Taez, laquelle incombe, selon elle, surtout au laxisme des autorités locales.

Photo montrant la cérémonie avant qu'elle ne soit interrompue pas les hommes armés. Photo postée sur Facebook.

Photo montrant la cérémonie avant qu’elle ne soit interrompue pas les hommes armés. Photo postée sur Facebook.

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Photo de la cours de l’école apèrs le raid mené par ce groupe d’intégristes. Photo postée su Facebook.

« Un assaillant a dit : ‘Sortez ! La mixité est interdite. Vous êtes des débauchés !’ « 

Imane Al-Qudsi est activiste au sein de l’ONG « Ana oua anta » (Moi et toi), qui a organisé cette fête.

Nous avions invité des enfants atteints de cancers et des orphelins pour leur apporter un peu de réconfort. Au programme, il y avait un concours de lecture. Il était environ 5 heures de l’après-midi quand on a commencé à distribuer les prix. C’est là qu’un groupe d’individus armés a fait irruption dans l’école. Ils ont commencé par tirer en direction de membres de l’organisation qui étaient à la porte de l’établissement, sans les blesser toutefois.

Ils étaient environ une dizaine, tous cagoulés. Une fois dans la cour, ils ont tiré plusieurs coups de feu en l’air. J’ai vu un enfant effrayé, qui criait, croyant que c’était des Houthis, mais ce n’était pas le cas. Ils n’auraient pas pu arriver dans cette zone qui est contrôlée par les forces loyalistes.

Je suis alors descendue de l’estrade et je l’ai pris dans mes bras. Mais l’un des individus armés s’est approché de moi et m’a dit : « Sortez ! La mixité est interdite. Vous êtes des débauchés ! ». Ils ont attaqué sous prétexte que les garçons et les filles étaient mélangés, alors même qu’ils étaient séparés avec un rideau ! Je ne me suis pas laissée faire et je lui ai dit qu’il n’avait pas le droit d’agir ainsi et que dans cette fête, il n’y avait que des enfants.

Je lui ai dit : ‘Votre religion interdit la mixité et n’interdit pas de frapper les femmes ? C’est ça ?’

Les hommes armés étaient déchaînés. Ils ont tout cassé, les hauts parleurs, les chaises, les tables. C’était vraiment la débandade. Les gens, paniqués, couraient dans tous les sens pour tenter de prendre la fuite. Deux de mes collègues qui participaient à l’organisation de l’événement se sont évanouies de peur.

J’ai alors sorti mon téléphone pour filmer la scène mais l’un des assaillants s’en est aperçu et a braqué son arme sur moi. Heureusement, un jeune qui était à côté de lui s’est interposé et l’a calmé. Il m’a quand même asséné un violent coup de pied. Mais je ne me suis pas laissée impressionner. Je me suis tournée vers lui et je lui ai dit : ‘Votre religion interdit la mixité et n’interdit pas de frapper les femmes ? C’est ça ?’

L’attaque a duré en tout une dizaine de minutes. Mais cela nous a semblé des heures tellement on était terrorisés.

Tout de suite après l’agression, je me suis rendue avec des collègues au siège du conseil de la coordination de la résistance et le conseil militaire de la ville. À mon grand étonnement, ils m’ont demandé de ne pas ébruiter cet incident car cela donnerait du grain à moudre aux combattants houthis qui accusent régulièrement ceux qui se battent aux côté des forces loyalistes d’être des intégristes…

J’ai décidé au contraire d’en parler aux médias car les forces loyalistes doivent assumer leurs responsabilités et assurer la sécurité des habitants de Taez..

Ce n’est malheureusement pas la première fois qu’un tel incident se produit à Taez. Trois jours seulement avant l’attaque de l’école, des hommes armés ont interrompu une fête organisée dans l’une des rues principales à l’occasion de fête de l’Eïd fitr au motif qu’il y avait des filles et des garçons ensemble.

Enlèvements, pillages, assassinats, règlements de comptes : Taez vit dans la peur quotidienne et les civils sont les principales victimes de l’insécurité. Mais aussi des leaders locaux : le 26 juin, un responsable local du parti socialiste yéménite a été kidnappé par un groupe armé ; il est toujours porté disparu. Trois jours plus tard, un responsable des forces loyalistes était abattu en pleine rue par deux individus cagoulés sur une moto.

Source : observers.france24.com

(article repéré sur le compte Fb de T. Seveyrat, merci à lui)

*Daech, un mouvement islamiste porteur d’un projet de féminicide

Veiled women walk past a billboard that carries a verse from Koran urging women to wear a hijab in the northern province of Raqqa

Les « centres maternels » implantés par Daech sur les territoires qu’il maîtrise ont tout d’un univers carcéral situé en Cauchemardie. Ces communautés de femmes sont commandées par le principe de l’asservissement sexuel et reproductif de celles qui y sont parquées. Leur assignation au rôle de mères renvoie au patriarcat qui les nie en tant qu’êtres humains et ne fonctionne qu’en les détruisant. Cette logique mortifère est poussée jusqu’au bout quand le fruit de leurs entrailles est rapté physiquement et/ou psychiquement -avec leur complicité parfois- pour être façonné en arme de guerre. Les machines à procréer usinent des moyens de destruction: tout est cohérent dans le système délirant du mouvement terroriste islamiste.

Le Parisien établit un parallèle entre ces centres et les nurseries du programme « Lebensborn » lancé en 1935 par Himmler. Il s’agissait de créer une race supérieure façonnée selon les critères de perfection des idéologues du régime. Hitler a lui-même formulé dès 1933 l’objectif vers lequel tendre: « La jeunesse allemande doit être rapide comme un lévrier, solide comme du cuir et dure comme de l’acier ». Le régime nazi souhaite par conséquent procéder à la « germanisation » ou « désindividuation » des enfants qu’il prétend soustraire à l’humanité (Michel Gribinski, 2009). Désindividuation et déshumanisation, les idéologies totalitaires convergent dans leurs méthodes!

Au sein des « centres maternels » de Daech, les femmes sont donc déchues de leur rôle éducatif et de la fonction maternante qui devraient être les leurs. Sans doute sont-elles nombreuses en tout état de cause à ne plus être en mesure d’endosser ces responsabilités. Cette incapacité peut avoir pour origine les violences sexuelles qui ont présidé à la conception de leur bébé comme l’idéologie à laquelle elles ont choisi d’adhérer. Souvenons-nous en effet que violenter les mères, c’est maltraiter les enfants. Que ces femmes se soient insérées volontairement ou non dans le système cruel qu’est Daech ne change rien: elles y subissent sa violence radicale. Maintenues dans l’incapacité d’offrir aux enfants ce dont ils ont viscéralement besoin, elles concourent de facto à leur déshumanisation et au projet mortifère des terroristes.

Quel que soit le nombre des lieux de procréation mis en place par ce mouvement, leur existence est signifiante. Ils sont la manifestation d’une stratégie dont la perversité est l’ultime signature. Elle achève le retournement par les patriarcaux fanatisés du ventre des femmes contre elles-mêmes. Leur capacité d’engendrement -de création- n’est pas uniquement le motif et le moyen de leur asservissement, elle est convoquée pour se détruire elle-même. L’ambition des terroristes est d’assigner les femmes à leur fonction reproductrice dans des conditions telles qu’elles n’engendreraient plus des enfants mais des outils de mort. Elles ne donneraient plus la vie mais enfanteraient la destruction, les moyens du carnage destiné in fine à les mettre elles-mêmes à mort -symboliquement, psychiquement et physiquement.

Le message que les fanatiques cherchent à faire passer est qu’en ce monde, il n’y a plus que du désespoir à engendrer. Par leur capacité à faire naître, les femmes sont, volontairement ou non, utilisées pour fomenter la destruction. Elles contribuent à étayer la démonstration visant à établir que notre monde est promis à l’apocalypse. On utilise les femmes pour promettre l’humanité au néant. Les imprécateurs de malheur veulent nous faire croire à la malédiction qu’ils lancent sur nous.

La jouissance des fanatisés qui veulent triompher de la mort en s’y livrant est encore démultipliée par la conviction que tout crèvera à leur suite. Ils aiment la mort. Comment ne pourraient-ils pas haïr celles qui donnent la vie? Comment ne pas faire des femmes leurs premières ennemies? Nous parlons ici de la moitié de l’humanité, de celle qui porte la vie. Elle menace et insulte -par son pouvoir de création- tout ce qui obsède les disciples de Daech. Comment pourraient-ils ne pas vouloir asservir et nier celles qu’ils ne peuvent définir que comme l’ennemi? Daech -mouvement islamiste- porte de ce fait même un projet de féminicide. Il relève aussi bien du sexisme, de la gynophobie que d’une vision patriarcale du monde.

Source : huffingtonpost.fr

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2 réflexions sur “Des intégristes yéménites tirent à la Kalachnikov dans une fête d’enfants

  1. « Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion » VOLTAIRE – dictionnaire philosophique 1764
    JE DIS NON AU TERRORISME DE QUELQUE NATURE QU’IL SOIT en soutien aux familles de victimes et aux pays touchés par ces actes abominables.
    Une attaque terroriste contre un pays est une attaque contre l’humanité toute entière.

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