Accusé de menacer le droit des femmes, l’Ordre des pharmaciens remballe son projet

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Le futur code de déontologie des pharmaciens aurait pu entraver l’accès à la contraception. Grâce à la mobilisation, le Conseil national de l’ordre de la profession a reculé. 

Au gré de son racisme ou de son sexismeau gré de ses idées réactionnaires ou obscurantistes.. au gré de son humeur et de ses convictions, un pharmacien aurait pu décider de vendre ou non des contraceptifs à ses clientes..

La loi est claire : la contraception est libre de choix et autorisée en France. Personne n’est en droit de faire prévaloir ses convictions religieuses ou ses idées xénophobes pour justifier un refus de vente. Si un pharmacien refuse de vous vendre la pilule du lendemain exigez la suspension de son droit d’exercer.

Une telle pratique va contre l’intérêt des femmes et contre les lois qui les protègent. 

« Un pharmacien a exigé que je prenne la pilule du lendemain devant lui »

VIDEO. Pilule du lendemain: « Allez ailleurs, le pharmacien est un peu contre »

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Un article du futur code de déontologie des pharmaciens pouvait entraver l’accès à la contraception, affirmaient ses détracteurs. Face à la polémique, le Conseil national de l’ordre de la profession a reculé.

Un pas en arrière. Le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), qui avait lancé une consultation interne sur un projet d’article du code de déontologie de la profession, annonce ce jeudi sa suspension, « devant l’émoi et l’incompréhension suscités ». Deux jours plus tôt, un collectif de pharmaciens avait mis en ligne une pétition contre un texte jugé dangereux pour le droit des femmes

Pour eux, cette initiative ouvrait la porte au refus de délivrance de la pilule du lendemain, du stérilet (le DIU au cuivre fait partie des méthodes de contraception d’urgence) ou de la pilule. Une crainte qu’ils ont largement relayée sur les réseaux sociaux. 

Quand une patiente viendra chercher la pilule du lendemain en pharmacie   

« Sans préjudice du droit des patients à l’accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine, stipulait l’article litigieux. Il doit alors informer le patient et tout mettre en oeuvre pour s’assurer que celui-ci sera pris en charge sans délai par un autre pharmacien. Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique. » 

Alliance Vita déplore une « pression idéologique »

En ligne de mire des anti-clause de conscience : les pharmaciens opposés à l’IVG et/ou la contraception, notamment en raison de convictions religieuses. Signe qui ne trompe pas, l’association pro-vie Alliance Vita a d’ailleurs déploré, dans un communiqué publié ce jeudi matin, « la pression idéologique » à laquelle étaient soumis les pharmaciens favorables à l’évolution du code de déontologie. 

Pourtant, depuis le début de la polémique, la présidente du CNOP Isabelle Adenot s’est défendue de tout projet visant la contraception, assurant que l’article litigieux avait été rédigé pour répondre aux problématiques de la fin de vie

Les pharmaciens contestataires, eux, ne sont pas convaincus par cette version des faits.

« Le suicide assisté est illégal en France. La justification de l’Ordre est juste une façon de botter en touche, explique Jean-Philippe Thil-Théodore, pharmacien signataire de la pétition. Cette disposition serait de toute façon inutile en l’espèce puisque le code de santé publique permet déjà aux professionnels de refuser la délivrance d’un médicament pouvant mettre le patient en danger. » 

Une clause de conscience pour les IVG médicamenteuses ?

Plusieurs pharmaciens pointent également du doigt les « contradictions » de la présidente de l’Ordre, en exhumant un article du site spécialisé Le Moniteur des pharmacies. En 2004, Isabelle Adenot, qui n’était pas encore présidente de l’Ordre mais présidente de section, « regrettait que les pharmaciens ne puissent pas évoquer de clause de conscience dans le cadre de l’arrivée en officines d’un produit destinée à réaliser des IVG médicamenteuses. » Sollicitée ce jeudi pour répondre sur ce point, la principale intéressée n’était pas en mesure de nous répondre. 

Mardi, l’entourage de la ministre de tutelle Marisol Touraine, qui a assuré être convaincue que l’institution n’avait pas eu « l’intention de porter une proposition qui remette en cause ces droits fondamentaux des femmes », rappelait que la refonte du code de déontologie de la profession devait dans tous les cas être validée par le ministère. Lequel ne laisserait « jamais place » à une disposition attentatoire aux droits des femmes. 

Contraception: et si les pharmaciens avaient le droit de dire non?

Source : lexpress.fr

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